Ukraine : Zelensky revendique des frappes sur Moscou dans la guerre du carburant
Le président ukrainien confirme avoir ciblé un dépôt pétrolier et des hubs logistiques près de la capitale russe, intensifiant la pression énergétique sur Moscou
Le 20 juillet 2026, Volodymyr Zelensky a revendiqué des frappes ukrainiennes contre des infrastructures stratégiques dans l'oblast de Moscou, notamment un dépôt de carburant et des centres logistiques. Cette offensive s'inscrit dans une campagne de plusieurs semaines qui paralyse l'appareil de raffinage russe et provoque des pénuries de carburant dans plusieurs régions.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le 20 juillet 2026, Volodymyr Zelensky a revendiqué des frappes sur un dépôt pétrolier et des centres logistiques dans l'oblast de Moscou, ainsi que sur six navires russes en mer Noire
- Le 6 juillet, des drones ukrainiens ont frappé la raffinerie d'Omsk à 2 700 km de la frontière, forçant l'arrêt de la principale source d'essence russe
- Plusieurs régions russes, dont Penza, Irkoutsk et la Crimée occupée, ont déclaré l'état d'urgence en juillet face aux pénuries de carburant
- La raffinerie de Moscou ne devrait pas pouvoir redémarrer en 2026 selon des sources industrielles citées par Reuters
- Les frappes du 17 juillet contre des entrepôts Wildberries ont tué sept employés et visaient des composants pour drones militaires russes
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a confirmé ce lundi 20 juillet avoir frappé des cibles stratégiques dans la région de Moscou. Dans un message publié sur X, il revendique des attaques contre un dépôt pétrolier et plusieurs centres logistiques, affirmant répondre aux bombardements russes sur les villes ukrainiennes.
Ces frappes s’inscrivent dans une stratégie délibérée de Kyiv : cibler les infrastructures énergétiques et logistiques russes pour affaiblir l’effort de guerre du Kremlin. Selon le Kyiv Independent, les opérations de la nuit du 20 juillet ont également endommagé sept navires russes en mer Noire, dont trois pétroliers et quatre cargos.
Une campagne de frappes sans précédent
L’Ukraine a intensifié depuis début juillet ses attaques de drones contre les raffineries russes, frappant des cibles situées jusqu’à 2 700 kilomètres de la frontière. Le 6 juillet, des drones ont touché la raffinerie d’Omsk, principal producteur d’essence du pays, forçant l’arrêt complet de ses opérations dès le lendemain, selon le centre d’analyse CEPA.
Dans la nuit du 13 au 14 juillet, le complexe géant Gazprom Neftekhim Salavat au Bachkortostan a été endommagé, rapporte Ukrainska Pravda. Il s’agissait de la dernière grande raffinerie d’essence russe encore épargnée en 2026. D’après des sources industrielles citées par Reuters, la raffinerie de Moscou exploitée par Gazprom Neft ne devrait pas pouvoir redémarrer sa production cette année à cause des dégâts.
Les infrastructures logistiques sont également visées. Dans la nuit du 17 au 18 juillet, une attaque massive de drones a frappé des entrepôts de la société Wildberries près de Moscou et dans la région de Tambov, provoquant des incendies et la mort de huit employés, selon The Moscow Times. Le Kyiv Post explique que ces entrepôts stockent et acheminent des composants importés sous sanctions, essentiels à la production de drones militaires et d’équipements de navigation russes.
Pénuries de carburant et état d’urgence en Russie
Les conséquences de cette campagne se font sentir sur le terrain. En juillet 2026, la Russie fait face à de graves pénuries de gazole et d’essence. Plusieurs régions, dont Penza, Irkoutsk et le Zabaïkalie, ainsi que la Crimée occupée, ont déclaré l’état d’urgence à la mi-juillet, selon des informations compilées par Wikipedia.
L’Agence France-Presse rapporte que les provinces russes connaissent des fermetures successives de stations-service et une flambée des prix à la pompe. TF1 Info avait déjà documenté en juillet ces difficultés d’approvisionnement, qui perturbent le quotidien des habitants et l’activité économique.
