Taxis gersois : 50 euros d’aide, 500 euros de surcoût — la colère monte à Auch

Le syndicat Arc Atlantique Taxis 32 dénonce un décret qui exclut les taxis des compensations carburant et appelle à une réunion publique le 30 mai.

Taxis gersois : 50 euros d'aide, 500 euros de surcoût — la colère monte à Auch
Illustration Hélène Dubos / info.fr

Les chauffeurs de taxi du Gers ne décolèrent pas. Face à une hausse des coûts de carburant estimée entre 400 et 500 euros par mois et par véhicule, l'aide de l'État plafonnée à 50 euros sur trois mois est qualifiée de « provocation » par leur syndicat. Une réunion publique est prévue le 30 mai 2026 à Auch.

Les chauffeurs de taxi du Gers ne décolèrent pas. Face à une hausse des coûts de carburant estimée entre 400 et 500 euros par mois et par véhicule, l’aide de l’État plafonnée à 50 euros sur trois mois est qualifiée de « provocation » par leur syndicat. Une réunion publique est prévue le 30 mai 2026 à Auch.

L’essentiel

  • 50 euros : montant de l’aide gouvernementale versée aux taxis sur trois mois, jugée dérisoire face à un surcoût mensuel de 400-500 euros par chauffeur.
  • Décret du 17 avril 2026 : le texte exclut explicitement les taxis des aides exceptionnelles carburant, réservées aux transporteurs routiers de marchandises, d’autocars et sanitaires hors taxis, avec un plafond de 60 000 euros par entreprise.
  • 2 avril 2026 : taxis, ambulanciers et agriculteurs du Gers ont déjà manifesté ensemble à Auch contre la flambée des prix à la pompe.
  • 30 mai 2026 : réunion publique de 10h à 13h à la salle du Mouzon à Auch, ouverte aux professionnels et aux élus locaux.
  • 2,30 €/litre : prix moyen du gazole en France en mars 2026, en hausse de 23,5 % sur un an selon les données de l’INSEE et Ouest-France.

«Une provocation» : le verdict du syndicat

Fabien Diaz, président d’Arc Atlantique Taxis 32, ne mâche pas ses mots. Selon La Dépêche du Midi, il qualifie les aides de l’État de « provocation » et accuse le gouvernement de « mépris » et d’« inaction » face à la crise énergétique. Son calcul est simple : une aide de 50 euros sur trois mois représente moins de 17 euros par mois, quand chaque chauffeur supporte entre 400 et 500 euros de surcoût carburant mensuel depuis la flambée des prix.

Arc Atlantique Taxis 32 est le syndicat de référence des taxis gersois. Fabien Diaz y préside les destinées depuis au moins 2024, avec un historique de mobilisations contre les réformes du transport de patients et les hausses de charges. La mobilisation actuelle dépasse toutefois le seul secteur du taxi : ambulanciers et représentants agricoles sont également associés à la démarche, signe d’une convergence de colères sur le territoire.

Un décret qui ferme la porte aux taxis

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Le décret n° 2026-289 du 17 avril 2026, publié au Journal officiel et détaillé sur le portail Service-Public Entreprendre, est au cœur du litige. Il instaure une aide forfaitaire exceptionnelle équivalente à environ 20 centimes par litre pour avril 2026, sur un budget total estimé à 50 millions d’euros. Mais le texte liste précisément les bénéficiaires : transports routiers de marchandises, transports de voyageurs par autocar, transports sanitaires - à l’exception explicite des taxis. Le plafond est fixé à 60 000 euros par entreprise.

Les taxis sont donc hors dispositif. Selon le portail officiel entreprendre.service-public.gouv.fr, des discussions gouvernementales pour adapter un dispositif spécifique aux taxis et VTC seraient engagées à partir de mai 2026. Aucun calendrier ni montant n’a été précisé à ce stade. D’autres territoires français font face à des problématiques similaires : en Martinique, le gazole a franchi les 2 euros au 1er mai 2026, avec des aides ciblées pour les professionnels du transport et de la pêche.

