Saint-Vulbas : les riverains réclament des comptes sur les déchets industriels

Une réunion publique le 18 avril a mis en lumière les inquiétudes croissantes autour de la zone industrielle et du site nucléaire du Bugey.

Saint-Vulbas : les riverains réclament des comptes sur les déchets industriels
Illustration Céline Vasseur / info.fr

À Saint-Vulbas, dans l'Ain, riverains et acteurs locaux se sont réunis le 18 avril 2026 pour exiger plus de transparence sur les impacts environnementaux des déchets industriels. La zone, classée bassin industriel et santé, cumule plusieurs sources de préoccupation.

La salle n’était pas vide, ce vendredi 18 avril. À Saint-Vulbas, commune de l’Ain coincée entre la centrale nucléaire du Bugey et la zone industrielle de la Plaine de l’Ain, les habitants ont voulu des réponses. La question centrale : que sait-on vraiment des impacts environnementaux des déchets générés par les activités industrielles de ce territoire ?

Un territoire sous pression industrielle

Saint-Vulbas n’est pas une commune ordinaire. Sa zone industrielle accueille notamment des installations de recyclage de solvants usagés, permettant leur valorisation en produits réutilisables, selon la Direction régionale de l’environnement Auvergne-Rhône-Alpes. L’opérateur Séché Environnement, présent via sa filiale Speichim, a renforcé en 2024 ses capacités de traitement des déchets dangereux, d’après le document de référence universel du groupe publié fin 2024.

Mais c’est le classement du bassin en zone BIS - bassins industriels et santé - qui cristallise les inquiétudes. Selon l’INERIS, 17 % des impacts potentiels sur la santé dans ce bassin sont liés aux activités industrielles. Un chiffre que les riverains ne digèrent pas sans questions.

Sur les réseaux, le débat sur les rejets industriels en zone sensible est vif. Certains relativisent :

D’autres appellent à la vigilance au nom du principe de précaution :

La CLI du Bugey dans la boucle

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La proximité avec la centrale nucléaire du Bugey ajoute une couche de complexité. En juin 2025, la Commission Locale d’Information (CLI) du Bugey avait consacré une partie de sa réunion plénière à la gestion des déchets, avec l’intégration d’un chapitre dédié dans son référentiel, selon le compte-rendu publié par le département de l’Ain.

Le débat public sur le projet EPR2, qui s’est tenu de janvier à mai 2025 et s’est conclu par une réunion à Saint-Vulbas le 13 mai, avait déjà mis sur la table les questions de rejets et de déchets radioactifs, d’après le compte-rendu de la CNDP. En parallèle, l’Autorité de Sûreté Nucléaire instruit le dossier Cigéo - le projet de stockage souterrain de déchets hautement radioactifs - avec une enquête publique attendue en 2026.

Précédents et attentes

Ce n’est pas la première fois que la gestion des déchets agite le nord de l’Ain. En 2019, des problèmes d’accumulation d’ordures avaient été signalés à Montluel, commune voisine, selon Le Progrès. Plus récemment, en 2022, la Communauté de communes de la Plaine de l’Ain a traité 13 978 tonnes de déchets organiques via ses centres de tri, orientés notamment vers le site ORGANOM à Viriat, d’après son rapport annuel.

Les suites concrètes de la réunion du 18 avril - transmission d’un courrier aux autorités, demande d’audit, ou simple échange - n’ont pas été précisées à ce stade. La poursuite des instructions réglementaires par l’ASN en 2026 devrait néanmoins maintenir le sujet en haut de l’agenda local.

Sources

Mathieu Perret

Mathieu Perret

Correspondant à Bourg-en-Bresse depuis sept ans, suit l'actualité politique locale et les dossiers économiques de l'Ain. Couvre la zone industrielle du Plastics Vallée, les tensions autour du contournement routier, l'agriculture bressane et les restructurations dans la métallurgie. Refuse les analyses toutes faites : vérifie chaque chiffre sur le terrain, interroge élus et salariés avant de publier.

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