Ces pénuries révèlent la vulnérabilité de l’économie russe face aux capacités de frappe à longue portée développées par l’Ukraine. Le pays dépend de son réseau de raffineries pour alimenter son économie et son effort militaire, et les attaques ukrainiennes ciblent précisément ces points névralgiques.
Contexte de la guerre énergétique russo-ukrainienne
La guerre lancée par la Russie en février 2022 a rapidement pris une dimension énergétique. Moscou a tenté d’utiliser ses exportations de gaz et de pétrole comme arme de pression contre l’Europe, tandis que les sanctions occidentales visaient à affaiblir les capacités de financement du Kremlin.
L’Ukraine a progressivement développé ses propres capacités de frappe à longue distance, notamment avec des drones de conception nationale. Ces systèmes, moins coûteux que les missiles de croisière, permettent de frapper en profondeur le territoire russe et de compenser l’infériorité numérique ukrainienne en artillerie et en aviation.
Jusqu’au début de 2026, les frappes ukrainiennes visaient principalement des raffineries situées dans les régions frontalières. L’attaque contre Omsk en juillet marque un tournant : elle démontre que Kyiv peut désormais atteindre des cibles au cœur de la Sibérie, à des milliers de kilomètres du front.
La stratégie ukrainienne expliquée aux lecteurs français
Pour le public français, cette escalade illustre une évolution majeure du conflit. L’Ukraine ne se limite plus à la défense de son territoire : elle mène une guerre économique et logistique visant à épuiser les ressources russes. Les frappes contre les raffineries cherchent à réduire les revenus pétroliers de Moscou, principal financement de l’effort de guerre, tout en perturbant l’approvisionnement des forces armées russes en carburant.
Le ciblage des hubs logistiques répond à une autre logique : empêcher l’acheminement de composants électroniques et de pièces détachées, souvent importés via des pays tiers malgré les sanctions, et utilisés pour fabriquer des drones kamikazes ou des systèmes de guidage de missiles.
Zelensky justifie cette stratégie en invoquant la nécessité de répondre aux bombardements russes sur les villes ukrainiennes. Dans son message du 20 juillet, il souligne que mettre fin à la guerre nécessite d’augmenter la pression sur la Russie, seule responsable du conflit selon lui.
Impact sur le front et les positions internationales
Les observateurs militaires notent que cette guerre énergétique produit des effets tangibles. La réduction de la production de carburant complique la logistique des armées russes, qui dépendent de convois de ravitaillement pour maintenir leurs opérations le long d’un front de plus de 1 000 kilomètres.
Les pénuries civiles créent également des tensions internes en Russie, même si les médias d’État minimisent l’ampleur du problème. Les files d’attente devant les stations-service et la hausse des prix alimentent le mécontentement dans des régions éloignées de Moscou, traditionnellement moins concernées par le conflit.
Du côté des alliés occidentaux de l’Ukraine, ces frappes en profondeur soulèvent des questions. Certains capitales européennes, dont Paris, ont exprimé des réserves sur l’escalade du conflit, craignant une réponse russe imprévisible. D’autres, comme les pays baltes et la Pologne, soutiennent pleinement la stratégie ukrainienne, estimant qu’elle accélère l’épuisement des capacités russes.
Prochaine étape : maintenir la pression
Zelensky a indiqué que l’Ukraine continuerait à frapper les infrastructures russes tant que Moscou bombarderait les villes ukrainiennes. Les analystes anticipent une poursuite des attaques de drones dans les semaines à venir, ciblant potentiellement d’autres raffineries ou des nœuds ferroviaires stratégiques.
La capacité de l’Ukraine à maintenir cette campagne dépendra de sa production de drones et de l’approvisionnement en composants électroniques. Kyiv travaille également à obtenir de ses alliés occidentaux l’autorisation d’utiliser des missiles à plus longue portée contre le territoire russe, une décision qui reste pour l’instant bloquée par plusieurs capitales européennes et Washington.