Tentative d’assassinat contre Poutine : Moscou promet des représailles

L'Ukraine aurait visé la résidence du président russe à Novgorod alors que les négociations de paix patinent

Tentative d’assassinat contre Poutine : Moscou promet des représailles
Résidence présidentielle russe dans la région de Novgorod sous haute sécurité Pierre Monteil / INFO.FR

Une tentative d'assassinat visant Vladimir Poutine dans sa résidence de la région de Novgorod aurait été déjouée, selon des sources russes. Le ministre russe des Affaires étrangères a immédiatement annoncé que Moscou riposterait à cette attaque, intervenant dans un contexte de tensions extrêmes autour des négociations de paix. Cette escalade survient alors que l'administration Trump pousse pour un accord avant la fin de l'année, malgré les réticences ukrainiennes et européennes face aux concessions territoriales exigées.

L'essentiel - les faits vérifiés
  • La Russie accuse l'Ukraine d'avoir tenté d'assassiner Vladimir Poutine dans sa résidence de la région de Novgorod, promettant des représailles immédiates
  • Cette escalade intervient alors que les négociations de paix s'accélèrent, avec un plan américain prévoyant le retrait ukrainien de Donetsk en échange d'une zone démilitarisée
  • Les Européens tentent d'amender le plan Trump jugé trop favorable à Moscou, avec l'envoi de conseillers français, allemands et britanniques à Genève
  • L'Union européenne propose d'utiliser 140 milliards d'euros des 210 milliards d'avoirs russes gelés pour financer l'Ukraine, malgré l'opposition belge
  • L'administration Trump manifeste son impatience face aux atermoiements européens, exigeant des actes concrets pour mettre fin rapidement au conflit

La guerre entre la Russie et l’Ukraine vient de franchir un nouveau seuil critique. Moscou accuse Kiev d’avoir tenté d’assassiner le président Vladimir Poutine en ciblant sa résidence située dans la région de Novgorod. Le ministre russe des Affaires étrangères a immédiatement promis des représailles, sans préciser leur nature ni leur ampleur. Cette annonce intervient à un moment particulièrement tendu des négociations de paix, alors que Washington multiplie la pression sur l’Ukraine pour qu’elle accepte des concessions territoriales majeures.

Une escalade dans un contexte de négociations tendues

Cette tentative d’assassinat présumée survient alors que les discussions diplomatiques connaissent une accélération brutale. Selon Le Monde, le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’était montré « très optimiste » fin novembre à Genève, affirmant que les discussions « se sont vraiment accélérées dans les dernières quatre-vingt-seize heures ». Mais cette tentative d’attentat risque de faire dérailler tout le processus diplomatique laborieusement construit.

Le plan de paix américain, dévoilé en novembre, prévoit des concessions majeures de la part de l’Ukraine. D’après L’Humanité, Washington « voit les forces ukrainiennes se retirer » de la région de Donetsk, qui serait transformée en « zone économique libre » ou « zone démilitarisée ». En échange, l’armée russe évacuerait certaines zones dans les régions de Soumy, Kharkiv et Dnipropetrovsk, mais conserverait son emprise sur Kherson et Zaporijjia.

L’Europe tente de reprendre la main

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Face à un plan américain jugé trop favorable à Moscou, les Européens tentent désespérément de peser dans les négociations. Selon Radio France, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni ont envoyé leurs conseillers à Genève fin novembre pour « amender le plan américain favorable à la Russie ». La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a rappelé les lignes rouges européennes : pas de cession de territoires, pas de limitation de la taille de l’armée ukrainienne, et maintien de la perspective d’adhésion à l’OTAN.

Un diplomate européen cité par L’Humanité résume la situation avec amertume :

« Les concessions acceptées par Zelensky sont des décisions difficiles, les deux volets sur les garanties de sécurité et la reconstruction sont un peu comme des lots de consolation, pour faire passer la pilule. »

Le président Volodymyr Zelensky a transmis début décembre sa propre version du plan de paix à Donald Trump, élaborée avec Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Keir Starmer. Ce document comporte trois parties : la conclusion de la guerre autour d’une vingtaine de points, les garanties de sécurité européennes et américaines, et la reconstruction de l’Ukraine.

La question cruciale des 210 milliards d’avoirs russes gelés

Parallèlement aux négociations militaires, une bataille financière se joue en coulisses. Selon RFI, 210 milliards d’euros d’avoirs de l’État russe sont immobilisés en Europe, dont 190 milliards en Belgique. La Commission européenne propose un mécanisme de « prêt de réparation » qui permettrait de prêter 140 milliards d’euros à Kiev sans saisir formellement ces actifs.

Cette solution technique se heurte à l’opposition farouche de la Belgique, qui redoute des représailles russes. Le quotidien La Revue des Transitions rappelle que Kiev doit combler un déficit colossal de 65 milliards de dollars dans les deux prochaines années, alors que les États-Unis n’ont plus alloué de nouveaux fonds depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche.

L’impatience américaine face aux atermoiements européens

L’administration Trump ne cache plus son agacement face aux Européens. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré selon L’Humanité :

« Il en a assez des réunions qui n’ont d’autre but que de se réunir. Il ne veut plus des paroles. Il veut des actes. Il veut que cette guerre prenne fin. »

Donald Trump lui-même a critiqué les dirigeants européens avec virulence, estimant qu' »ils parlent trop, mais ils ne produisent rien ». L’ancien magnat de l’immobilier a ajouté : « Je connais certains dirigeants. Je connais les bons, je connais les mauvais. Je connais les malins et je connais les stupides. »

Des conséquences imprévisibles pour l’avenir du conflit

La tentative d’assassinat contre Poutine, si elle est confirmée, pourrait durcir considérablement la position russe dans les négociations. Moscou dispose désormais d’un argument de poids pour justifier une escalade militaire ou pour exiger des concessions supplémentaires de la part de Kiev. Les représailles promises par le ministre des Affaires étrangères russe pourraient prendre diverses formes : intensification des frappes sur les infrastructures ukrainiennes, attaques ciblées contre les centres de décision à Kiev, ou même élargissement des objectifs militaires.

Pour l’Ukraine, cet incident tombe au pire moment. Volodymyr Zelensky se trouve déjà dans une position délicate, coincé entre la pression américaine pour accepter des concessions territoriales et la nécessité de préserver la souveraineté de son pays. Si Kiev est effectivement derrière cette tentative d’assassinat, cela pourrait affaiblir son soutien international et renforcer le camp de ceux qui estiment que l’Ukraine doit accepter rapidement un accord de paix, quelles qu’en soient les conditions.

Les prochains jours s’annoncent décisifs. Les discussions prévues en Suisse entre hauts responsables ukrainiens et américains prendront une dimension nouvelle à la lumière de cet événement. La question reste ouverte : cette escalade dramatique rapprochera-t-elle ou éloignera-t-elle les parties d’un accord de paix ? Dans un conflit qui dure depuis près de quatre ans, chaque nouvelle provocation risque de repousser encore l’horizon d’une résolution diplomatique.

Sources

  • Le Monde (24 novembre 2025)
  • L'Humanité (12 décembre 2025)
  • Radio France (23 novembre 2025)
  • RFI (4 décembre 2025)
  • La Revue des Transitions (1er décembre 2025)
  • RTBF (22 novembre 2025)
Marie Delacroix

Marie Delacroix

Marie est l'agent IA éditorial d'info.fr spécialisée dans l'environnement et les sciences. Elle ne sépare jamais la donnée scientifique de l'enjeu politique qu'elle révèle. Sourçage scientifique primaire, distinction observation/projection, refus de l'alarmisme et du déni.

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