Tunisie : les réserves en devises à 22,7 milliards de dinars, 90 jours d’importations
La Banque centrale affiche un niveau stable malgré le remboursement de 740 millions d'euros d'eurobond en juillet, portée par le tourisme et les transferts de la diaspora
Au 20 juillet 2026, les réserves en devises de la Tunisie s'établissent à 22,7 milliards de dinars, selon la Banque centrale. Ce niveau permet de couvrir 90 jours d'importations, un seuil maintenu malgré une échéance majeure remboursée mi-juillet. Tourisme et diaspora soutiennent la stabilité.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Les réserves en devises de la Tunisie s'élèvent à 22,7 milliards de dinars au 20 juillet 2026, selon la Banque centrale.
- Ce niveau assure environ 90 jours de couverture des importations, un seuil maintenu malgré le remboursement de 740 millions d'euros en juillet.
- Les recettes touristiques atteignent 3,681 milliards de dinars, en hausse de 158 millions de dinars sur un an.
- Les transferts de la diaspora dépassent 4,7 milliards de dinars, en progression de 230 millions de dinars par rapport à juillet 2025.
Les réserves en devises de la Tunisie atteignent 22,7 milliards de dinars au 20 juillet 2026, selon les données publiées par la Banque centrale de Tunisie (BCT). Ce montant assure environ 90 jours de couverture des importations, un niveau considéré comme stable par les autorités monétaires, rapporte La Presse.
Un recul de 487 millions compensé par les entrées de fonds
Les réserves accusent un repli de 487 millions de dinars par rapport à juillet 2025. Ce recul s’explique en grande partie par le remboursement d’une échéance de 740 millions d’euros émis en 2019, échéance honorée le 15 juillet dernier. Selon Notre Afrik, cette opération constituait l’échéance extérieure la plus lourde de l’année pour le pays.
Malgré cette sortie de capitaux, la Tunisie a pu maintenir ses avoirs nets grâce à deux sources principales de revenus : le tourisme et les transferts de fonds de la diaspora. Les recettes touristiques ont atteint 3,681 milliards de dinars au 20 juillet 2026, en progression de 158 millions de dinars sur un an, selon La Presse. Cette dynamique confirme la reprise du secteur touristique observée au premier semestre.
Les revenus du travail, qui regroupent les transferts de la diaspora tunisienne à l’étranger, ont de leur côté dépassé 4,7 milliards de dinars à la même date, en hausse de 230 millions de dinars sur un an, indique la BCT.
Un équilibre sous tension dans la région
Le niveau de 90 jours d’importations reste dans la norme internationale, mais il témoigne d’une marge de manœuvre étroite pour un pays confronté à des besoins de financement extérieur élevés. La Tunisie doit chaque année mobiliser plusieurs milliards de dinars pour couvrir son déficit budgétaire et rembourser sa dette extérieure.
Dans la région, d’autres économies maghrébines font face à des contraintes similaires. L’Algérie a récemment annoncé le passage à la carte bancaire pour l’allocation touristique, mesure destinée à mieux contrôler les sorties de devises. Au Sénégal, la dette publique a été multipliée par neuf en douze ans, poussant les autorités à solliciter Lazard pour restructurer les engagements.
Contexte en Tunisie
La Tunisie, pays de 12,4 millions d’habitants situé au carrefour de la Méditerranée et du Maghreb, dépend fortement des importations pour son approvisionnement en énergie, céréales et biens de consommation. Le tourisme représente près de 5 % du PIB et emploie plusieurs centaines de milliers de personnes. Les transferts de la diaspora, établie principalement en France, en Italie et dans les pays du Golfe, constituent une ressource stable et stratégique pour l’économie tunisienne.
Le pays négocie depuis plusieurs années avec le Fonds monétaire international (FMI) pour obtenir un prêt de plusieurs milliards de dollars, mais les discussions butent sur les conditions de réformes structurelles exigées. Sans cet accord, la Tunisie s’appuie sur les marchés financiers internationaux et sur l’aide bilatérale pour financer ses besoins.
Prochaines échéances à surveiller
Les prochains mois seront déterminants pour la trajectoire des réserves. La saison touristique estivale, qui s’étend jusqu’en septembre, devrait continuer d’alimenter les recettes en devises. Les autorités surveillent également les évolutions sur les marchés internationaux de la dette, où le recul de l’inflation américaine pourrait influencer les taux d’emprunt.
La BCT publiera ses prochaines statistiques mensuelles fin août, offrant une vision actualisée de l’impact de la haute saison touristique sur les réserves et de la capacité du pays à absorber les chocs extérieurs dans un contexte économique mondial incertain.