Saint-Omer : la feuille de route à 6 mois du « Rebond industriel » présentée au LYPSO
Sophie Pagès et Henri Prévost (ANCT) ont clôturé jeudi le comité de pilotage de la mission EY, entièrement financée par l'État.
Le 11 juin 2026, sous-préfète et directeur général de l'ANCT ont réuni élus, industriels et collectivités au lycée LYPSO de Saint-Omer pour présenter la feuille de route à six mois du « Rebond industriel » en Audomarois. La mission d'ingénierie, confiée au cabinet EY France, répond aux tensions économiques du territoire, frappé par le redressement judiciaire d'Arc France en janvier.
L’essentiel
- 11 juin 2026 : comité de pilotage final de la mission « Rebond industriel » au lycée LYPSO, présidé par Sophie Pagès (sous-préfète) et Henri Prévost (DG de l’ANCT).
- Feuille de route à 6 mois présentée aux élus, industriels, Région, Département et structures économiques du territoire.
- Mission EY France entièrement financée par l’ANCT ; l’État a mobilisé 4,7 M€ d’accompagnement « rebond industriel » pour l’Audomarois.
- Arc France (environ 3 500-3 900 salariés à Arques) placée en redressement judiciaire le 7 janvier 2026.
- -24 % d’emplois industriels manufacturiers dans le Pays de Saint-Omer entre 2008 et 2021, soit deux fois plus que la moyenne nationale des Territoires d’industrie.
Ce qui s’est passé au LYPSO
Jeudi 11 juin 2026, le lycée professionnel du Pays de Saint-Omer (LYPSO) a accueilli le comité de pilotage final de la mission « Rebond industriel » pour l’Audomarois. Sophie Pagès, sous-préfète de l’arrondissement depuis fin 2023, et Henri Prévost, nommé directeur général de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) en novembre 2025, ont présidé la séance. Autour de la table : des élus locaux, des industriels du territoire, des représentants de la Région Hauts-de-France, du Département du Pas-de-Calais et des structures d’attractivité économique.
La séance a permis de présenter la feuille de route à six mois pour le développement industriel local. Ce document synthétise les conclusions de la mission d’ingénierie portée par le cabinet EY France, dont la mission est entièrement financée par l’ANCT, selon la préfecture du Pas-de-Calais. Christian Leroy, président de la communauté de communes du Pays de Lumbres et de l’agence d’attractivité économique Sofie, a confirmé sur LinkedIn la tenue de l’événement et la présentation de « l’agenda de mise en œuvre ».
Le choix du LYPSO n’est pas anodin : l’établissement forme aux métiers de la maintenance, de la cybersécurité et des transitions numérique et énergétique - des compétences identifiées comme leviers dans la reconversion du tissu industriel local.
Arc France, détonateur d’une crise annoncée
La mission « Rebond industriel » n’est pas née de nulle part. Le 7 janvier 2026, Arc France - verrerie installée à Arques et principal employeur industriel de l’Audomarois avec environ 3 500 à 3 900 salariés - a été placée en redressement judiciaire, selon Radio 6 et La Voix du Nord. La direction a invoqué une dégradation des conditions de marché, avec une demande en repli estimé à 15-20 %. La crainte de 900 suppressions de postes a aussitôt pesé sur le territoire, selon la NVO.
En réponse, la Communauté d’agglomération du Pays de Saint-Omer (CAPSO) a voté à l’unanimité, le 12 mars 2026, l’abandon de créances d’environ 2,5 M€ en échange de 16 hectares de foncier à Arques, selon La Voix du Nord. Dans le même temps, l’État a accordé 4,7 M€ d’accompagnement financier au titre du « rebond industriel audomarois ». L’activité économique de Saint-Omer est ainsi suivie de près par les services de l’État depuis plusieurs mois.
Contexte dans le Pas-de-Calais
L’Audomarois est labellisé Territoire d’industrie depuis 2018, label reconduit en 2023. Le territoire compte 129 000 habitants et 9 220 emplois salariés dans l’industrie manufacturière au 31 décembre 2022 (hors intérim), selon la fiche officielle ANCT/INSEE. Mais la tendance de fond est sévère : l’emploi industriel manufacturier y a reculé de 24 % entre 2008 et 2021, contre -14 % en moyenne pour l’ensemble des Territoires d’industrie de France hors Mayotte, toujours selon les données ANCT.
Le dispositif national « Rebond industriel », adossé au programme France 2030, est doté d’une enveloppe globale de 100 M€. Il cible les territoires touchés par les mutations industrielles - notamment dans les secteurs automobile et verrier - et combine une mission d’ingénierie financée par l’ANCT et un volet investissement via Bpifrance, selon le ministère de l’Économie. Dans le Pas-de-Calais, des comités similaires ont déjà été installés dans le Calaisis dès 2024 et à Lens-Liévin, selon Radio 6 et Nord Littoral. La préfecture du Pas-de-Calais multiplie par ailleurs les actions territoriales coordonnées depuis le début de l’année.
L’Audomarois s’inscrit également dans le réseau des Territoires d’industrie des Hauts-de-France, aux côtés de Béthune-Bruay, avec des axes travaillés sur la transition écologique et l’attractivité industrielle, selon la préfecture de région.
Une feuille de route, mais quel contenu ?
Le détail des mesures figurant dans la feuille de route à six mois n’a pas été rendu public à ce stade. Les sources disponibles - compte X de la préfecture et relais LinkedIn - confirment son existence et sa présentation aux acteurs du territoire, sans en détailler les axes prioritaires ni les montants engagés au-delà des 4,7 M€ déjà annoncés. La mairie de Saint-Omer et la CAPSO n’ont pas communiqué de complément à l’heure de publication.
Christian Leroy a qualifié l’événement de « temps fort pour notre territoire d’industrie », en soulignant la présence simultanée d’industriels, de l’État, de l’ANCT, de la Région et du Département - une mobilisation que le territoire n’avait pas connue à cette échelle depuis plusieurs années. D’autres exercices de coordination territoriale se sont tenus dans le secteur ce même 11 juin.
Prochaine étape
La mise en œuvre de la feuille de route débutera dans les prochaines semaines, avec les industriels, les collectivités (CAPSO, Région, Département) et les services de l’État. Le sort du plan de continuation d’Arc France reste quant à lui entre les mains du tribunal de commerce compétent.
Sources
- Préfecture du Pas-de-Calais (@Prefet62) : Tweet officiel — Comité de pilotage Rebond industriel Audomarois
- La Voix du Nord : La CAPSO abandonne ses dettes auprès d'Arc en échange de 16 hectares de foncier
- Radio 6 : Arc France en redressement judiciaire : un nouveau coup dur social pour l'Audomarois
- ANCT / INSEE : Fiche Territoire d'industrie — Pays de Saint-Omer
