Tunisie : Kaïs Saïed gracie 2 439 détenus pour la Fête de la République
Le président tunisien a accordé une grâce présidentielle à l'occasion du 69e anniversaire de la proclamation de la République, incluant des figures politiques et sportives notoires.
À l'occasion du 69e anniversaire de la Fête de la République, le président tunisien Kaïs Saïed a accordé une grâce présidentielle à 2 439 détenus le 23 juillet 2026. Parmi les bénéficiaires figurent l'ancien président de la Fédération tunisienne de football Wadi Jary et l'ancien candidat à la présidentielle Ayachi Zammel.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le président Kaïs Saïed a accordé une grâce à 2 439 détenus et une libération conditionnelle à 490 autres, soit 2 929 bénéficiaires au total.
- Wadi Jary, ancien président de la Fédération tunisienne de football condamné à trois ans de prison, figure parmi les graciés.
- Ayachi Zammel, ancien candidat à l'élection présidentielle, bénéficie également de la mesure de clémence.
- La grâce a été annoncée le 23 juillet 2026, deux jours avant le 69e anniversaire de la proclamation de la République tunisienne.
Le président tunisien Kaïs Saïed a accordé le 23 juillet une grâce présidentielle à 2 439 détenus, complétée par des mesures de libération conditionnelle pour 490 personnes supplémentaires. L’annonce a été publiée par la Présidence de la République tunisienne dans un communiqué officiel, deux jours avant la célébration du 25 juillet, date de la proclamation de la République en 1957.
Le total des bénéficiaires de ces mesures de clémence s’élève à 2 929 détenus, selon les chiffres confirmés par l’agence TAP et repris par plusieurs médias tunisiens.
Des figures publiques parmi les graciés
L’attention médiatique s’est concentrée sur la présence de plusieurs personnalités parmi les bénéficiaires. Wadi Jary, ancien président de la Fédération tunisienne de football condamné à quatre ans de prison, figure sur la liste, selon Mosaïque FM. L’ex-dirigeant sportif avait été reconnu coupable dans des affaires liées à la gestion du football tunisien.
Ayachi Zammel, ancien candidat à l’élection présidentielle, bénéficie également de la mesure, rapporte Business News. Sa présence parmi les graciés soulève des questions sur le volet politique de cette décision, alors que plusieurs opposants au régime actuel ont été incarcérés ces dernières années.
Une pratique rituelle de l’État tunisien
Cette grâce présidentielle s’inscrit dans une tradition bien établie en Tunisie. Chaque année, à l’occasion des grandes fêtes nationales - Fête de la République le 25 juillet, anniversaire de la Révolution le 14 janvier, Aïd al-Fitr - , le chef de l’État accorde des mesures de clémence à des détenus. La pratique vise à marquer symboliquement les moments forts du calendrier national par un geste de réconciliation sociale.
La libération conditionnelle, qui concerne 490 personnes selon La Presse de Tunisie, implique un suivi judiciaire et des conditions de réinsertion. Les bénéficiaires restent soumis à des obligations légales et peuvent voir leur libération révoquée en cas de non-respect des termes fixés.
Contexte en Tunisie
La Tunisie compte environ 12,4 millions d’habitants et célèbre le 25 juillet la proclamation de la République qui mit fin à la monarchie beylicale en 1957. Sous la présidence de Kaïs Saïed, élu en 2019 et ayant suspendu le Parlement en juillet 2021 avant d’instaurer une nouvelle Constitution en 2022, le pays traverse une période de tensions politiques marquées.
Plusieurs opposants, journalistes et militants ont été emprisonnés ces dernières années, ce qui vaut à la Tunisie des critiques régulières d’organisations de défense des droits humains et de capitales européennes, dont Paris. La France, ancienne puissance coloniale en Tunisie jusqu’en 1956, suit de près l’évolution de la situation politique et judiciaire dans le pays, notamment en raison des liens historiques et de la présence d’une importante diaspora tunisienne sur son territoire.
Portée et réactions
La Présidence n’a pas détaillé les critères de sélection des bénéficiaires ni précisé si certaines catégories de condamnations étaient exclues. Les grâces présidentielles en Tunisie peuvent concerner des infractions de droit commun comme des dossiers politiques, selon la discrétion du chef de l’État.
L’inclusion de figures politiques et sportives de premier plan dans cette liste de 2026 contraste avec les éditions précédentes, généralement centrées sur des détenus anonymes. Les médias tunisiens n’ont pas encore rapporté de réaction officielle des partis d’opposition ou des associations de défense des droits humains sur la portée de cette mesure.
Les libérations interviendront dans les jours qui suivent la publication du décret présidentiel, selon les procédures pénitentiaires en vigueur. Le 25 juillet sera marqué par des cérémonies officielles à Tunis et dans les gouvernorats tunisiens.