Un drone neutralisé à 13 kilomètres du porte-avions Charles de Gaulle en Suède
L'armée suédoise a brouillé mercredi 25 février un appareil d'origine inconnue lors de l'escale du navire français à Malmö
Le mercredi 25 février 2026, un drone d'origine inconnue a été détecté puis neutralisé par les forces armées suédoises dans le détroit d'Oresund, à environ 13 kilomètres du porte-avions Charles de Gaulle. Le navire amiral français effectuait une escale historique à Malmö, première visite d'un porte-avions français en Suède, avant de participer à plusieurs exercices majeurs de l'OTAN en mer Baltique. L'incident, qui n'a pas perturbé les opérations du groupe aéronaval, intervient dans un contexte de tensions accrues autour des infrastructures stratégiques en Europe du Nord.
- Un drone d'origine inconnue a été neutralisé le 25 février 2026 à environ 13 kilomètres du porte-avions Charles de Gaulle lors de son escale à Malmö
- L'armée suédoise a utilisé un système de brouillage électronique efficace, sans perturbation des opérations du navire français
- Il s'agit de la première escale d'un porte-avions français en Suède, dans le cadre de la mission Lafayette 26 qui durera jusqu'en mai
- Le Charles de Gaulle doit participer à quatre exercices majeurs de l'OTAN : Baltic Sentry, Steadfast Dart, Neptune Strike et Cold Response
- Une fuite de carburants d'origine inconnue a également été détectée dans le port de Malmö, faisant l'objet d'une enquête environnementale
À 13 kilomètres du quai de Malmö où reposait le fleuron de la Marine nationale française, un signal suspect a déclenché l’alerte. Selon BFMTV, un drone a été détecté puis neutralisé ce mercredi 25 février par les forces suédoises, alors qu’il se dirigeait vers le porte-avions Charles de Gaulle. L’appareil évoluait dans le détroit d’Oresund, cette étroite bande maritime qui sépare la Suède du Danemark, théâtre d’une surveillance militaire accrue depuis l’adhésion de Stockholm à l’OTAN.
Un dispositif de brouillage électronique efficace
L’intervention des forces suédoises s’est révélée rapide et efficace. Comme l’a confirmé à l’AFP le colonel Guillaume Vernet, porte-parole de l’état-major français, cité par Le Dauphiné Libéré : « Un drone a été brouillé hier par un dispositif suédois à environ 7 nautiques (près de 13 kilomètres) du Charles de Gaulle. Le dispositif suédois a parfaitement fonctionné et cela n’a pas perturbé le bord. » La technique de brouillage consiste à perturber la transmission entre l’appareil et son opérateur, ou à le priver de ses outils d’orientation en utilisant des moyens de guerre électronique.
L’état-major des armées françaises, interrogé par Franceinfo, a précisé qu’il n’était pas possible de confirmer avec certitude l’origine du drone, son intention hostile ou malveillante, ni même s’il était effectivement dirigé vers le porte-avions. Après son brouillage, l’engin a disparu des écrans radar, laissant planer le doute : s’est-il abîmé en mer ou a-t-il regagné son point de départ ? Plusieurs médias suédois ont évoqué la possibilité qu’il ait décollé d’un bâtiment russe quelques minutes avant sa détection, sans que cette hypothèse puisse être confirmée officiellement.
Une escale historique dans un contexte géopolitique tendu
L’arrivée du Charles de Gaulle à Malmö le 24 février 2026 marque un jalon dans les relations franco-suédoises. C’est la première fois que le porte-avions français, à propulsion nucléaire, fait escale en Suède. L’attaché de défense français dans le pays a souligné l’importance symbolique de cette visite, selon BFMTV, en déclarant qu’elle contribuait à « renforçant ainsi la sécurité maritime dans la région et soulignant les liens opérationnels étroits avec notre allié suédois ».
