Trump à Macron : « bientôt renvoyé de son bureau » après le refus français sur Ormuz
Le président américain ironise sur l'avenir politique d'Emmanuel Macron, qui a décliné une opération militaire dans le détroit stratégique
17 mars, 19h18. Depuis la Maison Blanche, Donald Trump a déclaré qu'Emmanuel Macron serait "bientôt renvoyé de son bureau", après le refus français de participer à une opération militaire américaine dans le détroit d'Ormuz. Une formule que le président américain utilise désormais comme arme rhétorique récurrente contre ses opposants, du patron de la Fed Jerome Powell au chef de l'État français.
- Donald Trump a déclaré qu'Emmanuel Macron serait "bientôt renvoyé de son bureau" après le refus français de participer à une opération militaire dans le détroit d'Ormuz (Senenews, 17 mars 2026)
- Trump a utilisé cette formule au moins trois fois en dix semaines : contre Macron en janvier, contre Jerome Powell mi-janvier, et à nouveau contre Macron ce 17 mars (France Info, Le Figaro)
- Plus de 5000 cibles ont été frappées en Iran depuis le 28 février, selon Trump, dans une escalade militaire qui en est à son 18e jour (La Nouvelle République)
- Le détroit d'Ormuz, large de 39 km, voit transiter 21% du pétrole mondial, ce qui explique son importance stratégique (contexte géographique)
- Aucun allié européen de l'OTAN n'a accepté de rejoindre l'opération américaine dans le golfe Persique, zone hors du périmètre de l'Alliance atlantique
Selon Senenews, Donald Trump a réagi ce mardi 17 mars au refus d’Emmanuel Macron de s’engager militairement dans le détroit d’Ormuz, lors d’une rencontre avec le Premier ministre irlandais Micheál Martin. « Il sera bientôt renvoyé de son bureau », a lâché le président américain, qualifiant la position française d' »erreur stupide » et affirmant que les États-Unis n’avaient « besoin d’aucune aide ».
Le détroit d’Ormuz, passage maritime de 39 kilomètres de large entre l’Iran et Oman, voit transiter 21% du pétrole mondial. Faut-il le rappeler : sa fermeture, même temporaire, suffit à faire bondir les cours du brut. D’après La Nouvelle République, Trump avait évoqué le 9 mars « réfléchir à prendre le contrôle » de ce goulet stratégique, alors que plus de 5000 cibles avaient déjà été frappées en Iran depuis le 28 février.
Une formule qui devient signature
C’est la deuxième fois en deux mois que Trump utilise cette expression contre Macron. Selon France Info, le président américain avait déjà déclaré en janvier 2026 que « personne ne veut de lui, parce qu’il sera bientôt parti », après le refus français de rejoindre son « Conseil de paix » concurrent de l’ONU. Entre ces deux épisodes, Le Figaro rapportait que Trump avait employé la même formule contre Jerome Powell, président de la Fed, le 14 janvier : « Cet idiot ne sera bientôt plus là. »
Un calcul rapide montre que Trump a utilisé cette tournure au moins trois fois en dix semaines contre des personnalités qui lui résistent. La répétition n’est pas un hasard : elle transforme l’incertitude électorale ou institutionnelle en menace imminente, histoire de déstabiliser l’adversaire en le présentant comme politiquement fini.
Dix-huit jours d’escalade, zéro solidarité atlantique
Selon Senenews, l’escalade militaire au Moyen-Orient en est à son 18e jour ce mardi, avec des frappes israéliennes sur Téhéran et Beyrouth. Les autorités israéliennes ont annoncé avoir tué Ali Larijani, figure influente du régime iranien, sur fond de tensions régionales qui rappellent, en filigrane, les prémices de 2003 en Irak, mais avec une différence majeure : aucun allié européen ne suit Washington.
Trump reproche aux membres de l’OTAN leur refus de s’engager dans le détroit. Pourtant, l’Alliance atlantique ne couvre que l’espace euro-atlantique : rien n’oblige juridiquement Paris, Berlin ou Rome à participer à une opération dans le golfe Persique, à 5600 kilomètres de Bruxelles. On appréciera la cohérence d’un président qui fustige l’OTAN pour ne pas intervenir là où elle n’a aucun mandat, tout en clamant n’avoir « besoin d’aucune aide ».
Macron peut-il être « renvoyé » ?
La question que personne ne pose : Trump parle-t-il d’une défaite électorale ou d’une destitution ? Emmanuel Macron, élu en 2022 pour un second mandat de cinq ans, ne peut constitutionnellement briguer un troisième mandat consécutif en 2027. Sauf que la Constitution de la Ve République n’interdit qu’un troisième mandat d’affilée : rien n’empêche un retour en 2032. Comme nous l’analysions dans l’article sur Gabriel Attal et la recomposition du camp présidentiel, la séquence 2027 s’annonce déjà comme un champ de bataille pour l’héritage macroniste.
Trump, lui, joue sur l’ambiguïté. En laissant planer l’idée d’un départ imminent, il tente de fragiliser Macron face à ses partenaires européens et ses adversaires domestiques. Reste à savoir si l’Élysée répondra, ou si, comme en janvier, Paris laissera passer l’orage verbal sans broncher, considérant que réagir reviendrait à offrir une tribune à un président américain qui transforme chaque polémique en victoire médiatique.
Sources
- Senenews (17 mars 2026) - https://www.senenews.com/actualites/politique/donald-trump-est-ferme-emmanuel-macron-sera-bientot-renvoye-de-son-bureau_579640.html
- France Info (20 janvier 2026) - https://www.franceinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/personne-ne-veut-de-lui-parce-qu-il-sera-bientot-parti-sur-gaza-et-le-groenland-donald-trump-tacle-emmanuel-macron-et-l-europe_7753333.html
- La Nouvelle République (9 mars 2026) - https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/selon-donald-trump-la-guerre-en-iran-est-une-petite-excursion-qui-sera-bientot-terminee-1773092395
- Le Figaro (14 janvier 2026) - https://www.lefigaro.fr/conjoncture/cet-idiot-ne-sera-bientot-plus-la-donald-trump-fustige-le-president-de-la-fed-jerome-powell-20260114