Trump accuse la Chine d’ingérence électorale, Pékin rejette ces allégations

Le président américain affirme que Pékin a obtenu 220 millions de fichiers d'électeurs en 2020. La Chine dément fermement et dénonce des accusations « entièrement fabriquées ».

Trump accuse la Chine d'ingérence électorale, Pékin rejette ces allégations
Illustration Camille Perrin / info.fr
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Donald Trump a accusé la Chine d'avoir interfèré dans l'élection présidentielle américaine de 2020, affirmant l'acquisition illicite de 220 millions de fichiers d'électeurs. Pékin a immédiatement rejeté ces allégations comme « infondées ». Cette déclaration intervient à quelques mois des élections de mi-mandat américaines.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Donald Trump a accusé la Chine d'avoir acquis illicitement 220 millions de fichiers d'électeurs américains lors de l'élection de 2020
  • Le porte-parole de l'ambassade de Chine Liu Chang a qualifié ces accusations d'« entièrement fabriquées » et « infondées »
  • Plusieurs réseaux américains majeurs (CNN, ABC, NBC) ont refusé de diffuser le discours présidentiel en direct
  • Les affirmations contredisent l'évaluation de 2021 du renseignement américain qui excluait toute modification technique des votes
  • Un sommet entre Trump et Xi Jinping est programmé en septembre 2026
5 faits vérifiés 4 sources mis à jour le 17 juillet à 20:11

Le 16 juillet 2026, Donald Trump a relancé les tensions sino-américaines en accusant publiquement la Chine d’ingérence dans l’élection présidentielle de 2020. Lors d’un discours de 25 minutes prononcé depuis la Maison-Blanche, le président américain a affirmé que Pékin avait illicitement acquis les dossiers de 220 millions d’électeurs américains, selon The Business Times et l’agence Anadolu.

La réponse chinoise n’a pas tardé. Liu Chang, porte-parole de l’ambassade de Chine à Washington, a qualifié ces accusations d’« entièrement fabriquées » et « infondées », affirmant que la Chine n’a « jamais interféré » dans les affaires intérieures américaines et n’a « aucun intérêt à le faire », rapporte Reuters. Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a exhorté Washington à « cesser ces accusations » selon ABC News.

Des documents déclassifiés contestés

Donald Trump a annoncé la déclassification de rapports de la CIA et de la NSA pour étayer ses affirmations, selon DW. Dans ses déclarations relayées sur X et par Bloomberg, il affirme que ces documents montreraient que la Chine aurait « combattu comme un diable » pour l’empêcher de remporter l’élection.

Ces allégations contredisent pourtant l’évaluation de 2021 de la communauté du renseignement américain, qui excluait toute modification technique des votes de 2020 par un acteur étranger, rappelle The Business Times. Le sénateur démocrate Mark Warner a vivement critiqué le discours présidentiel, qualifiant les affirmations de Trump de « fausses et dangereuses », selon NPR.

David Becker, expert électoral cité par CBS News, a souligné que les données d’électeurs mentionnées par le président sont en réalité des informations publiques, accessibles à tous. Cette précision remet en question la nature même de l’« acquisition illicite » évoquée par Trump.

Un discours boycotté par les médias américains

Plusieurs réseaux de télévision américains majeurs, dont CNN, ABC et NBC, ont refusé de diffuser l’allocution présidentielle en direct, rapporte Forbes. Cette décision inhabituelle reflète les tensions entre la Maison-Blanche et certains médias sur la véracité des affirmations présidentielles concernant la sécurité électorale.

Durant son intervention, Donald Trump a également exhorté le Congrès à adopter le projet de loi SAVE Act, qui imposerait une preuve de citoyenneté lors des votes, selon l’agence Anadolu. Cette proposition législative fait partie d’un effort plus large de l’administration Trump pour durcir les règles électorales.

Contexte géopolitique tendu

Ces accusations surviennent à un moment stratégique. Les élections de mi-mandat américaines approchent, et un sommet entre Donald Trump et le président chinois Xi Jinping est programmé pour septembre, rapporte The Straits Times. Cette séquence diplomatique complique les relations déjà fragiles entre Washington et Pékin.

Les tensions sino-américaines s’inscrivent dans un contexte plus large de rivalité commerciale, technologique et militaire. Les accusations d’ingérence électorale s’ajoutent à une longue liste de griefs mutuels, allant des droits de douane aux questions de cybersécurité, en passant par les différends sur Taïwan et la mer de Chine méridionale.

La position chinoise sur la non-ingérence

La Chine maintient depuis des années une position officielle de non-intervention dans les affaires intérieures d’autres pays, principe qu’elle invoque régulièrement dans ses relations diplomatiques. Les autorités chinoises ont systématiquement rejeté toute accusation d’ingérence électorale, que ce soit aux États-Unis ou dans d’autres démocraties occidentales.

Cette doctrine de non-ingérence fait partie des « cinq principes de coexistence pacifique » formulés par Pékin dans les années 1950 et qui continuent de guider officiellement sa politique étrangère. Le ministère des Affaires étrangères chinois répète régulièrement que la Chine « respecte le choix du peuple américain » et appelle à des relations bilatérales fondées sur le respect mutuel.

Implications pour le sommet de septembre

La rencontre prévue en septembre entre les deux dirigeants s’annonce désormais plus complexe. Les accusations publiques de Trump créent un climat peu propice au dialogue constructif sur les dossiers économiques et sécuritaires qui devaient être au cœur du sommet.

Les observateurs diplomatiques s’interrogent sur la capacité des deux parties à aborder sereinement des sujets comme la réduction des tensions commerciales ou la coopération sur le climat dans ce contexte d’accusations mutuelles. La crédibilité des affirmations de Trump auprès de la communauté internationale sera également scrutée lors de cette rencontre.

Camille
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Sources

Camille Perrin

Camille Perrin

Camille Perrin est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondante à Pekin. basée sur place, Elle couvre l'actualité de la Chine pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Elle pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,…

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