Saisie record de 3,3 tonnes de cocaïne au large de la Guyane par la Marine nationale
Un navire sans pavillon intercepté le 9 mai, 104 ballots saisis, sept suspects en garde à vue à Fort-de-France
La Marine nationale a intercepté le 9 mai 2026 un navire de pêche sans pavillon au large de la Guyane. À son bord 3 366 kg de cocaïne conditionnés en 104 ballots, estimés à plus de 200 millions d'euros. Sept suspects ont été placés en garde à vue à Fort-de-France.
La Marine nationale a intercepté le 9 mai 2026 un navire de pêche sans pavillon au large de la Guyane. À son bord : 3 366 kg de cocaïne conditionnés en 104 ballots, estimés à plus de 200 millions d’euros. Sept suspects ont été placés en garde à vue à Fort-de-France.
L’essentiel
- 9 mai 2026 : interception d’un navire sans pavillon au large de la Guyane par la Marine nationale
- 3 366 kg : poids de cocaïne saisis, répartis en 104 ballots, valeur estimée à plus de 200 millions d’euros
- 7 suspects : interpellés lors de l’opération, placés en garde à vue à Fort-de-France (Martinique)
- MAOC : soutien du Maritime Analysis and Operations Center de Lisbonne pour cette opération internationale
- OFAST Caraïbes : office antistupéfiants chargé de l’enquête judiciaire
L’interception du 9 mai
Le navire de pêche, battant aucun pavillon, a été repéré dans les eaux de l’Atlantique au large de la Guyane. La Marine nationale a procédé à son arraisonnement le 9 mai 2026. La cargaison, 3 366 kg de cocaïne répartis en 104 ballots, constituait l’intégralité de la charge à bord, selon l’état-major des armées.
Les sept membres d’équipage présents sur le navire ont été interpellés. Ils ont été acheminés vers Fort-de-France, en Martinique, où ils ont été placés en garde à vue par les autorités judiciaires, selon l’état-major des armées françaises.
Une coopération internationale coordonnée depuis Lisbonne
L’opération a été menée avec le soutien du Maritime Analysis and Operations Center (MAOC), structure européenne basée à Lisbonne, spécialisée dans la lutte contre le trafic de drogue en mer, selon Le Parisien et La 1ère. Ce centre coordonne le renseignement maritime entre plusieurs États membres de l’Union européenne.
L’enquête judiciaire a été confiée à l’Office antistupéfiants (OFAST) Caraïbes, selon 20 Minutes et France-Antilles Martinique. La cargaison saisie a été acheminée vers la Martinique pour destruction, indique La 1ère.
Contexte dans la Guyane (973)
La Guyane occupe une position stratégique dans le narcotrafic international. Le territoire représente environ 15 à 20 % des entrées de cocaïne en France métropolitaine, principalement via des mules transitant depuis le Brésil, selon un rapport du Sénat corroboré par l’Ifrap.
En 2025, le trafic de stupéfiants enregistré en Guyane a reculé de 43,2 % par rapport à 2024, selon La 1ère Guyane et Info Outremer. Quinze réseaux ont été démantelés sur le territoire par l’OFAST au cours de la même année, selon une publication officielle relayée sur Facebook par les autorités locales.
La zone Antilles-Guyane reste néanmoins une route majeure. Selon Le Marin / Ouest-France, plus de 31 tonnes de stupéfiants ont été interceptées en mer des Caraïbes en 2025 par la Marine nationale. La saisie du 9 mai 2026 - 3,3 tonnes à elle seule - représente une part significative de ce volume annuel. Des affaires similaires de narcotrafic en réseau illustrent l’ampleur du phénomène sur l’ensemble du territoire national.
Un record national en 2025 comme toile de fond
En 2025, les douanes françaises ont enregistré un record absolu : 53,5 tonnes de cocaïne saisies sur l’ensemble du territoire, dont une part significative via la zone Antilles-Guyane, selon La 1ère Martinique. Ce chiffre a alimenté les discussions sur la nécessité d’un renforcement des moyens dans la région.
Un « plan Marshall » de lutte contre le narcotrafic est attendu pour les Antilles-Guyane, selon La 1ère, en réponse aux volumes record interceptés l’an dernier. Les contours précis de ce plan n’ont pas encore été rendus publics. Des dossiers judiciaires locaux, comme celui d’un dealer contraint par ses dettes à Avignon, révèlent les ramifications terrestres de ces flux maritimes.
La valeur marchande de la saisie
La cargaison interceptée le 9 mai est estimée à plus de 200 millions d’euros, selon La 1ère et Linfo.re. Ce chiffre repose sur la valeur de revente au détail sur les marchés européens. Le prix de gros, en sortie de zone de production, est nettement inférieur - les estimations précises n’ont pas été communiquées par les autorités à ce stade.
Les 104 ballots saisis représentent un volume difficile à dissimuler à bord d’un simple navire de pêche. L’absence de pavillon du navire est un indicateur classique dans ce type de trafic : elle complique l’identification de la nationalité du bâtiment et des responsabilités juridiques applicables, ce qui justifie le recours aux procédures d’arraisonnement en haute mer.
Suite judiciaire à Fort-de-France
Les sept suspects sont en garde à vue à Fort-de-France sous la supervision de l’OFAST Caraïbes. Les charges retenues et la durée de la garde à vue n’avaient pas été précisées dans les communications officielles au moment de la publication de cet article. L’instruction devrait se dérouler devant le tribunal compétent en Martinique, juridiction de référence pour les saisies maritimes opérées dans la zone Antilles-Guyane.
La prochaine étape sera la comparution des suspects devant le parquet de Fort-de-France à l’issue de la garde à vue, dont la durée maximale peut être prolongée dans le cadre d’une enquête pour trafic international de stupéfiants.
Sources
- État-Major des Armées françaises : Saisie de 3 366 kg de stupéfiants et prise en charge des sept trafiquants présumés
- Le Parisien : Narcotrafic : plus de trois tonnes de cocaïne interceptées par la Marine nationale sur un bateau dans l'Atlantique
- La 1ère (France Télévisions) : Près de trois tonnes de cocaïne saisies dans l'Atlantique, la drogue en route vers la Martinique pour destruction
- 20 Minutes : Narcotrafic : La Marine saisit près de 3,4 tonnes de cocaïne sur un navire de pêche au large des Antilles