Troyes mise sur l’aviation d’affaires pour séduire ses entrepreneurs
L'aéroport de Troyes-Barberey veut attirer les décideurs aubois avec des vols d'affaires, sans objectif chiffré immédiat.
L'aéroport de Troyes-Barberey cherche à développer l'aviation d'affaires pour les entrepreneurs du département. Un événement organisé le 9 avril 2026 a lancé la démarche. Les ambitions restent volontairement modestes.
L’aéroport de Troyes-Barberey veut convaincre les chefs d’entreprise de l’Aube de décoller depuis leur territoire plutôt que de rejoindre Paris-CDG ou Orly. La démarche est engagée depuis le début de l’année 2026, portée par l’opérateur Edeis et le réseau économique local Aubassadeurs. L’ambition affichée reste mesurée.
L’essentiel
- 16 600 mouvements aériens enregistrés à Troyes-Barberey en 2025, dont une part dédiée à l’aviation d’affaires, de loisir et de formation.
- 9 avril 2026 : événement de promotion organisé par Edeis et le réseau Aubassadeurs, avec la présentation des offres de Luxaviation aux décideurs locaux.
- Gestion par Edeis depuis janvier 2021 dans le cadre d’une délégation de service public ; l’aéroport est détenu par un syndicat mixte (Conseil départemental de l’Aube, Troyes Champagne Métropole, CCI Troyes et Aube).
- Hausse de 5 % du trafic total entre 2022 (15 744 mouvements non commerciaux) et 2025.
- Aucun objectif chiffré annoncé à ce stade pour le développement de l’aviation d’affaires.
Une journée pour convaincre les décideurs aubois
Le 9 avril 2026, Edeis et le réseau Aubassadeurs ont organisé une visite de l’aéroport à destination des acteurs économiques locaux. L’opérateur Luxaviation, spécialisé dans l’aviation d’affaires, y a présenté ses services. La société travaille en partenariat avec Edeis et Moove Team sur ce créneau. Luxaviation propose des vols 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, selon Matot Braine.
L’objectif de la journée : montrer que Barberey peut constituer une alternative crédible pour les déplacements professionnels. L’aéroport dispose d’une piste principale de 1 649 mètres, d’équipements de sécurité complets et fonctionne à la demande en dehors des heures ouvrées, selon L’Est-Éclair. Sept salariés permanents assurent le fonctionnement du site.
« Un beau succès » défini modestement
Antoine Doucet, responsable de l’aéroport, ne fixe pas de cap chiffré. Sa formule résume l’état d’esprit de la démarche : « Si certains entrepreneurs locaux commencent à voyager depuis l’aéroport, ce sera déjà un beau succès », déclare-t-il au Parisien.
Victoire Totah, directrice de la stratégie et du développement d’Edeis à Troyes-Barberey, avance un argument économique : « L’aviation d’affaires peut être aussi une aviation responsable à des coûts accessibles et qui sert le développement économique de tout territoire », selon Matot Braine.
Le positionnement est explicitement celui d’une montée en charge progressive. Aucun chiffre de passagers cible n’a été communiqué à ce stade. L’économie auboise mise plutôt sur la démonstration concrète que sur les annonces.
Un trafic en légère hausse depuis 2022
L’aéroport a enregistré 16 600 mouvements aériens en 2025, dont environ 800 mouvements militaires et 200 pour des transports sanitaires, selon Matot Braine et L’Est-Éclair. En 2022, le site comptait 15 744 mouvements non commerciaux, soit une progression d’environ 5 % sur la période.
La structure du trafic reste dominée par l’aviation légère, la formation et les vols de loisirs. L’aviation d’affaires représente une part, mais son volume exact n’a pas été précisé dans les sources disponibles. Des investissements ont été réalisés en 2025 pour maintenir et développer cette activité, selon L’Est-Éclair, sans que leur montant ait été communiqué.
La dynamique économique troyenne s’appuie sur un tissu de PME et d’entreprises industrielles qui constituent la cible naturelle de ce type d’offre.
Contexte dans l’Aube
L’aéroport de Troyes-Barberey est une infrastructure publique détenue par un syndicat mixte regroupant le Conseil départemental de l’Aube, Troyes Champagne Métropole et la CCI Troyes et Aube. Edeis en assure la gestion depuis janvier 2021 dans le cadre d’une délégation de service public, selon le site officiel de l’aéroport.
L’infrastructure a été créée en 1933. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a accueilli des bombardiers français en 1939-1940 puis a été utilisée par l’US Air Force en 1944 sous le code A-48, selon Wikipédia. Aujourd’hui, l’aéroport se positionne avant tout comme un outil de développement économique local, en complément des aéroports parisiens.
Le département de l’Aube compte plusieurs grandes entreprises et zones industrielles, notamment autour de la métropole troyenne. La proximité avec Paris - environ 150 kilomètres - constitue à la fois un atout (accès rapide à la capitale en voiture) et un frein (les vols vers Paris ne sont pas pertinents). L’aviation d’affaires sur Barberey cible principalement les destinations provinciales et européennes où le gain de temps est réel.
Canal 32 a couvert en avril 2026 le développement de ces vols d’affaires au départ de Barberey-Saint-Sulpice, signe d’un intérêt médiatique local pour le dossier. L’actualité économique de l’Aube reste scrutée par les acteurs locaux.
Prochaines étapes non encore précisées
Ni Edeis ni Troyes Champagne Métropole n’ont communiqué de calendrier précis pour la montée en puissance de l’aviation d’affaires sur Barberey. La prochaine étape sera probablement lisible dans les chiffres de fréquentation pour 2026, que l’aéroport publie annuellement.