Sécurité routière en Guadeloupe : 20 morts au premier semestre 2026, les hospitalisations en hausse de 21 %
Bilan de la préfecture 272 accidents corporels en six mois, baisse de la mortalité mais flambée des blessés hospitalisés.
Le bilan semestriel de la sécurité routière en Guadeloupe, arrêté à fin juin 2026, fait état de 20 décès. Si ce chiffre est en baisse par rapport aux années précédentes, le nombre d'accidents et surtout d'hospitalisations augmente fortement. La préfecture pointe l'alcool, la vitesse et le non-port des équipements de sécurité.
L’essentiel
- 20 personnes tuées sur les routes de Guadeloupe entre janvier et fin juin 2026.
- 272 accidents corporels recensés, soit 6 de plus qu’au premier semestre 2025.
- +21 % de blessés hospitalisés par rapport à la même période en 2025.
- 55 000 flashs de radars automatiques depuis janvier, un volume stable.
La préfecture de Guadeloupe a publié, à la fin du mois de juin 2026, le bilan semestriel de l’accidentalité routière dans l’archipel. Les chiffres, communiqués par la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP), dressent un tableau contrasté : baisse du nombre de morts, mais hausse des accidents corporels et des hospitalisations.
Bilan contrasté pour le premier semestre
« Vingt personnes ont perdu la vie sur les routes de Guadeloupe depuis le début de l’année », a indiqué la préfecture sur la base des remontées des forces de l’ordre, dans un document consulté par RCI. Ce total est en retrait par rapport aux deux années précédentes : 22 morts au premier semestre 2025 et 54 en 2024. La mortalité routière semble donc amorcer une décrue, même si chaque décès reste un drame pour les familles.
Dans le même temps, le nombre d’accidents corporels s’établit à 272 sur les six premiers mois de 2026, soit une augmentation de six accidents par rapport à la période janvier-juin 2025. Les services de l’État précisent que ces chiffres concernent l’ensemble du territoire guadeloupéen, y compris les dépendances insulaires.
Hausse des accidents et des hospitalisations
Le point le plus préoccupant du bilan concerne les blessés hospitalisés : leur nombre a bondi de 21 % sur un an. « C’est une tendance qui nous alerte, car elle traduit une gravité accrue des chocs », commente un agent de la sécurité routière en préfecture. Les motards et les piétons sont les plus touchés. Ce constat rejoint celui d’autres territoires ultramarins où les deux-roues motorisés représentent une part importante du trafic.
Les facteurs d’accidents restent classiques mais toujours aussi présents : l’alcool, la vitesse excessive, ainsi que le non-port de la ceinture de sécurité ou du casque. « Nous avons trop de conducteurs qui prennent le volant après avoir bu, et trop de passagers arrière qui ne s’attachent pas », déplore un officier de la gendarmerie. Les contrôles sont renforcés, notamment les week-ends et lors des périodes de vacances.
Les usagers vulnérables en première ligne
Les piétons et les motards figurent parmi les principales victimes. « Ce sont les usagers les plus exposés, et c’est eux que nous perdons le plus souvent », souligne la préfecture. En 2026, plusieurs accidents mortels ont impliqué des piétons renversés sur des routes départementales ou des motocyclistes percutés lors de manœuvres dangereuses. Ces drames rappellent que la sécurité routière ne concerne pas seulement les automobilistes.
Sur le volet répressif, les radars automatiques ont flashé près de 55 000 fois depuis le début de l’année. Ce volume est stable par rapport à 2025. La préfecture n’a pas communiqué le nombre de retraits de permis ou de suspensions, mais indique que les contrôles d’alcoolémie ont été multipliés par deux sur les trajets domicile-travail.
Contexte dans le département
La Guadeloupe, archipel de 384 000 habitants, concentre un parc automobile vieillissant et un réseau routier souvent sinueux et peu éclairé. Le taux de mortalité routière y a longtemps été deux à trois fois supérieur à la moyenne nationale. Si les chiffres de 2026 montrent une amélioration sur le plan des décès, la hausse des hospitalisations impose une vigilance soutenue. Le préfet a annoncé de nouvelles campagnes de sensibilisation dès la rentrée, ciblant les jeunes conducteurs et les utilisateurs de deux-roues.
Ce bilan guadeloupéen s’inscrit dans un contexte national où les accidents mortels baissent lentement, mais où les comportements à risque restent nombreux. Des drames similaires surviennent ailleurs, comme à Thionville, où une conductrice de 19 ans a perdu la vie dans une sortie de route en juin dernier. La route n’épargne aucun territoire, et chaque accident est un appel à renforcer la prévention.
Prochaine étape : la préfecture présentera un plan d’actions renforcé pour le second semestre, incluant davantage de contrôles radar mobiles et des opérations de sensibilisation dans les collèges et lycées. Les chiffres définitifs de l’année 2026 seront publiés en janvier 2027.