Valenton : une famille porte plainte contre l’Ehpad Emeis pour négligences mortelles
Denise Kozjan, 85 ans, est décédée le 17 février 2026. Ses enfants accusent l'établissement de maltraitances. Le parquet de Créteil a ouvert une enquête.
La famille Kozjan a déposé plainte le 30 avril 2026 contre l'Ehpad Emeis de Valenton, dans le Val-de-Marne. Leur mère, Denise Kozjan, 85 ans, est morte le 17 février dans cet établissement. Ses trois enfants accusent le groupe, ex-Orpea, de négligences et maltraitances ayant causé son décès.
La famille de Denise Kozjan, 85 ans, ancienne couturière atteinte d’Alzheimer, a déposé plainte le 30 avril 2026 contre l’Ehpad Emeis de Valenton. Leurs accusations : négligences et maltraitances ayant conduit au décès de leur mère, survenu le 17 février 2026. Le parquet de Créteil a ouvert une enquête, selon Le Parisien.
L’essentiel
- Décès : Denise Kozjan est morte le 17 février 2026 à l’Ehpad Emeis de Valenton, cause officielle indiquée : insuffisance cardiaque.
- Plainte : Ses trois enfants - Patricia, Nathalie et Stéphane Kozjan - ont déposé plainte le 30 avril 2026 pour négligences et maltraitances présumées.
- Enquête : Le parquet de Créteil a ouvert une enquête suite à cette plainte.
- Groupe : L’Ehpad de Valenton appartient à Emeis, anciennement Orpea, groupe déjà visé par un scandale national révélé en 2022.
- Contexte national : 55 Ehpad ont fait l’objet de sanctions graves en France depuis le scandale Orpea, sur 7 500 établissements contrôlés à 96%.
Une mort contestée, une plainte déposée
Denise Kozjan est décédée le 17 février 2026 à l’Ehpad Emeis situé à Valenton, commune du Val-de-Marne. Le certificat de décès mentionne une insuffisance cardiaque. Ses enfants rejettent cette explication. Selon eux, leur mère ne souffrait d’aucun problème cardiaque connu avant son entrée dans l’établissement.
Patricia, Nathalie et Stéphane Kozjan affirment avoir rendu visite à leur mère quotidiennement jusqu’à sa mort. C’est cette présence régulière qui les a conduits, disent-ils, à constater des faits qu’ils qualifient de négligences et maltraitances. Leur phrase résume leur conviction : « Ils ont peut-être tué notre mère », rapporte Le Parisien.
La plainte a été officiellement enregistrée le 30 avril 2026. Le parquet de Créteil a confirmé l’ouverture d’une enquête. Les investigations sont en cours ; aucune mise en examen ni audition formelle n’a été rendue publique à ce stade.
L’établissement dans le viseur : Emeis, héritier d’Orpea
L’Ehpad de Valenton appartient au groupe Emeis, rebaptisé ainsi après le scandale Orpea de 2022. Le livre Les Fossoyeurs de Victor Castanet avait exposé des pratiques de restrictions budgétaires sévères et des maltraitances systémiques dans plusieurs établissements du groupe à travers la France.
Quatre ans après, selon La Croix, Emeis affiche des résultats financiers en redressement, mais la situation « reste fragile ». La réputation du groupe demeure entachée. Cette affaire de Valenton rouvre des questions sur les pratiques de terrain dans ses établissements.
Emeis n’a pas réagi publiquement à la plainte de la famille Kozjan, selon les informations disponibles à la date de publication de cet article.
Contexte dans le Val-de-Marne
Valenton est une commune d’environ 12 000 habitants, située au sud-est du Val-de-Marne. Le département compte une population vieillissante comparable à la moyenne francilienne, avec une forte densité d’Ehpad publics et privés. L’établissement Emeis de Valenton s’inscrit dans un tissu local où la prise en charge des personnes âgées dépendantes est une préoccupation constante des familles et des élus.
Le parquet de Créteil, compétent pour l’ensemble du Val-de-Marne, est désormais saisi. Les enquêtes pour négligences mortelles en Ehpad mobilisent généralement les services de police judiciaire et peuvent inclure des auditions du personnel soignant et de direction, ainsi qu’une analyse du dossier médical. Les délais restent difficiles à anticiper à ce stade.
Un signal dans un contexte national sous surveillance
L’affaire Kozjan n’est pas isolée. Depuis le scandale Orpea de 2022, le gouvernement a lancé un plan de contrôle portant sur 96 % des 7 500 Ehpad français. Bilan à ce stade : 55 établissements ont écopé de sanctions graves - fermetures ou mises sous tutelle - pour maltraitances ou dysfonctionnements, selon L’Humanité et Actu.fr. En 2025, 11 % des établissements contrôlés étaient jugés en situation dégradée.
Des plaintes similaires existent. En 2019, une famille de Rouen avait accusé un Ehpad d’avoir précipité le décès d’un proche par maltraitance, selon BFMTV. Ce type de procédure judiciaire reste long et l’issue incertaine, les preuves médicales étant souvent difficiles à établir a posteriori.
La question de la mise en examen dans des affaires de maltraitance dépend des éléments recueillis lors de l’enquête préliminaire. Dans ce dossier, le parquet de Créteil n’a pas encore précisé le cadre juridique retenu.
Ce que dit - et ne dit pas - la procédure
À ce jour, la plainte est déposée et l’enquête ouverte. Aucune qualification pénale précise (homicide involontaire, mise en danger de la vie d’autrui, non-assistance à personne en danger) n’a été rendue publique par le parquet. L’établissement n’a pas, à ce stade, communiqué de position officielle.
Les familles qui s’engagent dans ce type de procédure font face à des investigations pouvant durer plusieurs années. Le dossier médical de Denise Kozjan constituera la pièce centrale de l’enquête. La famille est accompagnée, selon Le Parisien, dans ses démarches judiciaires, sans que l’identité de l’avocat n’ait été précisée dans les sources disponibles.
Des associations de défense des droits des personnes âgées en établissement, actives depuis le scandale de 2022, suivent régulièrement ce type d’affaire au niveau national. Leur éventuelle implication dans ce dossier n’a pas été confirmée.
L’enquête du parquet de Créteil déterminera si les conditions du décès de Denise Kozjan justifient des poursuites. La famille Kozjan attend désormais que la justice se prononce sur les circonstances de la mort de leur mère.
Sources
- Le Parisien : « Ils ont peut-être tué notre mère » : une famille porte plainte contre un Ehpad de Valenton
- La Croix : Emeis, ex-Orpea : quatre ans après le scandale, le groupe « remonte la pente, mais cela reste fragile »
- L'Humanité : 3 ans après le scandale Orpéa, combien d'Ehpad ont été sanctionnés ?
- Actu.fr : Scandale des Ehpad : la liste des 55 structures qui ont écopé de sanctions graves