Sargasses en Guadeloupe : risque très fort d’échouements sur quasi toute l’île selon Météo-France
Le bulletin officiel du 28 mai 2026 place La Désirade, Basse-Terre, Marie-Galante et Grande-Terre en risque très fort, avec des arrivages continus attendus sur les prochaines semaines.
Météo-France a émis jeudi 28 mai 2026 son bulletin hebdomadaire de surveillance des sargasses pour la Guadeloupe. Le risque d'échouement est classé « très fort » sur la quasi-totalité de l'archipel, avec une invasion continue depuis l'est sur plus de 200 km. Aucune amélioration n'est prévue à court terme.
L’essentiel
- Niveau de risque : « Très fort » pour La Désirade, Basse-Terre, Marie-Galante, Nord et Sud Grande-Terre ; « fort » pour Les Saintes - indice de confiance 4/5 (Météo-France, 28 mai 2026).
- Étendue de l’invasion : Constellation de radeaux de sargasses sur plus de 200 km à l’est de l’archipel, du Canal de Guadeloupe au sud de Marie-Galante.
- Impact scolaire : Fermetures ou mesures préventives dans des écoles de Petit-Bourg en mai 2026 en raison d’émanations toxiques (décision conjointe mairie/rectorat, selon La1ère Franceinfo).
- Record 2025 : L’année 2025 a été la plus chargée en surfaces cumulées de sargasses détectées en Guadeloupe depuis le début du suivi en 2011, selon Météo-France.
- Mission européenne : Des députés du Parlement européen ont conclu fin mai 2026 une mission d’information en Guadeloupe et à Saint-Martin consacrée aux sargasses.
Ce que dit le bulletin du 28 mai
Météo-France a publié jeudi 28 mai 2026, via l’Archipel des Sciences (CCSTI Guadeloupe), son bulletin hebdomadaire de surveillance et prévision d’échouement des sargasses pélagiques. Le document classe en risque « très fort » les côtes de La Désirade, Basse-Terre, Marie-Galante ainsi que le nord et le sud de Grande-Terre. Les Saintes sont placées en risque « fort ». L’indice de confiance associé à ces prévisions est de 4 sur 5.
Le bulletin décrit une constellation de radeaux de taille variable - généralement inférieurs à 50 mètres, parfois entre 100 et 300 mètres - répartie sur plus de 200 km à l’est de l’archipel, du Canal de Guadeloupe jusqu’au sud de Marie-Galante. Ce dispositif alimente des arrivages qualifiés de « quasi continus » et « potentiellement massifs » sur les côtes exposées au flux d’est.
Pas d’amélioration attendue à court terme
La tendance décrite par Météo-France est sans ambiguïté : « pas d’amélioration réelle ». Une succession d’arrivages et d’échouements très réguliers est attendue sur les prochaines semaines, dans un contexte d’activité qualifiée d’intense à l’échelle des Antilles. Les côtes directement exposées aux alizés, notamment sur le littoral atlantique, restent les plus vulnérables.
Météo-France opère ce dispositif de bulletins sargasses depuis 2020, dans le cadre du Plan National Sargasses. La mission est institutionnalisée depuis 2022. Les bulletins sont diffusés chaque semaine et accessibles sur le site meteofrance.gp.
Écoles fermées à Petit-Bourg, tourisme sous pression
L’épisode de fin mai 2026 ne se limite pas à un risque environnemental. En mai, plusieurs écoles de Petit-Bourg ont été fermées ou ont fonctionné avec des horaires réduits en raison d’émanations toxiques liées à la décomposition des algues échouées. La décision a été prise conjointement par la mairie et le rectorat, selon La1ère Franceinfo. France-Antilles Guadeloupe précise que sept établissements ont été concernés.
Pour le secteur touristique, l’impact est direct : des plages de la côte au vent, fréquentées par les visiteurs, font face à des accumulations qui rendent le bain impossible et dégagent du sulfure d’hydrogène. La période coïncide avec le début de la saison estivale. Le bulletin du 26 mai publié sur info.fr mentionnait déjà des tensions liées à la fin de l’année scolaire dans ce contexte.
Contexte en Guadeloupe
La Guadeloupe (971) subit des échouements de sargasses de manière régulière depuis 2011. Le phénomène s’est intensifié à partir de la fin des années 2010, affectant en priorité les côtes atlantiques de Grande-Terre, La Désirade et Marie-Galante. Selon le bilan annuel de Météo-France, 2025 a été une année record pour les surfaces cumulées détectées depuis le début du suivi. Les émissions de gaz liées à la décomposition ont également atteint des niveaux inédits l’an dernier, selon La1ère Franceinfo.
Le GIP Sargasses et l’État coordonnent le ramassage à l’échelle des Antilles françaises - des centaines de tonnes collectées chaque semaine selon l’IEDOM - , dans le cadre d’un plan national doté de dizaines de millions d’euros. Malgré ce dispositif, les volumes entrants dépassent régulièrement les capacités de collecte durant les pics.
Fin mai 2026, des élus membres de la commission des pétitions du Parlement européen ont conclu une mission d’information en Guadeloupe et à Saint-Martin, consacrée aux défis posés par les sargasses.
Le député européen Sandro Gozi s’est par ailleurs exprimé récemment sur les enjeux économiques des Antilles françaises. Son intervention sur la vie chère en Martinique illustre la montée en puissance des sujets antillais à Bruxelles, dont les sargasses font désormais partie.
Prochaine étape
Le prochain bulletin hebdomadaire de Météo-France est attendu autour du jeudi 4 juin 2026. Compte tenu de la tendance décrite, aucune accalmie significative n’est anticipée d’ici là sur les côtes exposées à l’est.
Sources
- Météo-France / Archipel des Sciences : Bulletin de surveillance et prévision d'échouement des sargasses – 28 mai 2026
- Météo-France Guadeloupe : Sargasses – Bulletins et prévisions Guadeloupe
- La1ère Franceinfo Guadeloupe : Alerte sargasses à Petit-Bourg : les émanations toxiques poussent à la fermeture des écoles du bourg
- Parlement européen : Petitions : MEPs conclude fact-finding visit to Guadeloupe and Saint-Martin