Le contexte géopolitique derrière la flambée à la pompe

La hausse des carburants n’est pas un phénomène franco-français. Selon l’INSEE et TF1 Info, le conflit au Moyen-Orient déclenché le 28 février 2026 - impliquant les États-Unis et Israël face à l’Iran - a provoqué un blocage du détroit d’Ormuz et fait bondir les cours du pétrole au-delà de 100 dollars le baril. En France, le gazole a progressé de 23,5 % sur un an en mars 2026, à 2,30 euros le litre en moyenne. L’essence ordinaire a suivi, avec une hausse de 9,9 % à environ 2 euros le litre, selon Ouest-France.

Pour des professionnels qui roulent plusieurs centaines de kilomètres par semaine, l’impact est immédiat et cumulatif. Les taxis ruraux - majoritaires dans un département comme le Gers - ne peuvent ni réduire leurs trajets ni répercuter facilement la hausse sur leurs tarifs réglementés. Des solutions techniques émergent dans la région, comme ce logiciel d’optimisation carburant développé par un Tarnais, mais elles restent inaccessibles à court terme pour la plupart des indépendants.

Le 2 avril, une première mobilisation à Auch

La réunion du 30 mai n’est pas la première manifestation de cette colère. Le 2 avril 2026, taxis, ambulanciers et agriculteurs du Gers avaient déjà défilé à Auch contre la flambée des prix à la pompe, selon La Dépêche du Midi. Ce rassemblement avait réuni trois secteurs - santé, transport, agriculture - tous exposés à des coûts de carburant incompressibles et sans capacité de substitution immédiate.

Cette convergence sectorielle distingue la mobilisation gersoise d’un simple conflit corporatiste. Elle traduit une fragilité économique structurelle des territoires ruraux face aux chocs énergétiques, dans un département où la densité de population est parmi les plus faibles de France métropolitaine. La tension sociale autour des services de base n’est pas propre au Gers : à Fort-de-France, une grève illimitée bloque les services municipaux depuis le 4 mai 2026.

Contexte dans le Gers

Le Gers (32) est l’un des départements les moins densément peuplés de France, avec environ 195 000 habitants répartis sur plus de 6 000 km². Auch, préfecture, compte autour de 22 000 habitants. Dans ce territoire rural, le taxi n’est pas un service urbain de confort : il assure souvent le transport médical non urgent vers les hôpitaux d’Auch, Tarbes ou Toulouse pour des patients sans permis ou sans véhicule.

L’exclusion des taxis des aides carburant prend ici une dimension particulière. Un chauffeur gersois parcourt en moyenne davantage de kilomètres qu’un confrère urbain, pour des courses moins rémunératrices sur les tarifs kilométriques. La pression économique est donc plus forte qu’en zone dense. Arc Atlantique Taxis 32 regroupe les opérateurs du département et a, selon Le Journal du Gers, interpellé l’État à plusieurs reprises pour une action « immédiate ».

Hit Radio et le Journal du Gers ont tous deux relayé l’appel à la réunion du 30 mai, signe que la mobilisation dépasse le seul réseau syndical et touche l’ensemble de l’actualité locale gersoise.

30 mai à la salle du Mouzon : objectif élus et décideurs

La réunion publique du 30 mai 2026 se tiendra de 10h à 13h à la salle du Mouzon à Auch. Selon La Dépêche du Midi et Hit Radio, l’événement réunira taxis, ambulanciers, représentants agricoles et élus locaux. L’objectif affiché par les organisateurs est d’« interpeller les décideurs » sur la crise économique liée aux carburants.

Le format - réunion publique plutôt que blocage ou manifestation - marque une étape différente dans la stratégie syndicale. Arc Atlantique Taxis 32 semble vouloir construire un rapport de force politique avant d’éventuelles nouvelles actions dans la rue. L’issue dépendra notamment de l’avancement des discussions gouvernementales annoncées pour mai 2026 sur un dispositif spécifique aux taxis et VTC.

Si aucune réponse concrète n’émerge d’ici la réunion, Fabien Diaz a laissé entendre que d’autres formes de mobilisation restaient envisageables. Les modalités n’ont pas été précisées.

Sources

Hélène Dubos

Hélène Dubos

Hélène est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Gers (32), avec Auch pour chef-lieu. Spécialité du département : festival Jazz in Marciac et AOC armagnac. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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