Strasbourg : les traces de l’histoire coloniale dans les rues et statues révélées par une enquête
Les Dernières Nouvelles d'Alsace publient ce samedi une enquête sur les noms de rues, statues et collections universitaires qui témoignent du passé colonial de la ville.
Les Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA) dévoilent ce samedi 27 juin les résultats d'une enquête sur les traces de l'histoire coloniale dans l'espace public strasbourgeois. L'enquête s'appuie sur le « Guide du Strasbourg colonial », ouvrage paru fin mai, qui recense statues, plaques et restes humains conservés.
L’essentiel
- Enquête des DNA : le quotidien alsacien publie le 27 juin 2026 une enquête sur les traces coloniales à Strasbourg (noms de rues, statues, collections).
- Ouvrage de référence : le « Guide du Strasbourg colonial. L’Alsace et le colonialisme » (296 pages) est paru le 25 mai 2026 aux éditions Syllepse, sous la direction de Roland Pfefferkorn et Jean-Claude Richez.
- Figures controversées : des statues de Kléber, Schweitzer ou Foucauld sont pointées du doigt pour leur lien avec la colonisation.
- Restes humains : des ossements originaires de Namibie et de Tanzanie ont été identifiés dans les collections de l’université de Strasbourg.
Ce que révèle l’enquête des DNA
Le quotidien Les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA) consacre ce samedi 27 juin une large enquête aux traces persistantes de l’histoire coloniale dans l’espace public strasbourgeois. Selon le journal, de nombreuses rues, statues et plaques commémoratives honorent encore des figures liées à la colonisation ou à l’esclavage, sans que leur passé soit toujours explicité.
L’enquête s’appuie sur le « Guide du Strasbourg colonial. L’Alsace et le colonialisme », un ouvrage de 296 pages publié le 25 mai dernier aux éditions Syllepse. Dirigé par le sociologue Roland Pfefferkorn et l’historien Jean-Claude Richez, il constitue le premier inventaire systématique des traces matérielles du colonialisme dans la capitale alsacienne.
Un guide qui inventorie les lieux de mémoire
La première partie de l’ouvrage se présente sous la forme d’un dictionnaire. Elle recense les rues, les stèles et les plaques commémoratives liées à l’empire colonial français. Parmi les figures mises en cause : le général Jean-Baptiste Kléber, l’explorateur Albert Schweitzer ou encore le missionnaire Charles de Foucauld, dont les statues ornent toujours l’espace public.
Les auteurs démontrent également le lien étroit entre le développement industriel de l’Alsace et le commerce colonial. L’ouvrage « brise un tabou historique local », selon les éditions Syllepse, en reliant l’essor de certaines entreprises alsaciennes à l’exploitation des colonies.
Des restes humains dans les collections universitaires
L’enquête des DNA fait écho à un autre dossier sensible : la présence de restes humains d’origine africaine dans les collections de l’université de Strasbourg. Selon France 3 Grand Est, des ossements provenant de Namibie et de Tanzanie ont été formellement identifiés. Des collections ethnographiques controversées sont également conservées dans différents instituts.
La question de leur restitution, déjà évoquée par le passé, revient sur le devant de la scène. Aucune décision officielle n’a été annoncée à ce stade par la municipalité ou l’université.
Dans un autre registre, l’actualité locale est marquée par un fait divers à Mulhouse : un homme sans permis a blessé deux agents territoriaux avant d’être condamné à 18 mois de prison.
Contexte dans le Bas-Rhin
Avec près de 300 000 habitants, Strasbourg est la plus grande commune du Bas-Rhin et le siège de nombreuses institutions européennes. La question mémorielle y est régulièrement débattue. En 2021 déjà, le conseil municipal avait voté une modification de nom de rue pour honorer une figure de la lutte contre l’esclavage. Ce nouvel ouvrage et l’enquête des DNA relancent le débat sur l’opportunité de conserver ou non ces symboles dans l’espace public.
Selon les auteurs, le guide n’a pas vocation à exiger le déboulonnage des statues, mais à « permettre aux Strasbourgeois de connaître l’histoire complète de leur ville », comme ils l’ont expliqué lors d’une rencontre publique à la Librairie Kléber ce mois de juin. Un rendez-vous qui a rassemblé un public nombreux, selon la librairie.
Sur le plan politique, les investitures pour les sénatoriales se poursuivent ailleurs en France, comme dans le Rhône où le maire de Brignais Serge Bérard a été investi par Nouvelle Énergie.
Prochaine étape : le débat public
Les auteurs du guide et les DNA espèrent que ce travail de documentation ouvrira une réflexion collective à Strasbourg. La mairie, interrogée par le quotidien, n’a pas encore réagi officiellement. Une rencontre-débat a eu lieu en juin dans un lieu public pour échanger sur les suites à donner à cet inventaire.