Ugine : Ugitech mise sur l’efficacité énergétique pour préserver ses 1 100 emplois

Face à la volatilité des prix de l'énergie, la métallurgie savoyarde investit dans ses procédés pour rester compétitive.

Ugine : Ugitech mise sur l'efficacité énergétique pour préserver ses 1 100 emplois
Illustration Aurélie Blanc / info.fr

À Ugine, le site Ugitech adapte ses processus industriels pour réduire sa facture énergétique. Un enjeu direct pour les 1 100 salariés du fleuron savoyard des aciers inoxydables, dans un secteur sous pression à l'échelle européenne.

Le site Ugitech d’Ugine, en Savoie, emploie près de 1 100 collaborateurs et couvre l’ensemble de la chaîne de production, de la fusion de l’acier à l’expédition, selon la préfecture de Savoie. Fondé en 1906 par l’ingénieur Paul Girod, il s’est spécialisé dans les aciers longs inoxydables destinés aux secteurs médical, agroalimentaire, aéronautique et nucléaire. Un positionnement de niche, mais qui n’isole pas l’entreprise des turbulences énergétiques actuelles.

Le 9 février 2026, la préfète de Savoie Vanina Nicoli a visité le site. Elle a souligné son rôle dans l’économie locale et ses efforts d’adaptation aux exigences environnementales via des procédés à haute technicité, selon le communiqué de la préfecture.

Un secteur sous pression

La menace n’est pas abstraite. Début 2025, le président d’ArcelorMittal France avait déclaré que tous les sites européens du groupe étaient à risque de fermeture en raison des coûts énergétiques élevés, selon Connaissance des Énergies. ArcelorMittal a historiquement contrôlé le site d’Ugine avant de le céder en 2006 au groupe Schmolz+Bickenbach, maison mère d’Ugitech.

Le contraste entre aides publiques et suppressions de postes alimente la controverse. Sur X, le sénateur Fabien Gay a réagi à l’annonce de 600 suppressions de postes chez ArcelorMittal en France :

De son côté, le journaliste Patrice Cali pointait la situation à Dunkerque :

Des leviers locaux concrets

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À Ugine, plusieurs pistes d’efficacité énergétique sont déjà actives. Le réseau de chaleur alimenté au bois local a doublé sa production depuis les années 2010, selon un document de l’Agence nationale de cohésion des territoires. Une ressource qui soutient indirectement l’activité industrielle du territoire.

Au niveau sectoriel, ArcelorMittal a investi 245 millions d’euros en dix ans dans la décarbonation en France, réduisant ses émissions de CO2 de près de 10 % d’ici fin 2025 grâce à un recours accru à la ferraille recyclée, selon GMK Center. Le modèle du four électrique de Dunkerque, doté d’un budget de 1,3 milliard d’euros, est cité comme référence pour une modernisation bas-carbone applicable à d’autres sites.

Un précédent lourd

L’histoire impose la prudence. La sidérurgie française a perdu plus de 110 000 emplois entre 1974 et 1995, sous l’effet conjugué de la volatilité énergétique et des restructurations, selon un rapport parlementaire de l’Assemblée nationale. À Ugine, la mémoire industrielle de ces décennies nourrit la détermination à ne pas revivre ce scénario.

Prochaine étape : ArcelorMittal prévoit une amélioration de ses résultats en 2026 grâce à ses investissements en décarbonation, selon Les Echos. Pour Ugitech, les orientations stratégiques pour les prochains mois n’ont pas encore été détaillées publiquement.

Sources

Aurélie Blanc

Aurélie Blanc

Correspondante à Chambéry, elle suit les stations de ski, les tensions sur l'eau, l'industrie et les débats sur la ligne Lyon-Turin. Issue de Sciences Po Grenoble, elle a commencé en presse écrite. Méthode : interroger les élus, les syndicalistes, les associations environnementales, croiser les rapports d'étude avant de conclure.

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