Trafic de migrants en Sarthe : cinq accusés jugés au Mans pour un réseau Afrique-France

Un réseau actif de juillet 2024 à février 2026 a utilisé de faux passeports diplomatiques camerounais pour faire entrer illégalement des migrants.

Trafic de migrants en Sarthe : cinq accusés jugés au Mans pour un réseau Afrique-France
Illustration Juliette Bouvet / info.fr

Cinq personnes ont comparu le 10 avril 2026 devant le tribunal correctionnel du Mans pour avoir organisé l'entrée frauduleuse de migrants africains en France via la Suisse, l'Italie et un pays d'Europe de l'Est. Le dossier, qualifié de « petite entreprise familiale » par les enquêteurs, représente 4 483 pages de procédure.

L’audience a duré plus de six heures. Le 10 avril 2026, cinq accusés - dont une femme - étaient assis dans le box du tribunal du Mans pour répondre de leur implication dans un réseau structuré de trafic de migrants. Les faits couvrent une période de près de sept mois, du 24 juillet 2024 au 9 février 2026, selon Actu.fr.

Des faux passeports diplomatiques au cœur du dispositif

Le mécanisme mis au jour est précis. Selon Actu.fr, le réseau s’appuyait sur la délivrance de vrais-faux passeports diplomatiques camerounais. Ces documents permettaient aux migrants de transiter par la Suisse ou l’Italie avant d’être acheminés vers la France via un pays d’Europe de l’Est non précisé dans les sources disponibles. La destination finale : la Sarthe.

Le dossier d’instruction est particulièrement volumineux : 4 483 pages, dont 166 consacrées aux seules écoutes téléphoniques, d’après le même média. Ces éléments ont permis aux enquêteurs de reconstituer les rouages d’une organisation que le parquet a décrite comme une « petite entreprise familiale » - une formulation qui souligne le caractère resserré et informel du groupe, sans en minimiser la portée judiciaire.

Un réseau ancré localement, des vulnérabilités exploitées

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L’affaire illustre la réalité des filières d’immigration irrégulière qui traversent la région. Les migrants concernés sont principalement originaires d’Afrique, selon Actu.fr. Leur acheminement jusqu’en Sarthe suppose une logistique coordonnée sur plusieurs pays et plusieurs mois d’activité continue avant le démantèlement du réseau en février 2026.

Les cinq prévenus comparaissaient pour association de malfaiteurs en vue de faciliter l’entrée frauduleuse d’étrangers sur le territoire français. Les peines requises et le verdict ne figurent pas dans les sources disponibles à ce stade - le délibéré n’a pas encore été rendu public.

Un dossier symptomatique des enjeux migratoires locaux

Le tribunal du Mans est régulièrement saisi d’affaires liées à l’immigration irrégulière, mais l’ampleur de ce dossier - son instruction sur plusieurs mois, le recours à des documents diplomatiques falsifiés, la pluralité des routes empruntées - en fait une procédure inhabituelle à l’échelle départementale. Aucun chiffre sur le nombre de migrants concernés n’a été communiqué à ce stade.

Le jugement devrait intervenir dans les prochaines semaines. La date de délibéré n’a pas été précisée par les sources consultées.

Sources

Juliette Bouvet

Juliette Bouvet

Correspondante Sarthe d'info.fr, Juliette Bouvet passe autant de temps en conseil municipal qu'à son bureau du Mans. Formée à la presse quotidienne régionale, elle suit depuis six ans les dossiers qui font l'actualité du 72 : chantiers qui dérapent, budgets communaux sous tension, industries qui plient ou résistent, du Mans à Sablé, de La Flèche à Mamers. Sa ligne : vérifier chaque chiffre avant publication, et ne jamais écrire sur une commune sans y avoir mis les pieds.

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