Trezeguet revient sur le fiasco des Bleus en 2002 : « On avait tout sur le papier »
À la veille des retrouvailles France-Sénégal au Mondial 2026, David Trezeguet analyse le traumatique échec de 2002 malgré un effectif de rêve.
Vingt-quatre ans après l'humiliation contre le Sénégal à la Coupe du monde 2002, l'ancien attaquant David Trezeguet revient sur ce fiasco historique. Une analyse sans détour, alors que les Bleus ont pris leur revanche le 16 juin 2026.
L’essentiel
- 31 mai 2002 : le Sénégal bat la France 1-0 lors du match d’ouverture du Mondial, but de Papa Bouba Diop.
- Effectif surdimensionné : les Bleus comptaient alors les meilleurs buteurs de Serie A (Trezeguet), Premier League (Henry) et Ligue 1 (Cissé).
- Élimination historique : champions du monde et d’Europe en titre, les hommes de Roger Lemerre sont sortis dès le premier tour sans marquer le moindre but.
- Revanche 2026 : le 16 juin, la France a dominé le Sénégal 3-1 grâce à un doublé de Kylian Mbappé.
Le 31 mai 2002, à Séoul, la planète football assistait à l’un des plus grands séismes de l’histoire de la Coupe du monde. L’équipe de France, championne du monde et d’Europe en titre, s’inclinait 1-0 face au Sénégal dès le premier match. Vingt-quatre ans plus tard, à la veille des retrouvailles entre les deux nations au Mondial 2026, l’un des acteurs de ce fiasco, David Trezeguet, est revenu sur ce traumatisme collectif.
« On avait Thierry Henry… on avait tout sur le papier », a confié l’ancien attaquant né à Rouen (Seine-Maritime) dans une interview relayée par TV5MONDE le 15 juin 2026. Le constat est amer : malgré un effectif comprenant les meilleurs buteurs des trois grands championnats européens - Trezeguet (Serie A), Henry (Premier League) et Djibril Cissé (Ligue 1) - les Bleus n’ont pas inscrit le moindre but en trois matchs (1 nul, 2 défaites).
Excès de confiance et méconnaissance de l’adversaire
Pour David Trezeguet, le principal responsable de cette débâcle est un excès d’assurance. « Nous pensions que ce serait facile. On ne connaissait pas assez le Sénégal, on les a sous-estimés », a-t-il expliqué. Son ancien adversaire, Khalilou Fadiga (ex-milieu des Lions de la Teranga), abonde dans le même sens auprès de PressAfrik : le sentiment d’un manque de respect de la part des dirigeants français a galvanisé les Sénégalais.
À cette sous-estimation s’ajoutent des circonstances défavorables : la blessure de Zinédine Zidane, qui manque les deux premiers matchs, et l’expulsion précoce de Thierry Henry contre l’Uruguay (25e minute). Roger Lemerre, le sélectionneur, paiera ce fiasco de son poste, remplacé par Jacques Santini.
Contexte en Seine-Maritime
David Trezeguet, né le 15 octobre 1977 à Rouen, reste une figure respectée dans son département d’origine. Son analyse du fiasco de 2002, dans le cadre des retrouvailles France-Sénégal, résonne particulièrement en Seine-Maritime, où le football amateur suit avec attention le parcours des anciens internationaux. Le club de l’AS Monaco, où Trezeguet a été formé, conserve une forte empreinte dans la région Normandie, mais c’est bien la mémoire du Mondial 2002 qui sert aujourd’hui de leçon pour les jeunes générations de joueurs locaux.
Une revanche vingt-quatre ans plus tard
Le 16 juin 2026, la France a finalement pris sa revanche en dominant le Sénégal 3-1 lors de la première journée de la phase de groupes. Kylian Mbappé, auteur d’un doublé, est devenu le meilleur buteur de l’histoire des Bleus avec 58 réalisations, effaçant ainsi le souvenir amer de 2002. « Ce résultat montre que le football retient les leçons », conclut sobrement Trezeguet. Une manière de tourner la page, sans jamais oublier.
Prochaine étape pour les Bleus : leur deuxième match de groupe dans ce Mondial 2026, dont le programme sera dévoilé dans les prochains jours.