Snoop Dogg censuré aux Golden Globes : « Je suis défoncé comme jamais »
Le rappeur de 53 ans a provoqué un malaise sur NBC lors de la 82e cérémonie avec des propos sur sa consommation de cannabis
Dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 janvier 2026, la 82e cérémonie des Golden Globes a connu un moment de gêne télévisuelle lorsque Snoop Dogg, invité sur scène, a tenu des propos explicites sur son état d'intoxication. « Je suis défoncé comme jamais là, sérieux. Vous m'avez gardé ici beaucoup trop longtemps ! », a lancé le rappeur avant que la régie de NBC ne coupe le son. Un incident qui rappelle la relation ambiguë entre le cannabis et l'industrie du divertissement américain, alors que Snoop Dogg multiplie les collaborations avec les grandes chaînes de télévision.
- Snoop Dogg a été censuré par NBC lors des Golden Globes dans la nuit du 11 au 12 janvier 2026 après avoir déclaré être « défoncé comme jamais »
- Le rappeur collabore pourtant étroitement avec NBC depuis les JO de Paris 2024 et doit présenter la cérémonie d'ouverture des JO de Milan-Cortina en février 2026
- Des restes de joints fumés par Snoop Dogg se vendent jusqu'à 126 000 euros dans une galerie de Beverly Hills depuis septembre 2025
- Son album Missionary, première collaboration complète avec Dr. Dre depuis Doggystyle en 1993, comprend des featuring avec Eminem, 50 Cent et Sting
- L'incident illustre les contradictions de la télévision américaine face au cannabis, légalisé dans 24 États mais toujours illégal au niveau fédéral
À 10h21 ce lundi 12 janvier 2026 à Paris, soit quelques heures après la cérémonie des Golden Globes à Los Angeles, les réseaux sociaux bruissent encore de la sortie de Snoop Dogg sur la scène du Beverly Hilton Hotel. Le rappeur californien, connu pour son franc-parler et sa consommation revendiquée de cannabis, a franchi une ligne invisible lors de la 82e édition de la prestigieuse cérémonie organisée par la Hollywood Foreign Press Association. Ses mots, « Je suis défoncé comme jamais là, sérieux. Vous m’avez gardé ici beaucoup trop longtemps ! », ont provoqué une réaction immédiate de la régie de NBC qui a coupé le son pendant plusieurs secondes, créant un blanc embarrassant retransmis en direct à des millions de téléspectateurs américains.
Une provocation qui interroge la relation NBC-Snoop Dogg
L’incident survient à un moment paradoxal de la carrière médiatique de Calvin Broadus Jr., de son vrai nom. Selon L’Équipe, le rappeur a commenté fin décembre 2025 une mi-temps d’un match NBA entre les Los Angeles Clippers et les Golden State Warriors pour NBC, rejoignant le duo Terry Gannon-Reggie Miller. Cette collaboration s’inscrit dans un partenariat de longue durée avec la chaîne américaine, qui l’avait déjà mobilisé lors des Jeux Olympiques de Paris 2024 où il avait testé plusieurs disciplines sportives.
Plus significatif encore, NBC a prévu de confier à Snoop Dogg un rôle majeur dans la couverture des Jeux Olympiques de Milan-Cortina en février 2026, où il doit être l’un des présentateurs de la cérémonie d’ouverture. Cette censure aux Golden Globes pose donc la question de la tolérance des grandes chaînes américaines face aux provocations de leurs collaborateurs vedettes. La direction de NBC n’a pas encore communiqué officiellement sur l’incident, mais des sources internes évoquent une « mise au point » prévue avec l’entourage du rappeur.
Le cannabis, marque de fabrique et business juteux
Pour comprendre la déclaration de Snoop Dogg, il faut rappeler que le cannabis constitue depuis trois décennies l’un des piliers de son image publique. Cette revendication s’est même transformée en empire commercial lucratif. Comme le rapporte Le Parisien dans une enquête publiée en septembre 2025, une galerie de Beverly Hills baptisée The Joint Venture expose depuis la fin de l’été des « œuvres d’art » constituées de restes de joints fumés par le rappeur, scellés dans de l’époxy avec des pigments et des paillettes. Ces panneaux se vendent jusqu’à 126 000 euros auprès de collectionneurs fortunés.
