Tunisie : coupures d’électricité tournantes en pleine canicule
La STEG impose des délestages préventifs ce 16 juillet dans plusieurs gouvernorats face à un pic de consommation historique de 5 000 mégawatts
La Société Tunisienne de l'Électricité et du Gaz a programmé des coupures tournantes ce jeudi après-midi dans le Grand Tunis et plusieurs régions du pays. La mesure vise à éviter un black-out national alors que la vague de chaleur fait grimper la demande électrique de 30 %.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- La STEG a programmé des coupures tournantes le 16 juillet 2026 entre 13h00 et 16h00 dans le Grand Tunis, le Nord, Sfax et le Sud-Ouest
- La consommation électrique a atteint un pic historique de 5 000 mégawatts, soit une hausse de 30 % liée à l'usage des climatiseurs
- Les coupures ne devraient pas dépasser une heure selon la STEG, qui invite les usagers à débrancher les appareils sensibles
- La Tunisie dépend à plus de 90 % de centrales thermiques au gaz naturel pour sa production électrique
- Les usagers peuvent déposer une réclamation sous 48 heures auprès de la STEG en cas de dommages matériels
La Tunisie subit ce jeudi 16 juillet 2026 des coupures d’électricité tournantes dans plusieurs gouvernorats, conséquence directe d’une vague de chaleur extrême qui pousse la consommation électrique à des niveaux records. La Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG) a annoncé des délestages préventifs entre 13h00 et 16h00 pour absorber un pic de demande et éviter l’effondrement total du réseau.
Un pic de consommation historique
Selon la STEG, la consommation électrique a atteint 5 000 mégawatts ce jeudi, soit une hausse de 30 % par rapport à la normale. Cette flambée s’explique par l’utilisation massive des climatiseurs alors que les températures dépassent les seuils caniculaires sur l’ensemble du territoire. Le PDG de l’opérateur public, Fayçal Trifa, a justifié ces mesures de délestage comme un moyen d’éviter un black-out national total, comme l’a rapporté La Presse de Tunisie.
Les coupures programmées ne devraient techniquement pas excéder une heure selon la direction de la STEG, mais la multiplication de ces incidents en pleine canicule exacerbe la grogne sociale dans un pays déjà confronté à des difficultés économiques.
Les zones concernées par les délestages
Les coupures touchent une large partie du territoire. Le Grand Tunis est particulièrement impacté, avec des délestages annoncés au Bardo, à la Manouba, à l’Ariana, ainsi que dans plusieurs quartiers de la capitale. Le Nord, le Nord-Ouest, Sfax et le Sud-Ouest sont également concernés, selon Directinfo.
La STEG a publié sur X la liste détaillée des zones concernées en arabe, précisant que les coupures se feraient « par intermittence » durant la tranche horaire indiquée. L’opérateur appelle les usagers à prendre les précautions nécessaires, notamment en débranchant les appareils sensibles avant la coupure.
Procédures d’indemnisation pour les dommages
Face aux risques de détérioration du matériel électrique liés aux coupures brutales et aux surtensions au moment du rétablissement, la STEG a mis en place une procédure d’indemnisation. Les usagers dont les appareils ont été endommagés peuvent déposer une réclamation auprès de l’opérateur dans un délai de 48 heures, selon La Presse de Tunisie.
La STEG invite les citoyens à débrancher les équipements sensibles avant les coupures annoncées et rappelle que le courant peut revenir sans préavis, d’où la nécessité de rester vigilant.
Une dépendance critique au gaz naturel
La crise énergétique actuelle révèle la fragilité du système électrique tunisien, dépendant à plus de 90 % de centrales thermiques alimentées au gaz naturel, selon La Presse de Tunisie. Cette dépendance rend le pays vulnérable aux variations de production et aux pics de consommation saisonniers.
La capacité de production peine à suivre la demande lors des épisodes caniculaires, d’autant que les infrastructures vieillissantes nécessitent des investissements massifs. Le réseau de distribution montre également ses limites dans certaines régions, où les coupures se multiplient au-delà des seules mesures de délestage programmé.
Contexte en Tunisie
La Tunisie traverse une période économique difficile marquée par l’inflation, les tensions sur les finances publiques et les difficultés des entreprises publiques, dont la STEG. L’opérateur accumule des pertes financières importantes et peine à financer la modernisation du réseau électrique.
Ces coupures interviennent dans un climat social tendu, où les citoyens expriment régulièrement leur mécontentement face à la détérioration des services publics. La question de la transition énergétique et du développement des énergies renouvelables reste posée, mais les investissements nécessaires tardent à se concrétiser.
Vu de France : un partenaire méditerranéen en difficulté
Pour la France, la situation énergétique tunisienne illustre les défis auxquels sont confrontés plusieurs pays du Sud de la Méditerranée. La Tunisie, partenaire historique de Paris, fait face à des tensions structurelles qui fragilisent sa stabilité économique et sociale.
Ces difficultés interpellent les autorités européennes sur les enjeux de coopération énergétique et de soutien au développement d’infrastructures plus résilientes dans la région. La France, via l’Agence Française de Développement et d’autres instruments, participe à des programmes de modernisation du secteur énergétique tunisien, mais les besoins restent considérables face à l’urgence climatique et à la croissance de la demande.
Les délestages de ce jeudi rappellent la nécessité d’anticiper les épisodes caniculaires de plus en plus fréquents et intenses, et de repenser les modèles énergétiques basés exclusivement sur les énergies fossiles.
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