Sargasses au Marigot : un barrage expérimental en bambou annoncé après la réunion du 6 juin
Un marin-pêcheur du Vauclin a conçu un dispositif artisanal déjà testé avec succès à la Pointe Faula, objectif 80 % de réduction.
Samedi 6 juin 2026, la mairie du Marigot a réuni une cinquantaine d'habitants à Dehaumont pour faire face aux échouages massifs de sargasses. À l'issue de la réunion, un projet de barrage expérimental en bambou, conçu par le marin-pêcheur Stéphane Béro, a été présenté comme prochaine mesure concrète.
L’essentiel
- 6 juin 2026 : réunion d’information organisée par la mairie du Marigot à Dehaumont, de 8h à 12h, avec une cinquantaine d’habitants présents.
- Barrage en bambou : dispositif artisanal conçu par Stéphane Béro (marin-pêcheur du Vauclin), objectif annoncé de réduire de 80 % les sargasses dans la baie.
- Précédent validé : un barrage similaire a déjà été testé avec succès à la Pointe Faula (Vauclin) d’après des rapports 2018-2019.
- Calendrier : installation prévue après un dragage du port, dans les prochaines semaines - date exacte non confirmée.
- Historique : un premier barrage anti-sargasses (dispositif Goéland 250, ~60 m) avait déjà été posé au port du Marigot en juillet 2016 dans le cadre d’un projet RISK/ADEME.
Une réunion sous tension à Dehaumont
Samedi matin, une cinquantaine d’habitants du quartier de Dehaumont se sont retrouvés dans la salle mise à disposition par la mairie du Marigot. De 8h à 12h, élus, techniciens et résidents ont échangé sur les échouages massifs qui s’accumulent depuis des semaines sur le littoral de la commune.
Les témoignages ont été directs. Une retraitée habitant Dehaumont depuis plus de cinquante ans a déclaré, selon RCI Martinique : « Quand on se lève, on est dedans. La journée, on est dedans. Tous les jours, on a cette odeur qui n’en finit pas. Même quand on dort le soir, on prend l’odeur alors que tout est fermé chez moi. »
La maire Cynthia Yerro a reconnu l’épuisement des habitants tout en appelant à la mobilisation collective : « Bien que ça fasse 10 ans qu’on en souffre, les solutions ne sont pas livrées toutes faites. Il faut encore qu’on fasse preuve d’ingéniosité et surtout qu’on fasse travailler notre génie collectif. »
Le dispositif en bambou : comment ça fonctionne
Le projet présenté lors de la réunion porte la signature de Stéphane Béro, marin-pêcheur basé au Vauclin. Le barrage qu’il a conçu est artisanal, fixe, et réalisé en bambou. Il est présenté comme respectant les normes en vigueur pour les marins-pêcheurs, selon RCI Martinique et Outremers360.
L’objectif affiché est de bloquer 80 % des sargasses avant qu’elles n’envahissent la baie, et ainsi de libérer les bateaux de pêche immobilisés par les algues. Stéphane Béro a lui-même prévenu : l’installation risque d’être compliquée si elle intervient en pleine invasion. D’où la condition préalable d’un dragage du port, annoncé pour « les prochaines semaines » - sans date précise communiquée à ce stade.
Un précédent positif à la Pointe Faula
Ce n’est pas la première fois que Stéphane Béro déploie ce type de structure. Un barrage similaire en bambou a été installé à la Pointe Faula, au Vauclin, et a fait ses preuves après plusieurs mois d’utilisation, d’après des rapports de 2018-2019 cités par Martinique La 1ère et France-Antilles Martinique. Le dispositif avait alors permis de limiter significativement les entrées d’algues dans la zone de pêche concernée.
Cette expérience antérieure constitue la principale justification technique avancée pour le projet au Marigot. Pour suivre d’autres problématiques environnementales liées aux sargasses dans les Antilles, le préfet de Guadeloupe publiait son bilan hebdomadaire sargasses fin mai, illustrant l’ampleur régionale du phénomène.
Contexte en Martinique
Les échouages massifs de sargasses en Martinique sont documentés depuis 2011. Le phénomène a pris une ampleur particulière à partir de 2014-2015, touchant en priorité les côtes atlantiques de l’île, dont Le Marigot. Le GIP Sargasses, structure dédiée à la coordination des réponses opérationnelles, est toujours actif en 2026, selon la préfecture de Martinique.
Le Marigot n’en est pas à son premier essai technique. En juillet 2016, un barrage de type Goéland 250, long d’environ 60 mètres, avait été installé expérimentalement au port dans le cadre d’un projet RISK financé par l’ADEME, comme l’atteste un document de la préfecture de Martinique. Ce dispositif flottant différait sensiblement du barrage en bambou artisanal aujourd’hui envisagé.
La qualité de l’air reste une préoccupation connexe dans l’arc antillais : au Gosier, en Guadeloupe, une alerte rouge PM10 avait été déclenchée début juin, rappelant la superposition de pressions environnementales sur la région.
Ce qui reste à confirmer
Plusieurs points demeurent non précisés à l’issue de la réunion du 6 juin. Aucune confirmation officielle de la préfecture, de la DEAL ou du GIP Sargasses n’a été recensée dans les sources disponibles concernant ce projet spécifique. Le financement du barrage n’a pas été détaillé publiquement. La date exacte du dragage, condition sine qua non de l’installation, n’a pas été communiquée.
La mairie du Marigot n’a pas non plus précisé si le dispositif avait vocation à être pérennisé au-delà de la phase expérimentale, ni quels critères seraient retenus pour évaluer son efficacité.
Le dragage du port constituera le premier jalon observable : sa réalisation conditionnera toute la suite du calendrier de déploiement annoncé.
Sources
- RCI Martinique : Sargasses : une réunion d'information organisée au Marigot
- Outremers360 : Sargasses en Martinique : un projet de barrage expérimental en bambou bientôt installé au Marigot
- Martinique La 1ère : Un marin-pêcheur du Vauclin entend faire barrage aux algues sargasses du bambou
- Préfecture de Martinique : Un barrage anti-sargasses au port du Marigot