Le Sénat américain vote un texte de sanctions contre la Russie et l’Iran
Le projet de loi, rebaptisé en hommage au sénateur Lindsey Graham décédé en juillet, a été adopté par 86 voix contre 12. Zelensky salue un signal fort pour l'Europe.
Le 28 juillet 2026, le Sénat américain a franchi une étape décisive en votant massivement pour faire avancer un projet de sanctions renforcées contre la Russie et l'Iran. Le texte, renommé en mémoire du sénateur Lindsey Graham disparu le 11 juillet, vise à couper les financements de la guerre en Ukraine.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le Sénat américain a voté par 86 voix contre 12 le 28 juillet 2026 pour faire avancer le projet de sanctions contre la Russie et l'Iran.
- Le texte autorise le président à imposer des tarifs douaniers allant jusqu'à 100% sur les pays importateurs majeurs d'hydrocarbures russes.
- Le projet de loi a été rebaptisé en hommage au sénateur Lindsey Graham, décédé le 11 juillet 2026.
- Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assisté au vote à Washington et a rencontré plus de 60 sénateurs.
- Darline Graham, sœur du défunt sénateur et nommée pour le remplacer, est la principale autrice du projet.
Le Sénat américain a voté par 86 voix contre 12 pour faire avancer un projet de loi de sanctions sévères contre la Russie et l’Iran le 29 juillet 2026, selon Euromaidan Press. Cette large majorité bipartisane témoigne d’une volonté politique marquée de durcir la pression économique sur Moscou, alors que la guerre en Ukraine entre dans sa cinquième année.
Le texte a été rebaptisé « Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act of 2026 » en hommage au sénateur républicain de Caroline du Sud, décédé le 11 juillet dernier. Figure influente de la politique étrangère américaine et soutien constant de l’Ukraine, Graham avait porté plusieurs initiatives de sanctions contre la Russie au cours de sa carrière. Sa sœur, Darline Graham, nommée pour lui succéder temporairement au Sénat, est la principale autrice du projet de loi.
Des tarifs douaniers jusqu’à 100% contre les acheteurs d’hydrocarbures russes
Le cœur du dispositif repose sur une mesure inédite : le texte autoriserait le président américain à imposer des droits de douane allant jusqu’à 100% sur les marchandises en provenance de pays qui importent massivement du pétrole et du gaz russes, rapporte le Kyiv Post. L’objectif est de dissuader les principaux acheteurs d’hydrocarbures russes - notamment en Asie - de continuer à financer indirectement l’effort de guerre de Moscou.
Le projet de loi vise également l’Iran, conformément à une demande expresse du président Donald Trump. Selon The Daily Wire, l’inclusion de sanctions contre Téhéran élargit la portée géopolitique du texte au-delà du seul dossier ukrainien, en ciblant les alliances régionales de Moscou au Moyen-Orient.
Zelensky présent à Washington salue un « signal important »
« C’est un signal important pour l’Europe, pour l’Ukraine et pour tous ceux qui croient que le financement de la guerre russe doit être coupé », a déclaré Zelensky selon le Kyiv Post. La visite du président ukrainien à Washington intervient à un moment où Kiev cherche à mobiliser le soutien américain avant la pause parlementaire d’août et l’ouverture de la campagne présidentielle de 2027.
Un soutien bipartisan malgré des réserves sur les pouvoirs présidentiels
Le vote de 86 voix contre 12 témoigne d’un rare consensus entre démocrates et républicains sur la question des sanctions contre la Russie. Toutefois, selon Euromaidan Press, certains sénateurs ont exprimé des réserves quant à l’étendue des pouvoirs discrétionnaires accordés au président pour imposer des tarifs douaniers sans approbation supplémentaire du Congrès.
Ces préoccupations procédurales pourraient alimenter les débats lors des prochaines étapes législatives. Le texte doit encore franchir plusieurs votes de procédure avant un vote final au Sénat, puis passer à la Chambre des représentants et recevoir la signature présidentielle pour entrer en vigueur.
Contexte géopolitique d’un durcissement américain
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie américaine de pression économique accrue sur Moscou, après plusieurs vagues de sanctions adoptées depuis 2022. Les précédents trains de mesures visaient les exportations technologiques, le secteur bancaire russe et les avoirs de l’élite proche du Kremlin.
Le projet de loi Graham-2026 marque une escalade en ciblant directement les flux commerciaux des pays tiers avec la Russie. Si le texte est adopté, il pourrait affecter les relations économiques américaines avec des partenaires comme l’Inde ou la Chine, importateurs majeurs d’hydrocarbures russes. Washington parie sur l’effet dissuasif de tarifs douaniers massifs pour forcer ces pays à réduire leurs achats à Moscou.
Pour l’Ukraine, le soutien bipartisan américain demeure un pilier stratégique face à une Europe divisée sur la question des sanctions. Zelensky a multiplié les déplacements à Washington ces derniers mois pour maintenir la pression diplomatique et sécuriser une aide militaire et financière continue.
Prochaine étape : votes finaux et signature présidentielle
Le texte doit désormais passer les derniers votes de procédure au Sénat avant un vote final attendu dans les prochains jours. L’administration Trump a indiqué son soutien au projet, augmentant les chances d’une adoption rapide avant la pause parlementaire d’août. Une fois voté par le Sénat, le texte sera transmis à la Chambre des représentants pour examen.
Si le projet de loi est adopté par les deux chambres du Congrès et signé par le président, les nouvelles sanctions pourraient entrer en vigueur dès l’automne 2026, modifiant substantiellement la posture américaine face aux circuits de financement de la guerre russe.