En Seine-Maritime, 34 897 embauches prévues en 2026 : le soin et le tourisme sous tension
L'enquête BMO de France Travail révèle une baisse de 7,7 % des projets de recrutement, avec des difficultés persistantes dans les métiers du soin et de la restauration.
France Travail publie ses chiffres annuels pour la Seine-Maritime 34 897 projets d'embauche sont attendus en 2026, soit 2 893 de moins qu'en 2025. Près d'un projet sur deux est jugé difficile à pourvoir. Le soin et le tourisme concentrent les tensions les plus marquées.
France Travail publie ses chiffres annuels pour la Seine-Maritime : 34 897 projets d’embauche sont attendus en 2026, soit 2 893 de moins qu’en 2025. Près d’un projet sur deux est jugé difficile à pourvoir. Le soin et le tourisme concentrent les tensions les plus marquées.
L’essentiel
- 34 897 projets d’embauche prévus en Seine-Maritime pour 2026, en baisse de 7,7 % par rapport à 2025, selon l’enquête BMO de France Travail.
- 46 % des projets sont jugés difficiles à pourvoir, soit 16 116 recrutements problématiques (source : actu.fr / France Travail).
- 18 % des projets concernent le secteur social et médico-social (6 120 postes), avec 47 % de difficultés de recrutement.
- 25 % des embauches sont saisonnières, avec de fortes disparités territoriales : 42 % en Caux-Maritime, 18 % à Rouen (source : actu.fr).
- 8,7 % de chômage en Seine-Maritime au 4e trimestre 2025, taux le plus élevé de Normandie (source : INSEE).
Un volume de recrutements en repli
L’enquête Besoins en Main-d’Œuvre (BMO) 2026 de France Travail dresse un tableau plus prudent que l’an passé. En Seine-Maritime, 34 897 projets d’embauche sont recensés, contre 37 790 en 2025. La baisse atteint 7,7 %.
La proportion d’établissements prévoyant au moins un recrutement recule aussi : 21,8 % en 2026, contre 23,1 % l’année précédente. Fanny Lepainturier, directrice territoriale déléguée de France Travail à Rouen, l’explique sobrement : « Les entreprises attendent de voir le contexte économique. C’est ce qui freine la dynamique d’emploi, elles sont plus frileuses. Sauf sur certains secteurs, comme la santé, les grands chantiers etc. »
Le soin, secteur le plus en tension
Les fonctions sociales et médico-sociales représentent 18 % des projets d’embauche, soit 6 120 postes. C’est le secteur où les difficultés de recrutement sont les plus aiguës : 47 % des projets sont jugés difficiles à pourvoir, selon France Travail.
Le palmarès des métiers en tension est sans surprise. Les aides à domicile et auxiliaires de vie arrivent en tête des recrutements prévus dans le département. Les aides-soignants occupent la deuxième place. Les infirmiers et sages-femmes figurent en quatrième position, avec 1 110 projets recensés.
Ces tensions ne sont pas nouvelles. Elles s’inscrivent dans une dynamique nationale de vieillissement de la population et de sous-effectifs chroniques dans le secteur médico-social. La formation des cadres soignants constitue un levier suivi dans plusieurs régions pour répondre à ces besoins.
Tourisme et restauration : volumes importants, tensions modérées
Le secteur vente, tourisme et services pèse 38 % des intentions d’embauche, avec 13 192 projets. C’est le premier secteur en volume. Les difficultés de recrutement y sont cependant moins prononcées : 12 % des projets sont signalés comme difficiles à pourvoir.
Les serveurs de cafés et restaurants constituent le cinquième métier le plus recherché du département, avec 1 292 projets d’embauche prévus. Un chiffre qui illustre le poids de la filière hôtellerie-restauration dans l’économie locale, notamment sur le littoral normand.
Les saisonniers, un quart des embauches
Selon actu.fr, 25 % des projets d’embauche en Seine-Maritime concernent des postes saisonniers. Ce ratio varie fortement selon les bassins d’emploi. En Caux-Maritime, territoire côtier, il atteint 42 %. À Rouen, métropole à dominante tertiaire et industrielle, il tombe à 18 %.
Ces écarts reflètent les structures économiques contrastées d’un département qui s’étend des arrondissements urbains de Rouen au littoral du pays de Caux, en passant par les zones rurales du pays de Bray.
Contexte dans la Seine-Maritime
La Seine-Maritime affiche le taux de chômage le plus élevé de Normandie : 8,7 % au quatrième trimestre 2025, selon l’INSEE, contre 7,5 % pour la région. Ce différentiel renforce la pression sur le marché du travail local.
En 2025, le département avait enregistré 37 790 projets d’embauche, déjà en recul par rapport à 2024. La baisse s’accentue donc en 2026. À titre de comparaison, le Calvados prévoyait 32 008 projets en 2025. La Seine-Maritime reste le département normand avec le plus grand volume de recrutements attendus, malgré le repli.
Le département concentre à la fois un tissu industriel dense (pétrochimie, logistique portuaire au Havre), un secteur sanitaire et social sous pression, et une économie touristique saisonnière sur son littoral. Cette diversité explique en partie la persistance des tensions dans des métiers aussi différents que les aides à domicile et les serveurs.
Les politiques locales d’inclusion et d’accès à l’emploi restent un enjeu partagé par plusieurs territoires du Nord de la France confrontés à des taux de chômage supérieurs à la moyenne nationale.
16 116 postes difficiles à pourvoir
Au total, 46 % des projets d’embauche en Seine-Maritime sont jugés difficiles à pourvoir, soit 16 116 recrutements problématiques, selon actu.fr. Ce chiffre est en baisse de 3 points sur un an, ce qui constitue une légère amélioration. Mais il reste élevé : près d’un employeur sur deux anticipant un recrutement s’attend à rencontrer des obstacles.
France Travail publie l’intégralité des résultats département par département sur son site régional Normandie. Les données complètes par bassin d’emploi et par métier sont accessibles en ligne.
La prochaine actualisation de l’enquête BMO est attendue au printemps 2027. D’ici là, France Travail Rouen suit l’évolution des tensions par bassin d’emploi tout au long de l’année.