Tunisie : Kairouan à 49,3°C, délestages électriques et mobilisation d’urgence
La canicule historique qui frappe le pays depuis plusieurs jours provoque la saturation du réseau électrique et déclenche des mesures de protection exceptionnelles pour les populations vulnérables.
La Tunisie suffoque sous une vague de chaleur extrême ce 22 juillet 2026. Avec un record de 49,3°C enregistré à Kairouan et des températures dépassant 46°C dans l'intérieur du pays, les infrastructures électriques sont saturées et les autorités déploient des brigades mobiles d'urgence pour protéger les plus fragiles.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Record de 49,3°C enregistré à Kairouan le 22 juillet 2026, avec des températures entre 46 et 49°C dans l'intérieur du pays.
- La STEG a mis en place des délestages tournants pour protéger le réseau électrique national saturé par la climatisation.
- Des brigades mobiles d'urgence déployées à Bizerte pour protéger les personnes âgées et vulnérables face aux risques sanitaires.
- L'Institut national de la météorologie a placé la quasi-totalité des gouvernorats en vigilance orange face à la persistance du sirocco.
- Une amélioration durable des conditions météorologiques attendue à partir du vendredi 24 juillet avec l'arrivée de vents du nord.
Le mercure a atteint des sommets historiques en Tunisie ce 22 juillet 2026. L’Institut national de la météorologie (INM) a confirmé un pic de 47°C à Kairouan, l’un des records les plus élevés jamais mesurés dans le pays. Cette canicule exceptionnelle, qui sévit depuis plusieurs jours, place la quasi-totalité des gouvernorats en vigilance orange face à la persistance du sirocco.
Des températures jusqu’à 49°C dans l’intérieur
Selon Business News, les températures maximales ont oscillé entre 40 et 44°C près des côtes et entre 45 et 49°C dans les régions de l’intérieur durant la journée du lundi 20 juillet. Le mardi 22, Tozeur et Kébili devraient enregistrer jusqu’à 49°C, selon Kapitalis. Ces valeurs représentent des écarts de 6 à 12°C au-dessus des normales saisonnières, comme l’a précisé La Presse.
Un pic de aucun record de 49,7°C n’a été enregistré à Kairouan le 17 juillet, marquant l’intensité de cet épisode caniculaire qui s’étire depuis la mi-juillet. Les régions côtières, bien que moins exposées, ont tout de même connu des températures largement supérieures à 40°C, provoquant un usage massif de la climatisation.
Saturation du réseau électrique et délestages tournants
La demande en électricité a atteint des niveaux critiques face à l’utilisation intensive des systèmes de refroidissement. La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a dû mettre en place des délestages tournants pour protéger le réseau national de la saturation, selon Business News. Ces coupures programmées ont touché plusieurs quartiers de manière alternée, provoquant une vive réaction politique.
Des députés ont déposé une demande d’audition d’urgence du ministre de l’Industrie et de l’Énergie pour obtenir des explications sur la multiplication des coupures et les mesures envisagées pour stabiliser le réseau. La tension est d’autant plus palpable que ces délestages interviennent en pleine journée, perturbant l’activité économique et les conditions de vie des ménages.
Mobilisation des autorités pour protéger les populations vulnérables
Face aux risques sanitaires liés à la chaleur extrême, les autorités ont déployé des mesures de protection exceptionnelles. À Bizerte, des brigades mobiles d’urgence ont été constituées pour venir en aide aux personnes âgées et vulnérables, selon La Presse. Ces équipes interviennent à domicile pour vérifier les conditions de vie, distribuer de l’eau et rappeler les consignes de prévention.
Les hôpitaux ont enregistré une augmentation des admissions pour déshydratation et coups de chaleur, particulièrement chez les enfants en bas âge et les personnes de plus de 65 ans. Les autorités sanitaires ont appelé la population à éviter toute exposition prolongée au soleil, à s’hydrater régulièrement et à limiter les efforts physiques durant les heures les plus chaudes.
Un léger répit sur les côtes, chaleur persistante ailleurs
Une légère baisse des températures a été annoncée dès le 22 juillet sur les régions côtières, selon La Presse. Toutefois, la chaleur reste persistante dans le centre et le sud du pays, où les écarts avec les normales saisonnières demeurent importants. Les habitants de l’intérieur devront patienter jusqu’au vendredi 24 juillet pour bénéficier d’une amélioration plus sensible.
L’arrivée de vents du nord devrait apporter un rafraîchissement progressif et durable à partir de cette date, offrant enfin un soulagement après plus d’une semaine de canicule ininterrompue. L’INM reste en veille et maintient ses bulletins d’alerte pour les prochains jours.
Contexte en Tunisie
La Tunisie, pays d’Afrique du Nord de 12,4 millions d’habitants, est particulièrement exposée aux vagues de chaleur estivales en raison de sa position géographique et de l’influence du sirocco, ce vent chaud et sec venant du Sahara. Le pays connaît régulièrement des pics de température en juillet et août, mais l’épisode actuel se distingue par son intensité et sa durée.
Les infrastructures électriques tunisiennes, déjà fragilisées par des années de sous-investissement, peinent à absorber les pics de consommation liés à la climatisation. Cette fragilité structurelle explique en partie la réaction politique vive face aux délestages, dans un contexte économique et social déjà tendu.
La canicule actuelle s’inscrit dans une série d’événements climatiques extrêmes observés dans le bassin méditerranéen cet été 2026. L’Algérie voisine a enregistré 6 morts dans des incendies depuis le 8 juillet, tandis que l’Espagne fait face à un brasier sans précédent avec 29 000 hectares ravagés. En France, 23 massifs forestiers ont été fermés dans les Bouches-du-Rhône ce mercredi pour risque incendie.
Prochaines étapes
L’amélioration des conditions météorologiques est attendue à partir du vendredi 24 juillet avec l’arrivée de vents rafraîchissants du nord. Les autorités maintiennent néanmoins leur dispositif de surveillance et appellent à la prudence jusqu’à la fin de la semaine. La STEG devrait par ailleurs être auditionnée prochainement par les députés pour expliquer la gestion de la crise énergétique et les mesures structurelles envisagées pour éviter de nouvelles saturations.