Schoelcher : première manifestation pour l’IDAHOBIT au Cercle Nautique
Le 17 mai 2026, l'association Anti Kozé Épi Viv a organisé sa première édition au Cercle Nautique de Schoelcher pour la Journée internationale contre l'homophobie.
Dimanche 17 mai 2026, le Cercle Nautique de Schoelcher a accueilli une première une manifestation dédiée à la Journée internationale de lutte contre l'homophobie, la biphobie et la transphobie (IDAHOBIT). L'événement, baptisé « Campus Carter 1ère édition », était organisé par l'association locale Anti Kozé Épi Viv.
Dimanche 17 mai 2026, le Cercle Nautique de Schoelcher a accueilli une première : une manifestation dédiée à la Journée internationale de lutte contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie (IDAHOBIT). L’événement, baptisé « Campus Carter 1ère édition », était organisé par l’association locale Anti Kozé Épi Viv.
L’essentiel
- Date : 17 mai 2026, Journée internationale IDAHOBIT, au Cercle Nautique de Schoelcher (Anse Madame).
- Première édition : événement inédit organisé par l’association Anti Kozé Épi Viv, créée le 7 mai 2024.
- Programme : conférence-débat avec la sociologue Nadia Chonville, défilé communautaire, ateliers de maquillage inclusif.
- Portée internationale : l’événement figure sur le site mondial may17.org parmi les manifestations IDAHOBIT 2026.
- Couverture médiatique : relayé par RCI Martinique et France-Antilles Martinique le 18 mai 2026.
Une première à Schoelcher
Créée le 7 mai 2024 en tant qu’association loi 1901, Anti Kozé Épi Viv se donne pour mission de soutenir les personnes transgenres et leur entourage en Martinique. C’est elle qui a porté cette première manifestation locale pour l’IDAHOBIT, depuis son lancement jusqu’au jour J.
Véronique Dowling Carter, présidente de l’association, ne cache pas les difficultés rencontrées. Selon RCI Martinique, elle a déclaré : « J’étais toute seule à la base sur ce projet. Cela n’a pas été facile, mais je me suis accrochée. Il y a toujours beaucoup de préjugés… je n’ai pas lâché. » L’événement est référencé sur le site international may17.org sous l’intitulé « Campus Carter 1ère édition ».
Conférence, défilé, ateliers : un programme en trois temps
La journée s’est articulée autour de trois temps forts. Une conférence-débat a d’abord ouvert les échanges, animée par la sociologue Nadia Chonville. Selon RCI Martinique, elle a développé une lecture historique des discriminations : « La dichotomie des sexes… est à la base de la construction du capitalisme, et de l’entreprise colonialiste. L’homophobie d’État… arrive avec l’expérience colonialiste. »
Un défilé communautaire a suivi, avant des ateliers de maquillage inclusif. L’ensemble visait, selon l’organisation, à valoriser la communauté LGBTQIA+ martiniquaise et à sensibiliser aux préjugés persistants sur l’île.
Des témoignages sur les réalités locales
Freya Dowling Carter, femme transgenre présente à l’événement, a livré son analyse à RCI Martinique et à France-Antilles : « La Martinique a ce côté plus hypocrite… En Hexagone c’est plus frontal… ça prouve quand même qu’en Martinique, on peut amener les gens à la discussion. »
Ce témoignage rejoint la couverture de France-Antilles Martinique, qui a consacré un article à la question de la transidentité dans le contexte local, citant des parcours familiaux marqués par l’incompréhension et le rejet. La violence ordinaire, plus discrète qu’ouvertement hostile selon ces témoins, reste un obstacle à la visibilité de la communauté. À ce sujet, un fait divers récent à Fort-de-France avait mis en lumière les tensions qui peuvent traverser l’espace public martiniquais.
Contexte en Martinique
La Martinique est un territoire où les questions LGBTQIA+ restent peu portées dans l’espace public. Aucune organisation structurée dédiée aux personnes transgenres n’existait avant la création d’Anti Kozé Épi Viv en mai 2024, selon les informations disponibles sur HelloAsso et la page Facebook de l’association.
La Journée internationale du 17 mai rappelle la date de 1990 à laquelle l’Organisation mondiale de la santé a retiré l’homosexualité de sa classification des maladies mentales. Elle est célébrée chaque année dans plusieurs dizaines de pays, selon le site may17.org. En Martinique, aucune manifestation comparable à celle de Schoelcher n’avait jusqu’ici été recensée sur ce site de référence internationale.
Le Cercle Nautique de Schoelcher, situé Anse Madame, rue Bernard Boromée, est une association loi 1901 affiliée à la Fédération Française de Voile, active depuis au moins 1972 selon la mairie de Schoelcher. Son accueil de cet événement inédit marque un usage nouveau de ce lieu historique de la commune. Par ailleurs, des initiatives citoyennes et associatives comparables dans d’autres territoires, comme la commémoration de l’abolition de l’esclavage à Marseille sous l’égide de la préfète Epaillard, illustrent comment les espaces publics sont investis pour porter des mémoires et des droits.
Un événement salué, relayé au-delà de l’île
RCI Martinique et France-Antilles ont tous deux couvert l’événement le lendemain, le 18 mai 2026. Le site Madinin’Art l’avait intégré à son agenda culturel en amont. La mention sur may17.org assure une visibilité internationale à cette première édition martiniquaise.
L’association n’a pas encore communiqué sur une éventuelle édition 2027. Véronique Dowling Carter a indiqué vouloir continuer à développer les activités d’Anti Kozé Épi Viv en Martinique, sans préciser de calendrier. Les questions de structuration associative dans les territoires restent un enjeu commun à de nombreuses initiatives locales en France.