Transport routier en Lot-et-Garonne : le préfet au chevet d’un secteur à bout de souffle

La 15e rencontre des transporteurs s'est tenue le 2 mai à Boé, sur fond de crise sectorielle et de dématérialisation des factures.

Transport routier en Lot-et-Garonne : le préfet au chevet d'un secteur à bout de souffle
Illustration Sandrine Pouget / info.fr

Le préfet Bruno André a participé le 2 mai 2026 à la rencontre annuelle du syndicat des transporteurs routiers de Lot-et-Garonne, à Boé. Dématérialisation, cybersécurité et trophées de sécurité routière étaient au programme, tandis que la filière tire la sonnette d'alarme sur son modèle économique.

Le préfet Bruno André a participé le 2 mai 2026 à la rencontre annuelle du syndicat des transporteurs routiers de Lot-et-Garonne, à Boé. Dématérialisation, cybersécurité et trophées de sécurité routière étaient au programme, tandis que la filière tire la sonnette d’alarme sur son modèle économique.

L’essentiel

  • 15e édition : la rencontre annuelle du STR47 s’est tenue le 2 mai 2026 à Boé, près d’Agen, en présence du préfet Bruno André et de parlementaires du département.
  • Trois thèmes : dématérialisation des factures, cybersécurité et remise des trophées de la sécurité routière en entreprise.
  • Défaillances en hausse : 2 319 entreprises de transport en défaillance en France en 2023, contre 3 036 en 2024, selon le STR47.
  • Coût du camion électrique : deux fois plus cher qu’un véhicule thermique équivalent, selon le président du syndicat Dominique Péchavy.
  • Bruno André : en poste depuis janvier 2026, nommé par décret du 18 décembre 2025.

Une 15e édition sous tension économique

La salle de Boé, commune limitrophe d’Agen, a réuni le 2 mai élus, parlementaires et représentants du secteur pour cette quinzième édition des rencontres des transporteurs de Lot-et-Garonne. Le préfet Bruno André, en poste depuis janvier 2026, y a pris part aux côtés d’acteurs de la filière locale, comme l’a indiqué la préfecture sur X.

Le ton a été donné par Dominique Péchavy, président du STR47 et dirigeant du Groupe Péchavy, fondé en 1919 à Agen. Selon Sud Ouest, il a déclaré que « notre modèle [économique] a atteint ses limites », appelant le gouvernement à revoir sa copie face à la hausse des coûts et aux tensions internationales. Frédéric Durand, secrétaire général du syndicat, a évoqué des entreprises « à bout de souffle ».

Dématérialisation et cybersécurité au cœur des échanges

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Trois sujets structurent désormais ce rendez-vous annuel au-delà du bilan sectoriel : la dématérialisation des factures, la cybersécurité et la sécurité routière professionnelle. La dématérialisation des factures est une obligation réglementaire progressive pour les entreprises françaises, qui concerne directement les PME du transport. La cybersécurité, elle, est un sujet monté en puissance dans les priorités préfectorales.

La préfecture de Lot-et-Garonne avait déjà organisé en octobre 2025 la journée Garonn’Hack, dédiée à la sensibilisation des acteurs économiques locaux aux risques numériques. Un engagement qui s’inscrit dans une dynamique nationale des services préfectoraux sur ces enjeux.

Les trophées de la sécurité routière en entreprise

La remise des trophées de la sécurité routière en entreprise constitue un temps fort de la rencontre. Ce dispositif, mené en partenariat avec le Département de Lot-et-Garonne et la préfecture, récompense les initiatives locales en matière de prévention des risques routiers professionnels, selon la préfecture. Les transporteurs routiers sont particulièrement exposés : le risque routier professionnel représente la première cause d’accidents mortels au travail en France.

La démarche illustre un axe constant de la politique locale : associer les entreprises du secteur aux objectifs de sécurité routière portés par l’État, au-delà des seules obligations réglementaires. La question des comportements routiers et de leur contrôle reste un enjeu sensible dans plusieurs départements du Sud-Ouest.

Un secteur sous pression nationale

Le contexte national pèse sur les débats. En France, le transport routier de marchandises représentait 63,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023, selon l’INSEE. Mais la filière accumule les difficultés : 2 319 entreprises en défaillance en 2023, 3 036 en 2024, d’après les données citées par le STR47.

Le surcoût de l’électrification aggrave l’équation. « Le moindre camion électrique coûte deux fois plus cher », a rappelé Dominique Péchavy, selon La Dépêche du Midi. La transition énergétique pèse sur des structures déjà fragilisées par la hausse des coûts du carburant et la concurrence européenne. D’autres secteurs économiques régionaux connaissent des tensions de recrutement comparables, mais pour des raisons différentes.

Contexte dans le Lot-et-Garonne

Le Lot-et-Garonne compte environ 335 000 habitants. Son tissu économique repose largement sur l’agriculture et l’agroalimentaire, deux secteurs tributaires du transport routier pour leurs flux logistiques. Le STR47, affilié à l’OTRE (Organisation des Transporteurs Routiers Européens), fédère des entreprises confrontées à des défaillances croissantes depuis deux ans.

La tradition de ces rencontres est ancienne dans le département. En 2023, selon Le Petit Bleu, une édition avait réuni environ 150 entreprises - dont Stef, Alvea et Vinci - autour des enjeux économiques et de la concurrence. En 2025, la 14e édition, à laquelle avait participé le secrétaire général de la préfecture Cédric Bouet, avait abordé décarbonation et situation économique du secteur.

La présence du préfet en personne cette année - et non de son secrétaire général - marque une attention renforcée aux difficultés exprimées par la filière. Les suites concrètes données aux demandes du syndicat, notamment sur la fiscalité du carburant et les aides à l’électrification, dépendent d’arbitrages gouvernementaux qui restent à venir.

Sources

Sandrine Pouget

Sandrine Pouget

Sandrine est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Lot-et-Garonne (47), avec Agen pour chef-lieu. Spécialité du département : premier verger français (pruneau, prune, kiwi) et Garorock. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

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