Valence : le procès du lycéen qui projetait un attentat au couteau s’ouvre à Paris
Sofiane E., 22 ans, comparaît depuis le 11 juin 2026 devant la cour d'assises spéciale de Paris pour un projet d'attaque terroriste déjoué en mai 2022 à Valence.
Interpellé en mai 2022 alors qu'il préparait une attaque au couteau contre des passants sur les berges du Rhône, Sofiane E. est jugé depuis le 11 juin 2026 par la cour d'assises spéciale de Paris. Ce Valentinois de 22 ans était lycéen au moment des faits. Le procès se poursuit ce 12 juin.
L’essentiel
- Interpellation : Sofiane E., 18 ans, arrêté le 20 mai 2022 par la DGSI à Bourg-lès-Valence avant de passer à l’acte.
- Qualification : mis en examen le 24 mai 2022 pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle », placé en détention provisoire.
- Cible visée : des passants sur les berges du Rhône (secteur Valence/Guilherand-Granges) ou dans le centre-ville, de préférence un mercredi ou un samedi.
- Commanditaire présumé : un djihadiste basé en Syrie, agissant au nom de l’État islamique.
- Procès : ouvert le 11 juin 2026 devant la cour d’assises spéciale de Paris ; deuxième audience le 12 juin 2026.
Une interpellation à quelques jours de l’attentat
Le 20 mai 2022, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) intervient à Bourg-lès-Valence. Sofiane E., lycéen de 18 ans résidant dans l’agglomération valentinoise, est placé en garde à vue. Selon Le Parisien, les services de renseignement avaient intercepté ses échanges avec un membre de l’État islamique installé en Syrie. Le projet était concret : une attaque au couteau contre des passants dans un espace fréquenté du bord du Rhône, à la frontière de Valence et Guilherand-Granges, ou dans le centre-ville.
Selon ICI Drôme Ardèche, Sofiane E. envisageait de frapper « plutôt le mercredi ou le samedi, jour des enfants ». Cette précision, issue des échanges interceptés, illustre le degré de préparation du projet.
Quatre jours après l’interpellation, le 24 mai 2022, il est mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » - qualification criminelle - et placé en détention provisoire, où il restera jusqu’au procès.
Un lycéen radicalisé en ligne, selon son père
En juin 2022, le père de Sofiane E. s’exprime sur BFMTV. Il décrit un fils « piégé par Daesh » après avoir été contacté en ligne par un djihadiste en Syrie. Le mécanisme décrit est celui d’une radicalisation à distance : échanges progressifs sur des plateformes numériques, embrigadement, puis passage à la planification d’un acte violent.
Le profil du jeune homme - lycéen, sans antécédents judiciaires connus au moment des faits - correspond à un schéma documenté par les services antiterroristes : des individus jeunes, sans lien direct avec des réseaux physiques, ciblés et guidés à distance par des membres de l’organisation État islamique.
La question de la sécurité dans les établissements scolaires et des espaces publics reste un enjeu permanent pour les services de l’État. Des dispositifs de sensibilisation existent par ailleurs, comme celui mené à Vernon auprès de 248 lycéens sur les risques liés aux comportements à risque.
Quatre ans de détention avant le procès
Sofiane E. a été maintenu en détention provisoire pendant près de quatre ans avant l’ouverture de son procès. Cette durée, longue mais légalement possible en matière terroriste, s’explique par la complexité des affaires de ce type : coordination avec le Parquet national antiterroriste (PNAT), instruction approfondie des échanges numériques, identification des interlocuteurs à l’étranger.
Il comparaît aujourd’hui devant la cour d’assises spéciale de Paris - juridiction compétente pour les affaires terroristes en France, composée de magistrats professionnels sans jury populaire. Il a 22 ans. Les faits remontent à ses 18 ans.
Les affaires de mise en examen pour des faits graves impliquant des profils similaires font régulièrement l’actualité judiciaire, comme ce dossier en Essonne qui a mobilisé la justice pour une autre forme de criminalité organisée.
Contexte dans la Drôme
Valence, préfecture de la Drôme, est une ville de près de 65 000 habitants. L’agglomération valentinoise dépasse les 200 000 habitants en intégrant les communes limitrophes comme Guilherand-Granges, en Ardèche, directement mentionnée dans le dossier comme zone cible potentielle de l’attaque.
La Drôme n’avait pas, jusqu’à cette affaire, été directement impliquée dans un dossier de terrorisme islamiste à ce niveau de qualification. Le département est davantage associé à des problématiques de sécurité liées au trafic de stupéfiants sur l’axe rhodanien. L’affaire Sofiane E. constitue donc un cas isolé mais documenté de radicalisation locale, avec un projet qui aurait pu viser un espace public très fréquenté.
Les berges du Rhône entre Valence et Guilherand-Granges sont un lieu de promenade habituel pour les habitants de l’agglomération, particulièrement les week-ends. Le choix de cette cible, tel qu’il ressort des sources, visait précisément ce flux de population.
La DGSI, dont l’intervention a permis de déjouer le projet, opère au niveau national. Son action dans ce dossier drômois illustre la surveillance exercée sur des individus radicalisés en ligne, y compris dans des villes moyennes éloignées des grandes métropoles.
Un verdict attendu dans les prochains jours
L’audience s’est ouverte le 11 juin 2026 et se poursuivait ce 12 juin devant la cour d’assises spéciale. La durée exacte des débats et la date du délibéré n’ont pas été précisées par les sources disponibles à ce stade. Sofiane E. encourt, pour la qualification retenue d’association de malfaiteurs terroriste criminelle, une peine pouvant aller jusqu’à trente ans de réclusion criminelle.
Sources
- Le Parisien : L'inquiétant projet d'attentat imminent de Sofiane E., lycéen de 18 ans
- ICI (ex-France Bleu) : Projet d'attentat terroriste à Valence : le procès de Sofiane E. s'ouvre devant la cour d'assises spéciale à Paris
- BFMTV : "Il s'est fait piéger par Daesh" : le père d'un lycéen qui projetait un attentat témoigne
- ICI Drôme Ardèche : Projet d'attentat à Valence : le lycéen voulait attaquer au couteau des passants dans le centre-ville
