Cinq supporters du LOSC condamnés pour l’agression d’un stadière à Rouen

Jugés le 27 avril 2026, cinq fans lillois écopent de trois mois avec sursis et un an d'interdiction de stade après avoir roué de coups un bénévole du FC Rouen en décembre 2024.

Cinq supporters du LOSC condamnés pour l'agression d'un stadière à Rouen
Illustration Sébastien Duval / info.fr

Cinq supporters du LOSC, âgés de 21 à 37 ans, ont été condamnés lundi 27 avril par le tribunal correctionnel de Rouen pour l'agression d'un stadière bénévole lors du match de Coupe de France FC Rouen-LOSC du 20 décembre 2024. La victime, qui a subi 21 jours d'ITT et sept mois d'arrêt de travail, a dû changer de carrière.

Cinq supporters du LOSC, âgés de 21 à 37 ans, ont été condamnés lundi 27 avril par le tribunal correctionnel de Rouen pour l’agression d’un stadière bénévole lors du match de Coupe de France FC Rouen-LOSC du 20 décembre 2024. La victime, qui a subi 21 jours d’ITT et sept mois d’arrêt de travail, a dû changer de carrière.

L’essentiel

  • Les faits : Le 20 décembre 2024, cinq supporters lillois ont roué de coups un stadière bénévole du FC Rouen au stade Robert-Diochon, en bloquant une porte d’accès.
  • La victime : 21 jours d’ITT pour épanchement au genou, sept mois d’arrêt de travail, séquelles persistantes un an et demi plus tard, changement de carrière contraint.
  • Les condamnations : Trois mois de prison avec sursis, un an d’interdiction de stade et 1 000 euros de provision chacun, soit 5 000 euros au total pour la victime.
  • Les réquisitions : La procureure avait demandé neuf mois avec sursis et deux ans d’interdiction de stade.
  • Prochaine étape : Un procès civil déterminera les dommages et intérêts définitifs au-delà de la provision accordée.

Une agression filmée et documentée

Le 20 décembre 2024, le stade Robert-Diochon accueille le 32e de finale de la Coupe de France entre le FC Rouen et le LOSC. Selon Actu.fr et Paris-Normandie, les cinq hommes originaires de la métropole lilloise bloquent physiquement une porte d’entrée pour empêcher des supporters adverses d’accéder à une zone du stade. Un stadière bénévole qui tente d’intervenir est alors roué de coups par le groupe.

L’identification des auteurs n’a pas posé de difficulté majeure. La procureure a précisé à l’audience que les images de vidéosurveillance avaient été constatées par huissier, rendant la preuve irréfutable. Malgré cela, elle a regretté le manque d’assomption des faits de la part des prévenus.

La victime : « J’allais mourir »

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À la barre, la victime a décrit une scène de violence collective particulièrement intense. « J’allais mourir », a-t-elle déclaré au tribunal, selon Actu.fr. Les conséquences médicales sont lourdes : un épanchement au genou ayant entraîné 21 jours d’incapacité totale de travail (ITT), suivi de sept mois d’arrêt complet.

Un an et demi après les faits, les séquelles physiques et psychologiques persistent. La victime a dû abandonner son activité de stadière et changer de carrière. Le montant définitif des préjudices sera fixé lors d’un procès civil ultérieur ; la provision de 1 000 euros accordée par le tribunal correctionnel ne constitue qu’une avance.

Des peines en deçà des réquisitions

La procureure avait requis neuf mois de prison avec sursis et deux ans d’interdiction de stade pour chacun des cinq prévenus. Le tribunal a prononcé des peines moins sévères : trois mois de prison avec sursis, un an d’interdiction de stade, et 1 000 euros de provision versés à la victime par chaque condamné.

Au total, la provision s’élève à 5 000 euros. Les motivations exactes du tribunal pour s’écarter des réquisitions n’ont pas été détaillées dans les sources disponibles à ce stade.

Une préfecture qui avait anticipé les tensions

La préfecture de Seine-Maritime n’avait pas été prise au dépourvu. Avant le match du 20 décembre 2024, elle avait publié un arrêté préfectoral pour encadrer le déplacement des supporters lillois, anticipant l’arrivée de quelque 700 fans du LOSC à Rouen. Actu.fr et Paris-Normandie avaient relayé cet arrêté à l’époque.

Des mesures d’encadrement avaient donc été mises en place. L’agression s’est néanmoins produite, illustrant les limites de la prévention dans les espaces de circulation aux abords des tribunes.

Contexte dans la Seine-Maritime

Le football rouennais a déjà été marqué par des violences entre groupes de supporters. En 2023, des affrontements entre hooligans du FC Rouen et du Quevilly-Rouen Métropole avaient été signalés, selon le site ICI. Plus tôt, en 2018, des supporters et des journalistes avaient été agressés à Rouen lors des célébrations de la Coupe du Monde, une affaire qui avait également impliqué des groupes organisés.

Ces incidents locaux s’inscrivent dans une tendance nationale préoccupante. Selon le ministère de l’Intérieur, les violences en marge des matchs de football professionnel ont augmenté de 41 % en saison 2024-2025, avec 627 interpellations depuis le début de saison, contre 718 pour l’ensemble de la saison 2023-2024. Le nombre d’interdictions de stade - administratives et judiciaires confondues - a atteint 295 lors de la saison 2024-2025, en hausse constante depuis 2020-2021, toujours selon le ministère.

Dans ce contexte, d’autres affaires de violences impliquant des groupes organisés continuent d’alimenter les chroniques judiciaires en Île-de-France et en Normandie. La question de la sécurité dans et autour des enceintes sportives dépasse largement le seul département de la Seine-Maritime. La situation d’Amiens SC, club voisin en difficulté sportive, rappelle par ailleurs que le football du nord de la France traverse une période de fortes tensions, sur et en dehors des terrains.

Un procès civil en perspective

La condamnation pénale du 27 avril 2026 ne clôt pas le dossier pour la victime. Un procès civil est prévu pour fixer le montant définitif des dommages et intérêts, au-delà de la provision de 5 000 euros versée à l’issue de l’audience correctionnelle. Les séquelles persistantes - physiques et psychologiques - d’un bénévole qui n’exerce plus son activité seront au cœur de cette prochaine procédure.

Sources

Sébastien Duval

Sébastien Duval

Sébastien est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Seine-Maritime (76), avec Rouen pour chef-lieu. Spécialité du département : port Le Havre (3e port européen) et patrimoine Rouen. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Normandie.

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