Soulaire-et-Bourg : la rapporteuse publique préconise l’annulation des municipales
À une voix d'écart et un bulletin de trop, le scrutin du 15 mars pourrait être invalidé par le tribunal administratif de Nantes d'ici début juin.
La rapporteuse publique du tribunal administratif de Nantes a préconisé, le 28 mai 2026, l'annulation des élections municipales de Soulaire-et-Bourg. La liste de Séverine Menet l'avait emporté d'une seule voix sur celle de Dominique Viannay, avec une anomalie de dépouillement en toile de fond. La décision définitive est attendue dans les huit jours.
L’essentiel
- Résultat contesté : 394 voix contre 393 le 15 mars 2026, soit une victoire à 50,06 % pour la liste de Séverine Menet.
- Anomalie constatée : 413 bulletins dépouillés pour 412 signatures sur la feuille d’émargement - un bulletin en trop.
- Recours : Dominique Viannay a saisi le tribunal administratif de Nantes pour contester la régularité du scrutin.
- 28 mai 2026 : la rapporteuse publique préconise l’annulation ; décision définitive sous huit jours.
- Conseil installé : Séverine Menet siège provisoirement comme maire depuis le 20 mars 2026.
Une voix, un bulletin, un recours
Le 15 mars 2026, les 1 196 inscrits de Soulaire-et-Bourg se sont déplacés à 66,47 %, soit 795 votants. Au dépouillement, la liste Vivre ensemble à Soulaire-et-Bourg, conduite par Séverine Menet - première adjointe sortante - obtient 394 voix. La liste RasSemBlons de Dominique Viannay en récolte 393. L’écart est d’une unité.
Mais les assesseurs relèvent une irrégularité : 413 enveloppes ou bulletins ont été comptabilisés, quand la feuille d’émargement ne porte que 412 signatures. Un bulletin supplémentaire, dont l’origine n’a pas été établie, se trouve dans l’urne. Selon Ouest-France, la préfecture du Maine-et-Loire avait néanmoins entériné le résultat dans un premier temps, s’appuyant sur les mentions du procès-verbal.
Dominique Viannay a alors déposé un recours devant le tribunal administratif de Nantes. L’argument central : l’anomalie rend impossible de certifier que le résultat reflète exactement la volonté des électeurs, dès lors que l’écart est inférieur au nombre de bulletins litigieux.
Le conseil installé, mais à titre provisoire
Malgré le recours en cours, le conseil municipal a été installé le 20 mars 2026, cinq jours après le scrutin. Séverine Menet y occupe la fonction de maire, selon Hit West (Ouest-France). Cette installation est provisoire : si le tribunal administratif annule l’élection, le mandat prend fin immédiatement.
La commune siège au sein d’Angers Loire Métropole, où Séverine Menet occupe également un siège d’élue communautaire, selon le site officiel de l’intercommunalité.
La rapporteuse publique se prononce pour l’annulation
Le 28 mai 2026, l’audience s’est tenue au tribunal administratif de Nantes. La rapporteuse publique - magistrate dont le rôle est d’éclairer la formation de jugement par une analyse indépendante - a préconisé l’annulation du scrutin, selon Ouest-France. Sa position n’est pas contraignante, mais elle est généralement suivie par la juridiction.
La décision définitive est attendue dans un délai de huit jours à compter de l’audience. Si le tribunal suit la recommandation, l’élection sera invalidée et un nouveau scrutin devra être organisé. Selon Hit West, c’est le préfet du Maine-et-Loire qui en fixerait la date, probablement après les congés d’été.
France Inter a également couvert le dossier, soulignant le caractère exceptionnel d’un tel écart dans un scrutin municipal.
Contexte dans le Maine-et-Loire
Le cas de Soulaire-et-Bourg n’est pas isolé dans le département. Après les municipales du 15 mars 2026, 11 recours ont été déposés au tribunal administratif de Nantes concernant des communes du Maine-et-Loire, selon RCF. Mais celui de Soulaire-et-Bourg est le plus médiatisé, en raison de la combinaison d’un écart d’une voix et d’une anomalie de dépouillement documentée.
La commune d’environ 1 492 habitants (estimation 2026, cohérente avec les données INSEE 2022 qui indiquent 1 477 habitants) est intégrée à Angers Loire Métropole. Elle se situe au nord d’Angers. Son scrutin est devenu, à l’échelle nationale, un cas d’école sur la fragilité des résultats très serrés et la portée juridique d’une simple anomalie de comptage.
En droit électoral français, un tribunal administratif peut annuler un scrutin dès lors qu’une irrégularité est susceptible d’avoir influé sur le résultat. Avec un bulletin de trop et un écart d’une voix, la condition semble réunie pour la rapporteuse publique. Le contentieux électoral local mobilise régulièrement les juridictions administratives après chaque scrutin municipal.
Et si l’annulation est confirmée ?
En cas de décision d’annulation, le préfet du Maine-et-Loire devra organiser un nouveau tour à Soulaire-et-Bourg dans un délai légal. Les deux listes - Vivre ensemble et RasSemBlons - pourraient se représenter, ou de nouvelles listes se former. Le calendrier précis n’a pas encore été communiqué par la préfecture.
La commune restera en gestion courante jusqu’à l’élection d’un nouveau conseil. Les décisions prises par le conseil installé le 20 mars pourraient voir leur statut juridique précisé par la décision du tribunal.
Le jugement définitif, attendu au plus tard autour du 5 juin 2026, tranchera la question. Si le tribunal s’écarte de la recommandation de la rapporteuse publique et valide l’élection, Séverine Menet conserve son mandat. Dans le cas contraire, Soulaire-et-Bourg retourne aux urnes.
Sources
- Ouest-France : Les élections municipales pourraient être annulées dans une commune près d'Angers
- Hit West / Ouest-France : Une anomalie dans l'urne de Soulaire-et-Bourg : recours en cours
- Ouest-France : Municipales 2026. Une voix d'écart et un bulletin en trop : l'élection dans ce village est validée
- France Inter : Dans le Maine-et-Loire, une élection contestée à cause d'un bulletin de trop