Var : 2 173 logements sociaux lancés en 2025, mais 37 000 demandes toujours en attente
Le préfet Simon Babre dresse un bilan « bien mais peut mieux faire » et détaille les leviers pour accélérer la production dans le département.
Le préfet du Var a présenté mercredi 3 juin 2026 un bilan contrasté du logement social. Année record avec 2 173 logements financés, mais 37 000 ménages restent sans réponse. Les outils pour accélérer sont renforcés.
L’essentiel
- Record 2025 : 2 173 logements sociaux financés dans le Var, via 22 M€ engagés par la DDTM et 4,5 M€ de subventions.
- Demande non satisfaite : près de 37 000 ménages ont déposé une demande de logement social dans le département ; 3 730 attributions seulement ont été réalisées en 2025.
- Loi SRU : 44 communes varoises soumises à l’obligation, seule La Garde atteint le seuil légal (~25-28 %) ; prélèvement cumulé de 14,6 M€.
- Leviers : 26 contrats de mixité sociale signés (record départemental), bonus recyclage foncier reconduit en 2026 (35 000 €/logement transformé).
- Contexte : le Var gagne 7 500 habitants par an (+0,7 %/an), au-dessus des moyennes régionale et nationale.
Un bilan officiel en demi-teinte
Le préfet du Var Simon Babre a réuni la presse mercredi 3 juin 2026 pour dresser le bilan du logement social dans le département. Son verdict, cité par ICI Provence : « Bien mais peut mieux faire. » L’équation est simple. D’un côté, 2 173 logements sociaux financés ou programmés en 2025, un record depuis 2018 selon la préfecture. De l’autre, près de 37 000 ménages en attente d’un logement, pour seulement 3 730 attributions réalisées sur l’année.
Le compte n’y est pas. Même avec une année record, le stock de demandes non satisfaites représente plus de dix fois le nombre d’attributions annuelles. Le préfet n’a pas esquivé ce rapport de forces.
2 173 logements : ce que cache le chiffre
Les 2 173 logements financés en 2025 reposent sur 22 M€ engagés par la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), complétés par 4,5 M€ de subventions directes, selon le site de la préfecture. Trente pour cent de ces logements ont bénéficié du bonus recyclage foncier, un dispositif qui prime la transformation de locaux existants (35 000 €/logement) ou la démolition-reconstruction (15 000 €/logement). Ce bonus est reconduit en 2026.
Parmi les communes qui affichent de bonnes performances SRU : Toulon, La Seyne-sur-Mer, La Valette, Fréjus. Solliès-Pont a dépassé son objectif triennal. Ces résultats contrastent avec la situation d’autres communes, nettement en retard sur leurs obligations légales. Pour accompagner la production, la mobilisation des bailleurs sociaux reste un levier clé dans plusieurs territoires français.
La loi SRU : 44 communes concernées, une seule en règle
C’est le point le plus problématique du bilan. Sur 44 communes varoises soumises à l’obligation de 20 à 25 % de logements sociaux (loi SRU), une seule - La Garde - atteint le seuil légal, avec environ 25 à 28 % de son parc, selon la préfecture. Les 36 autres communes soumises au bilan triennal 2023-2025 vont faire l’objet d’entretiens individuels avec les services de l’État dans les semaines à venir.
Les communes en situation de carence s’exposent à un transfert de compétence : le préfet reprend alors la délivrance des permis de construire pour les logements sociaux. C’est déjà le cas à Carqueiranne, commune sans contrat de mixité sociale, comme l’indique la préfecture. Le prélèvement SRU cumulé dans le Var atteint 14,6 M€, sommes reversées pour financer de nouveaux projets.
Les contrats de mixité sociale, outil phare
Pour éviter la procédure de carence, les communes peuvent signer un contrat de mixité sociale (CMS) avec l’État. Ces contrats fixent un calendrier de rattrapage et ouvrent l’accès aux bonus de subvention. En 2025, 26 CMS ont été signés dans le Var - un record départemental selon la préfecture. C’est l’un des principaux leviers activés pour accélérer la production sans passer par la contrainte.
Le plan Logement d’abord a également produit des résultats sur la période 2023-2025 : 889 attributions à des personnes issues de l’hébergement ou de la rue, 535 places supplémentaires en intermédiation locative, 24 places en pensions de famille, 533 logements en résidences sociales, toujours selon les données préfectorales.
Contexte dans le Var
Le Var est l’un des départements à la croissance démographique la plus soutenue de France métropolitaine. Il gagne environ 7 500 habitants par an, soit +0,7 %/an, contre +0,4 % pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et +0,3 % à l’échelle nationale, selon l’INSEE et les données de la préfecture. Cette pression démographique se traduit directement sur la demande de logements.
À Toulon, la pression est redoublée par un facteur économique spécifique. Le préfet Babre a évoqué lors de son point presse un « moment historique » lié au programme du porte-avions France Libre, dont la construction et la maintenance mobilisent un nombre croissant de salariés dans les industries de la défense. Loger ces travailleurs est devenu, selon lui, un enjeu économique direct pour le département. Ce lien entre logement social et tissu industriel local illustre un sujet que d’autres préfets portent également dans leurs territoires respectifs.
La demande locative sociale dans le Var reste structurellement supérieure à la capacité de production annuelle, quelle que soit l’année. Les 36 communes en bilan triennal vont être reçues par les services de l’État dans les prochaines semaines. Selon leur niveau d’atteinte des objectifs SRU, certaines pourraient faire l’objet d’un arrêté de carence - avec les transferts de compétences qui en découlent, comme à Carqueiranne.
Sources
- Préfecture du Var : Poursuivre la dynamique engagée en 2025 – Logement social dans le Var
- ICI Provence (France Bleu) : Année record pour le logement social dans le Var mais toujours 39 000 familles en attente
- @Prefet83 (compte officiel préfecture du Var) : Bilan logement social Var 2025 – tweet officiel
- INSEE : Dossier complet – Département du Var (83)