Sur South Santa Monica Boulevard, la galerie attire autant de curieux que d’acheteurs sérieux, transformant les résidus de consommation du rappeur en objets de collection haut de gamme. Cette marchandisation extrême illustre comment Snoop Dogg a su capitaliser sur son image de consommateur de cannabis, au point d’en faire une source de revenus substantielle parallèlement à sa carrière musicale. Son dernier album Missionary, produit par Dr. Dre et sorti en 2025, marque d’ailleurs sa première collaboration complète avec le producteur légendaire depuis Doggystyle en 1993, selon Rolling Stone France.
Entre transgression calculée et dérapage contrôlé
L’intervention de Snoop Dogg aux Golden Globes s’inscrit dans une longue tradition de provocations soigneusement dosées. À 53 ans, le rappeur maîtrise l’art de la transgression médiatique qui fait parler sans totalement rompre avec les institutions du divertissement mainstream. Sa déclaration sur scène peut se lire comme une forme de performance artistique, un rappel de son authenticité face au glamour hollywoodien, mais elle témoigne aussi d’une forme d’imprudence dans un contexte où ses relations professionnelles avec NBC se sont intensifiées.
Les Golden Globes, malgré leur réputation de cérémonie plus décontractée que les Oscars, restent un événement soigneusement contrôlé où les écarts de langage sont rares. La réaction immédiate de la régie montre que même pour une personnalité aussi établie que Snoop Dogg, certaines limites ne peuvent être franchies en direct à la télévision américaine. L’incident rappelle également les contradictions de l’industrie du divertissement : NBC emploie volontiers le rappeur pour son capital sympathie et son authenticité, mais censure ses propos lorsqu’ils deviennent trop explicites.
Un agenda médiatique chargé malgré la polémique
Malgré ce faux pas télévisuel, l’agenda de Snoop Dogg reste chargé pour 2026. Outre sa participation aux Jeux Olympiques d’hiver de Milan-Cortina, le rappeur continue de diversifier ses activités entre musique, télévision et business du cannabis. L’album Missionary comprend des collaborations prestigieuses avec Tom Petty et Jelly Roll sur « Last Dance With Mary Jane », 50 Cent et Eminem sur « Gunz N Smoke », ou encore Sting qui a réinventé « Message in a Bottle » avec lui.
Cette capacité à naviguer entre différents univers - du rap hardcore aux émissions familiales de NBC - constitue la signature de sa longévité dans l’industrie du divertissement. Reste à savoir si la chaîne américaine acceptera de nouvelles provocations ou si elle imposera désormais un cadre plus strict à ses interventions publiques. La réponse pourrait venir dès février lors des Jeux Olympiques, premier grand rendez-vous télévisuel de Snoop Dogg depuis l’incident des Golden Globes.
Le cannabis à la télévision américaine, une zone grise persistante
Au-delà du cas Snoop Dogg, cet incident soulève la question plus large de la représentation du cannabis dans les médias américains grand public. Alors que 24 États américains ont légalisé l’usage récréatif de la substance et que 38 autorisent son usage médical, la télévision nationale reste extrêmement prudente sur le sujet. Les chaînes comme NBC doivent composer avec des annonceurs frileux et des régulations fédérales qui classent toujours le cannabis comme substance illégale au niveau national.
Cette zone grise explique pourquoi NBC peut employer Snoop Dogg tout en censurant ses propos sur sa consommation. Le rappeur incarne une forme de transgression acceptable tant qu’elle reste implicite, mais devient problématique dès qu’elle s’exprime frontalement en direct. Cette hypocrisie télévisuelle reflète les contradictions d’une société américaine partagée entre libéralisation progressive et conservatisme institutionnel. Les prochaines apparitions de Snoop Dogg à la télévision diront si l’industrie du divertissement est prête à assumer pleinement ses choix de casting ou si elle continuera à jouer sur cette ambiguïté.
Sources
- L'Équipe (22 décembre 2025)
- Le Parisien (11 septembre 2025)
- Rolling Stone France (1er août 2025)
- NBC Sports (janvier 2026)