Troisième vague de frappes US contre l’Iran : Téhéran ferme Hormuz
Washington riposte à l'attaque d'un cargo, l'Iran décrète la fermeture du détroit et frappe ses voisins du Golfe
Le 12 juillet 2026, les États-Unis ont mené leur troisième série de frappes de la semaine contre l'Iran, visant environ 140 cibles militaires. Cette escalade répond à l'attaque d'un porte-conteneurs dans le détroit d'Hormuz. En représailles, Téhéran a décrété la fermeture de ce passage stratégique et lancé des missiles contre plusieurs pays du Golfe.
L’essentiel
- 140 cibles militaires : frappées par le CENTCOM américain en Iran ce 12 juillet 2026, troisième vague en une semaine
- Détroit d’Hormuz fermé : décision unilatérale de Téhéran contestée par Washington, qui affirme que le trafic maritime continue
- 5 pays voisins touchés : l’Iran a lancé missiles et drones contre le Koweït, le Qatar, la Jordanie, Bahreïn et l’Oman
- 3 blessés au Koweït : dont un enfant, touchés par des débris de projectiles iraniens
Ce qui s’est passé dans le détroit
L’engrenage s’est mis en marche après l’attaque du M/V GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote qui a pris feu dans le détroit d’Hormuz. L’incident a fait un disparu, selon le Commandement central des États-Unis (CENTCOM). Washington a immédiatement attribué l’attaque aux forces iraniennes.
La réponse américaine est tombée ce 12 juillet : environ 140 installations militaires iraniennes ont été frappées, marquant la troisième série de représailles en moins d’une semaine. Le CENTCOM a confirmé l’opération dans un communiqué, précisant que les cibles visées comprenaient des infrastructures de missiles, de drones et de défense aérienne.
L’île de Qeshm, position stratégique iranienne dans le détroit, a été particulièrement touchée. L’agence de presse officielle IRNA a rapporté que plus de dix projectiles ont frappé uniquement des infrastructures militaires sur cette île qui contrôle une partie du passage maritime.
Téhéran décrète la fermeture du détroit
En réaction directe aux frappes, l’Iran a annoncé la fermeture du détroit d’Hormuz jusqu’à nouvel ordre, selon l’Agence France-Presse. Téhéran affirme que le transit est suspendu en raison de ce qu’elle qualifie d’ingérence américaine.
Le CENTCOM a immédiatement contesté cette annonce. Dans une déclaration, le commandement américain s’est dit « prêt » à maintenir le détroit d’Hormuz comme voie internationale et affirme que le trafic maritime continue de s’écouler librement. Washington refuse de reconnaître la fermeture décrétée par Téhéran.
Cette confrontation juridico-militaire porte sur un passage qui voit transiter environ un tiers du pétrole maritime mondial. Le détroit d’Hormuz, large d’à peine 33 kilomètres à son point le plus étroit, est considéré comme un goulet d’étranglement critique pour l’économie mondiale.
Riposte iranienne : cinq pays du Golfe touchés
L’Iran n’a pas limité sa réponse aux eaux du détroit. Téhéran a lancé des missiles et des drones contre plusieurs de ses voisins du Golfe : le Koweït, le Qatar, la Jordanie, Bahreïn et l’Oman, selon le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis.
Au Koweït, trois personnes ont été blessées par des débris de projectiles, dont un enfant, rapporte le Times of Israel. Les autorités américaines ont émis des alertes de sécurité pour les ressortissants américains présents à Oman, l’un des pays touchés par ces tirs.
Cette extension du théâtre des opérations marque une escalade notable : l’Iran frappe désormais des États avec lesquels Washington entretient des relations de défense, dont certains abritent des bases militaires américaines.
Avertissements de Washington
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a réagi publiquement sur les réseaux sociaux, avertissant que l’Iran avait fait un mauvais choix et qu’il en payait le prix, selon The Independent. Le ton de l’administration américaine reste ferme.
Le président Donald Trump a pour sa part déclaré que les États-Unis avaient frappé l’Iran « très durement » alors qu’un accord de trêve était proche d’être conclu la veille, selon l’Agence France-Presse. Cette révélation suggère que des pourparlers étaient en cours avant l’attaque du M/V GFS Galaxy.
Trump a également mis en garde Téhéran contre toute tentative d’assassinat, faisant vraisemblablement référence aux menaces qui pèsent sur des responsables américains depuis l’élimination du général Qassem Soleimani en 2020.
Contexte international : un détroit sous tension récurrente
Le détroit d’Hormuz est depuis des décennies un point de friction entre l’Iran et l’Occident. Téhéran y a régulièrement menacé de bloquer le trafic lors de précédentes crises, notamment pendant les tensions sur le programme nucléaire iranien.
La région avait connu une période de relative accalmie après les négociations sur le nucléaire, mais l’administration Trump avait déjà mené des frappes ponctuelles contre des cibles iraniennes lors de son premier mandat. L’intensité actuelle, avec trois vagues de frappes en une semaine, représente néanmoins une escalade sans précédent récent.
Pour les États européens, dont la France, cette crise ravive les inquiétudes sur la sécurité énergétique. Paris a régulièrement appelé à la désescalade dans le Golfe et maintient des contacts diplomatiques avec Téhéran, même si les relations restent tendues depuis le retrait américain de l’accord nucléaire en 2018.
Enjeux pour la navigation mondiale
La fermeture effective du détroit d’Hormuz, même temporaire, aurait des répercussions immédiates sur les cours du pétrole et du gaz naturel liquéfié. Les assureurs maritimes ont déjà commencé à augmenter leurs primes pour les navires transitant dans la zone, selon les pratiques habituelles lors de tensions dans le Golfe.
Le ministère français des Affaires étrangères n’a pas encore réagi officiellement à cette escalade, mais Paris surveille de près la situation, notamment pour ses ressortissants présents dans les pays du Golfe et pour ses intérêts économiques dans la région.
La prochaine étape dépendra de la capacité de l’Iran et des États-Unis à rouvrir un canal diplomatique. Les déclarations de Trump sur une trêve proche laissent entendre que des pourparlers existaient, mais l’attaque du cargo et les frappes qui ont suivi ont brutalement refermé cette fenêtre. Le Conseil de sécurité de l’ONU pourrait être saisi dans les prochains jours si l’escalade se poursuit.