UGTG aux prud’hommes de Fort-de-France : décision attendue le 30 septembre
Après quatre renvois, l'affaire Manuella Collé contre son ex-syndicat a été examinée au fond le 6 mai 2026.
Le conseil des prud'hommes de Fort-de-France a examiné le 6 mai 2026 la plainte de Manuella Collé, ancienne secrétaire administrative de l'UGTG, licenciée en décembre 2024 après 15 ans de service. Elle réclame plus de 200 000 euros pour harcèlement moral. La décision est attendue pour le 30 septembre 2026.
Le conseil des prud’hommes de Fort-de-France a examiné le 6 mai 2026 la plainte de Manuella Collé, ancienne secrétaire administrative de l’UGTG, licenciée en décembre 2024 après 15 ans de service. Elle réclame plus de 200 000 euros pour harcèlement moral. La décision est attendue pour le 30 septembre 2026.
L’essentiel
- Licenciement : Manuella Collé, secrétaire administrative de l’UGTG, licenciée le 23 décembre 2024 pour inaptitude professionnelle après 15 ans de service.
- Demande : plus de 200 000 euros réclamés pour harcèlement moral et perte de droits à la retraite.
- Procédure : quatre renvois précédents, dossier délocalisé de Pointe-à-Pitre à Fort-de-France, cinquième demande de renvoi rejetée le 6 mai 2026.
- Délibéré : décision fixée au 30 septembre 2026 par le conseil des prud’hommes de Fort-de-France.
- Position de l’UGTG : le syndicat nie tout harcèlement et se présente comme victime, selon La 1ère.
Une audience obtenue de haute lutte
Le 6 mai 2026, le dossier a enfin été plaidé au fond. C’est une étape que la plaignante attendait depuis des mois. L’affaire avait déjà connu quatre renvois successifs devant les prud’hommes de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Selon La 1ère, ces renvois sont attribués à des manœuvres dilatoires de l’UGTG.
Le syndicat avait formé une cinquième demande de renvoi lors de l’audience du 6 mai. Elle a été rejetée. Le dossier a donc été examiné au fond ce jour-là. La décision a été mise en délibéré au 30 septembre 2026.
Le dossier délocalisé en Martinique
La délocalisation à Fort-de-France - soit hors du territoire guadeloupéen où l’UGTG est implantée - illustre la complexité procédurale du dossier. Selon La 1ère, ce transfert a été décidé précisément en raison des renvois à répétition devant la juridiction de Pointe-à-Pitre.
En novembre 2024, l’audience initiale avait déjà été repoussée pour la deuxième fois. En février 2025, une nouvelle assignation en référé avait été délivrée pour une audience le 3 mars aux prud’hommes de Pointe-à-Pitre, toujours sans aboutir à un examen au fond.
15 ans de service, un licenciement pour inaptitude
Manuella Collé a été licenciée le 23 décembre 2024. Motif retenu par l’UGTG : inaptitude professionnelle. Elle conteste cette qualification et invoque un harcèlement moral qui aurait dégradé son état de santé au point de rendre ce licenciement possible.
Sa demande dépasse les 200 000 euros. Elle inclut, selon La 1ère, une réparation pour la perte de droits à la retraite consécutive à la rupture de contrat. L’UGTG, de son côté, nie tout harcèlement et se présente comme victime dans ce dossier, sans préciser davantage.
Des tensions qui remontent à 2021
Selon La 1ère, les tensions internes à l’UGTG ont émergé avec le changement de direction en 2021. Élie Domota, figure historique du syndicat, a été remplacé par Maïté M’Toumo, élue secrétaire générale le 14 juin 2021, selon France Antilles Martinique. Le média décrit un glissement de style managérial : approche qualifiée de paternaliste sous Domota, perçue comme plus brutale sous M’Toumo. Ces qualifications sont rapportées par La 1ère, sans que l’UGTG ait apporté de réponse publique détaillée sur ce point.
En 2023, trois salariées de l’UGTG - dont potentiellement Manuella Collé, selon La 1ère - ont réclamé l’ouverture des négociations annuelles obligatoires. Un accord a finalement été signé en juin 2024. Il intégrait notamment l’application de la prime Bino, issue des accords de 2009 prévoyant une augmentation de 200 euros nets pour les bas salaires.
Des précédents judiciaires au sein du syndicat
Ce n’est pas la première fois que l’UGTG se retrouve impliquée dans une procédure prud’homale conflictuelle. Selon la Cour de cassation, des violences avaient été commises en 2016 par des militants du syndicat à la suite d’un jugement défavorable dans l’affaire d’un délégué du personnel. Ce précédent illustre la sensibilité des litiges internes au sein de la structure.
L’UGTG, fondée en 1969, est le principal syndicat de Guadeloupe. Ce dossier concerne donc directement l’une des organisations syndicales les plus influentes de l’arc antillais. Des affaires similaires impliquant des conditions de travail dégradées en Guadeloupe alimentent un débat plus large sur les droits des salariés dans les territoires ultramarins.
Contexte dans la Martinique
L’audience s’est tenue à Fort-de-France, chef-lieu de la Martinique, juridiction retenue pour garantir l’impartialité de la procédure. Si le litige concerne l’UGTG, syndicat guadeloupéen, la Martinique joue ici un rôle de territoire tiers dans le règlement du conflit.
En Guadeloupe, l’INSEE recensait 128 700 emplois salariés au 31 décembre 2024, en hausse de 0,6 % par rapport à 2023, soit 750 emplois supplémentaires. Dans ce contexte de marché du travail étroit, les litiges prud’homaux impliquant des structures syndicales majeures ont une résonance particulière. L’UGTG représente une part significative du syndicalisme local, ce qui confère à cette affaire une portée qui dépasse le seul cas individuel.
Les prud’hommes de Fort-de-France rendent leur délibéré le 30 septembre 2026. D’ici là, les deux parties restent sur leurs positions publiques respectives.
Sources
- Franceinfo La 1ère : Plainte aux prud'hommes de Fort-de-France : le dossier UGTG examiné sur le fond malgré de nouveaux renvois
- France Antilles Martinique : En Guadeloupe, Maïté Hubert M'Toumo succède à Élie Domota à la tête de l'UGTG
- Franceinfo La 1ère : L'UGTG citée devant le conseil des prud'hommes par l'une de ses salariées, l'audience repoussée pour la 2ème fois
- INSEE : Emploi salarié en Guadeloupe au 31 décembre 2024