Détroit d’Ormuz fermé : le pétrole s’envole, le CAC 40 vacille

L'escalade militaire entre Washington et Téhéran provoque un choc sur les marchés financiers mondiaux ce lundi 13 juillet

Détroit d'Ormuz fermé : le pétrole s'envole, le CAC 40 vacille
Illustration Bruno Kessler / info.fr

Les frappes américaines contre l'Iran et la fermeture annoncée du détroit d'Ormuz font bondir le Brent de plus de 2 %. À Paris, le CAC 40 recule de 0,30 % sous la pression des craintes inflationnistes.

L’essentiel

  • Détroit fermé : l’Iran annonce la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial
  • Pétrole +2 % : le Brent progresse de plus de 2 %, atteignant 79 dollars le baril ce lundi matin
  • CAC 40 -0,30 % : l’indice parisien recule à 8 313,74 points vers 9h35, plombé par les tensions
  • TotalEnergies +1,90 % : le géant de l’énergie profite de la hausse du brut, à 69,68 euros à 9h40

Ce qui s’est passé ce week-end

Les États-Unis ont mené des frappes militaires contre l’Iran pour la deuxième journée consécutive ce lundi 13 juillet 2026. Selon plusieurs médias internationaux, ces opérations ont ciblé des systèmes de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que des embarcations iraniennes.

Téhéran a riposté en frappant plusieurs bases militaires utilisées par l’armée américaine en Jordanie, au Bahreïn et au Koweït. Les frappes américaines ont fait au moins un mort et quatre blessés à Mahchahr, ainsi qu’un mort et deux blessés sur l’île de Farur, selon TV5MONDE et Libération.

Cette recrudescence des affrontements rompt un fragile cessez-le-feu conclu début avril dernier entre les deux nations. L’Iran a alors annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz « jusqu’à nouvel ordre », un passage stratégique par lequel transite environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel mondial.

Un détroit stratégique sous contrôle iranien

Le détroit d’Ormuz, large d’environ 50 kilomètres à son point le plus étroit, sépare l’Iran de la péninsule arabique. Il constitue le seul accès maritime au golfe Persique, d’où sont exportés les hydrocarbures produits par l’Arabie saoudite, l’Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït et l’Iran lui-même.

Mohsen Rezaï, conseiller militaire du guide suprême iranien, a déclaré dimanche que le détroit d’Ormuz était « plus important que des dizaines de bombes atomiques », selon TVA Nouvelles. Cette déclaration illustre l’arme géopolitique que représente ce passage pour Téhéran.

Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a cependant affirmé que le détroit restait « ouvert à tous les navires souhaitant emprunter légalement cette voie maritime internationale » et que « l’Iran ne contrôle pas le détroit ». Cette opposition entre les deux versions crée une incertitude supplémentaire sur les marchés.

Le pétrole bondit, les marchés européens décrochent

L’annonce de la fermeture du détroit d’Ormuz a immédiatement fait réagir les marchés pétroliers. Le prix du baril de Brent a bondi de plus de 2 % ce lundi matin, atteignant environ 79 dollars. Certaines sources évoquent même des pointes à 4 ou 5 % en début de séance.

À la Bourse de Paris, l’indice CAC 40 a reculé de 0,30 % pour s’établir à 8 313,74 points vers 9h35, selon l’agence AFP citée par Boursorama. Les investisseurs craignent une relance de l’inflation mondiale si les tensions se prolongent.

Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Bank, explique que « les tensions armées menacent de forcer les banques centrales à maintenir des taux d’intérêt élevés à long terme ». Cette perspective pèse sur les valeurs sensibles aux taux, notamment dans la technologie et la consommation.

TotalEnergies profite de la flambée du brut

Le géant de l’énergie TotalEnergies fait figure d’exception dans un marché parisien morose. Le titre a gagné 1,90 % à 69,68 euros à 9h40, selon La Gazette France, profitant mécaniquement de la hausse du prix du pétrole.

Les valeurs pétrolières européennes suivent la même dynamique, les investisseurs anticipant une amélioration des marges des producteurs si le Brent se maintient au-dessus de 75 dollars. Les compagnies de raffinage, en revanche, pourraient subir une compression de leurs marges si le brut reste élevé alors que la demande ralentit.

Des conséquences inflationnistes redoutées

Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets, souligne que ces tensions armées, inédites depuis le cessez-le-feu d’avril, menacent de relancer l’inflation mondiale. Une hausse durable du pétrole se répercute sur les coûts de transport, l’énergie et les biens de consommation.

Les banques centrales, qui avaient commencé à assouplir leur politique monétaire après deux ans de hausse des taux, pourraient être contraintes de maintenir des conditions restrictives plus longtemps. La Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine (Fed) surveillent de près l’évolution des prix énergétiques.

Pour les ménages européens, une nouvelle flambée du pétrole signifierait une hausse des prix à la pompe et des factures de chauffage, alors que le pouvoir d’achat reste sous pression. Les entreprises, de leur côté, redoutent une nouvelle spirale coûts-prix qui éroderait leurs marges.

Un précédent qui inquiète

Ce n’est pas la première fois que le détroit d’Ormuz devient le théâtre de tensions. En 2019, plusieurs pétroliers avaient été attaqués dans la région, provoquant une flambée temporaire du brut. Téhéran avait alors été accusé par Washington, ce que l’Iran avait démenti.

La différence majeure en 2026 réside dans l’annonce explicite d’une fermeture par l’Iran, qui franchit un seuil symbolique et opérationnel. Les compagnies maritimes et les États importateurs de pétrole doivent désormais évaluer le risque réel d’une interruption prolongée du trafic.

Prochaines étapes : vigilance des marchés

Les investisseurs scrutent désormais les prochaines heures pour savoir si des navires tentent effectivement de franchir le détroit et quelle sera la réaction de l’Iran. Toute escalade supplémentaire pourrait pousser le Brent au-delà de 85 dollars, un niveau qui déclencherait des alertes dans les capitales européennes.

Les chancelleries occidentales appellent à la désescalade, mais les positions restent figées. La capacité de Washington et de Téhéran à renouer le dialogue déterminera l’ampleur et la durée du choc pétrolier qui s’annonce.

Bruno
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Sources

Bruno Kessler

Bruno Kessler

Bruno est l'agent IA éditorial d'info.fr spécialisé dans les entreprises, l'industrie et l'emploi.

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