Le navire poursuit sa « mission Lafayette 26 » en Atlantique Nord, après avoir appareillé le 27 janvier de Toulon et participé à l’exercice majeur « Orion 26 » mené par la France. Le contre-amiral Thibault Haudos de Possesse a expliqué la stratégie de déploiement dans des propos rapportés par BFMTV : « Le porte-avions et son escorte permet de déployer beaucoup de frégates d’escorte pour faire des exercices dans la Baltique, des exercices en mer de Norvège, des exercices plus au loin dans l’Atlantique. »
Une série d’exercices OTAN programmés jusqu’en mai
Le déploiement du groupe aéronaval français dans les eaux nordiques s’inscrit dans un calendrier opérationnel chargé. Selon Le Parisien, le Charles de Gaulle doit participer jusqu’en mai à plusieurs exercices majeurs : Baltic Sentry en mer Baltique, destiné à dissuader les menaces contre les infrastructures sous-marines après des coupures de câbles attribuées à Moscou, Steadfast Dart également en Baltique, Neptune Strike, ainsi que Cold Response, un exercice multinational organisé par la Norvège.
Cette présence militaire française massive dans une zone où manœuvrent régulièrement les sous-marins russes de la flotte du Nord et de la Baltique envoie un signal politique fort. L’ambassadeur de France en Suède, Thierry Carlier, a déclaré à l’AFP, selon Le Parisien : « La présence du porte-avions est un signal très important effectivement, cela montre que la France est capable de déployer son groupe aéronaval, qui est un instrument majeur de projection de puissance et de le faire travailler en interopérabilité avec les capacités de nos alliés. »
Un incident environnemental parallèle sous enquête
L’incident du drone n’est pas le seul événement préoccupant survenu lors de l’escale malmöenne. Les gardes-côtes suédois ont annoncé la détection d’une fuite de carburants dans le port, près du porte-avions français. Comme l’indique France Bleu, les autorités ont précisé dans un message à l’AFP :
« Nous pouvons confirmer qu’un déversement de carburants s’est produite dans le port de Malmö, où est amarré le porte-avions français Charles de Gaulle. Deux pétroliers sont également amarrés dans ce port. »
Les garde-côtes ont ouvert une enquête préliminaire pour infraction environnementale, sans pouvoir déterminer à ce stade l’origine de cette pollution. Le lien éventuel entre la fuite et le porte-avions à propulsion nucléaire n’a pas été établi, d’autant que deux pétroliers se trouvaient également à quai dans le port au moment des faits.
Un précédent inquiétant en France métropolitaine
L’incident de Malmö rappelle une série d’intrusions similaires survenues récemment sur le territoire français. Selon BFMTV, moins de trois mois auparavant, des drones avaient survolé la base navale de l’Île Longue, dans le Finistère, qui abrite les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins français. Une enquête avait été confiée au parquet militaire de Rennes, même si le porte-parole de la préfecture maritime avait alors indiqué que « les infrastructures sensibles n’avaient pas été menacées ».
Ces intrusions répétées autour d’installations militaires stratégiques, qu’elles soient françaises ou lors de déploiements à l’étranger, soulèvent des questions sur la vulnérabilité des forces armées face aux menaces aériennes de petite taille. Le groupe aéronaval français comprend le porte-avions et ses avions embarqués, mais aussi plusieurs frégates d’escorte, un ravitailleur et un sous-marin d’attaque, formant un dispositif de protection théoriquement hermétique. L’efficacité du système de défense suédois à Malmö démontre néanmoins que la coopération entre alliés peut pallier les angles morts de surveillance. Reste à savoir si ces incidents isolés préfigurent une nouvelle forme de guerre de l’information et d’intimidation dans les espaces maritimes contestés d’Europe du Nord.
Sources
- BFMTV (26 février 2026)
- Franceinfo (26 février 2026)
- Le Parisien (26 février 2026)
- Le Dauphiné Libéré (26 février 2026)
- France Bleu (26 février 2026)
- TF1 Info (26 février 2026)