Sainte-Rose : le maire interdit deux cérémonies religieuses privées

Michel Vergoz invoque des nuisances sonores. La famille concernée et l'association Tamij Sangam dénoncent une atteinte à la liberté de culte et saisissent la justice.

Sainte-Rose : le maire interdit deux cérémonies religieuses privées
Illustration Marie-Claire Naboulet / info.fr
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À Sainte-Rose, deux arrêtés municipaux interdisent des cérémonies religieuses privées prévues mi-juillet. La mairie évoque des plaintes de voisinage depuis trois ans. L'association Tamij Sangam et la famille organisatrice contestent et annoncent un recours au tribunal administratif.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Le maire de Sainte-Rose, Michel Vergoz, a pris deux arrêtés interdisant des cérémonies religieuses privées prévues du 16 au 19 juillet.
  • La mairie invoque des plaintes de voisinage pour nuisances sonores et sacrifices d'animaux depuis trois ans.
  • La famille concernée et l'association Tamij Sangam contestent et annoncent un recours au tribunal administratif.
  • La décision a déclenché une polémique sur la liberté de culte et le pouvoir de police municipale à La Réunion.
4 faits vérifiés 4 sources mis à jour le 16 juillet à 18:21

Le maire de Sainte-Rose, Michel Vergoz, a pris deux arrêtés municipaux interdisant la tenue de cérémonies religieuses dans des habitations privées. La première vise une cérémonie de rite tamoul prévue du 16 au 19 juillet dans une chapelle privée du lotissement Adrien Payet à Piton Sainte-Rose, selon Imaz Press Réunion. La seconde concerne une cérémonie de type malgache programmée le 18 juillet au lotissement Les Poivriers au Petit Brûlé, d’après Linfo.re.

Des plaintes de voisinage invoquées

La mairie justifie ces arrêtés par des plaintes du voisinage concernant des nuisances sonores, des tapages nocturnes et des sacrifices d’animaux répétés depuis trois ans. Ces signalements émanent de riverains des deux lotissements, selon les sources municipales citées par Linfo.re. L’édile invoque son pouvoir de police administrative pour préserver la tranquillité publique.

La chapelle visée au lotissement Adrien Payet a été érigée dans la cour d’un logement social. Les cérémonies tamoules y sont organisées de manière régulière, attirant un public qui dépasse le cadre strictement familial.

La famille conteste et saisit la justice

La famille organisatrice de la cérémonie tamoule rejette fermement ces accusations. Elle conteste la réalité des nuisances et a annoncé son intention de saisir le tribunal administratif, rapporte Linfo.re. Selon elle, les plaintes sont exagérées et la décision du maire constitue une entrave à la pratique religieuse.

L’association Tamij Sangam, qui défend la communauté tamoule à La Réunion, a dénoncé des arrêtés arbitraires et une atteinte à la liberté de culte. L’association qualifie la démarche municipale de disproportionnée et demande le retrait immédiat des interdictions. Elle rappelle que les cérémonies privées sont protégées par la loi, tant qu’elles respectent l’ordre public.

Une polémique qui dépasse Sainte-Rose

La décision d’interdiction prise par la municipalité a rapidement suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux et dans les médias locaux. Des voix s’élèvent pour dénoncer une instrumentalisation du pouvoir de police au détriment de la liberté religieuse. D’autres soutiennent la mairie, estimant que le respect du voisinage prime sur l’exercice du culte dans des zones résidentielles denses.

La question du sacrifice d’animaux, pratique rituelle dans certaines cérémonies tamoules et malgaches, alimente également le débat. Si la loi autorise ces pratiques dans un cadre religieux, elles restent encadrées par des règles sanitaires et de bien-être animal. La mairie n’a pas précisé si des infractions à ces règles avaient été constatées.

Contexte à La Réunion

Ce type de conflit entre pratiques religieuses privées et voisinage n’est pas isolé dans les territoires ultramarins. À La Réunion, la coexistence de multiples confessions et traditions cultuelles nécessite un équilibre délicat entre liberté de culte et tranquillité publique. La commune de Sainte-Rose est située sur la côte est de l’île de La Réunion. Les communautés tamoule et malgache y sont implantées de longue date, comme dans d’autres communes réunionnaises.

Le recours au tribunal administratif permettra de clarifier les limites du pouvoir municipal face aux libertés religieuses. L’issue de cette affaire pourrait faire jurisprudence pour des situations similaires ailleurs sur l’île.

L’affaire sera examinée par la justice administrative dans les semaines à venir. En attendant, les deux cérémonies restent interdites par arrêté municipal.

Marie-Claire
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Marie-Claire Naboulet

Marie-Claire Naboulet

Marie-Claire est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Guadeloupe (971), avec Basse-Terre pour chef-lieu. Spécialité du département : archipel antillais et rhum agricole AOC. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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