Triathlon Monumental à Nîmes : la mairie conditionne les futures éditions après les ratés
La Ville de Nîmes pointe des dysfonctionnements de circulation lors de la première édition du 31 mai et exige un bilan avant toute reconduction.
La première édition du Triathlon Monumental Nîmes Pont du Gard s'est tenue le 31 mai 2026 avec environ 1 300 participants. Le lendemain, l'adjoint aux sports Bruno Ferrier a publié un communiqué remettant en cause la reconduction des deux éditions suivantes sans conditions préalables.
L’essentiel
- 31 mai 2026 : première édition du Triathlon Monumental, environ 1 300 participants, du Pont du Gard aux Arènes de Nîmes.
- 1er juin 2026 : communiqué de Bruno Ferrier, adjoint aux sports, critiquant les perturbations de circulation et d’accès aux commerces du centre-ville.
- Coïncidence aggravante : l’épreuve s’est déroulée le jour de la Fête des Mères, selon la mairie.
- Deux éditions futures en suspens : l’engagement de reconduire l’épreuve deux fois ne peut être « honoré en l’état » sans bilan préalable, selon la Ville.
- Rendez-vous 2027 : l’organisateur Frédéric Moline (FMO Organisation) confirme un retour d’expérience et vise les 29 ou 30 mai 2027.
Un parcours monumental, une logistique sous tension
Le dimanche 31 mai 2026, environ 1 300 triathlètes ont pris le départ au Pont du Gard pour la première édition du Triathlon Monumental Nîmes Pont du Gard. Natation dans l’Gardon sous l’aqueduc romain classé UNESCO, vélo sur un parcours traversant vignes et oliviers - itinéraire emprunté par le Tour de France 2025 - , puis course à pied 100 % plate dans le centre-ville de Nîmes : Maison Carrée, Arènes, Jardins de la Fontaine, Musée de la Romanité, arrivée parvis des Arènes. L’événement, affilié à la Fédération française de triathlon et diffusé sur L’Équipe TV, mobilisait plus de 400 volontaires, quatre fan zones vélo et cinq fan zones course. Selon la Ville de Nîmes, 90 % des dossards avaient été vendus avant le jour J.
Sportivement, le bilan est salué. Côté logistique, c’est une autre histoire.
Les critiques de la mairie : circulation bloquée, commerces pénalisés
Dès le lendemain, lundi 1er juin, Bruno Ferrier, adjoint délégué aux sports de la Ville de Nîmes, publie un communiqué officiel. Ton ferme. La mairie y recense des dysfonctionnements importants : circulation perturbée dans le centre-ville, accès difficile aux commerces, problèmes de sécurité, malgré les interventions de la police municipale, de la police nationale et des services municipaux.
Les fermetures de voies étaient pourtant annoncées : routes d’Uzès, rues Sully et Notre-Dame dès 8h30, boulevard Victor Hugo, pourtour des Arènes et boulevard de la Libération jusqu’à 18h30. Mais l’ampleur des perturbations a dépassé les prévisions selon la mairie, qui pointe également une coïncidence malheureuse.
La Fête des Mères comme facteur aggravant
L’épreuve s’est tenue le même jour que la Fête des Mères. Selon la Ville de Nîmes, cette coïncidence a sensiblement amplifié les difficultés : affluence accrue en centre-ville, déplacements en voiture plus nombreux, accès aux commerces et restaurants rendu plus complexe par les fermetures de voirie. La mairie n’a pas précisé si cette date avait été imposée ou négociée avec l’organisateur.
Les deux éditions futures désormais conditionnelles
L’engagement de reconduire l’épreuve à deux reprises avait été pris avant les élections municipales de mars 2026, remportées par Vincent Bouget (Nîmes en commun). Dans son communiqué, Bruno Ferrier indique que cet engagement « ne peut être honoré en l’état » sans un bilan urgent et des conditions préalables. La mairie exige un retour d’expérience complet avant toute décision.
La position de la Ville ne remet pas frontalement en cause l’existence future de l’épreuve, mais elle en conditionne clairement la reconduction à des garanties sur la gestion de la circulation et l’accessibilité du centre-ville.
L’organisateur ouvert au dialogue, sans polémique
Frédéric Moline, dirigeant de FMO Organisation et triathlète lui-même (six Ironman à son actif), a travaillé environ deux ans sur le projet. Selon Midi Libre, il reconnaît la nécessité d’un retour d’expérience et n’entre pas dans la polémique. Il confirme un rendez-vous envisagé autour des 29 ou 30 mai 2027 pour une deuxième édition. Les modalités d’un bilan concerté avec la mairie n’ont pas encore été précisées publiquement.
Contexte dans le Gard
Nîmes est la troisième commune la plus peuplée d’Occitanie, avec 150 444 habitants selon l’INSEE en 2022. La ville accueille régulièrement des événements sportifs d’envergure liés à son patrimoine antique - Arènes, Maison Carrée - , mais la question de l’impact sur la mobilité urbaine est récurrente lors des grands rassemblements. Le Pont du Gard, à Remoulins, est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce qui confère à cet itinéraire une dimension promotionnelle particulière pour le département.
La gestion des ressources et des contraintes logistiques dans le Gard est un sujet récurrent pour les collectivités, tout comme la mobilisation des forces de sécurité sur le territoire, déjà sollicitées à plusieurs titres en cette fin mai 2026. D’autres événements sportifs régionaux, comme Équi Aude 2026 à Carcassonne, montrent que la coordination entre organisateurs privés et collectivités reste un enjeu central pour les grandes manifestations en Occitanie.
La réunion de bilan entre la mairie et FMO Organisation n’a pas encore été datée. C’est de son issue que dépendra l’avenir du Triathlon Monumental sur le territoire nîmois.
Sources
- Ville de Nîmes : La Ville réagit aux contraintes de circulation du Triathlon monumental
- Midi Libre : Triathlon Monumental Nîmes : un succès sportif… mais aussi des perturbations, la mairie remet en question les prochaines éditions
- ICI (France Bleu Occitanie) : Après la première édition du Triathlon Monumental, la Mairie de Nîmes remet en cause les prochaines éditions
- ObjectifGard : NÎMES La Ville déplore les difficultés causées par le Triathlon Monumental