Vaucluse : un réseau franco-belge de trafic d’or démantelé, 20 suspects et 3,78 M€ saisis

Les gendarmes du Vaucluse, avec la SR de Marseille et l'OCLDI, ont neutralisé un réseau serbo-croate spécialisé dans le vol et le recel de bijoux en or entre la France et la Belgique.

Vaucluse : un réseau franco-belge de trafic d'or démantelé, 20 suspects et 3,78 M€ saisis
Illustration Raphaël Mistral / info.fr

En deux vagues d'opérations, en janvier puis en mai 2026, les gendarmes ont démantelé un réseau international de vol et recel de bijoux en or ancré près d'Avignon. Vingt suspects ont été interpellés. Le butin saisi dépasse 3,78 millions d'euros.

L’enquête avait démarré en 2024, après la découverte d’un receleur opérant à proximité d’Avignon. Deux ans plus tard, le réseau qu’il alimentait est neutralisé. Vingt individus ont été mis hors circuit, selon les informations croisées de la gendarmerie nationale et de plusieurs médias régionaux.

L’essentiel

  • 26 janvier 2026 : première vague d’opérations simultanées en France et en Belgique - 15 individus interpellés, dont 9 en France et 6 en Belgique.
  • 3 millions d’euros de bijoux en or saisis lors de la première vague, plus 780 000 euros d’avoirs criminels incluant des articles de luxe.
  • 5 mai 2026 : seconde vague dans le Vaucluse, l’Hérault et le Gard - 5 nouveaux suspects arrêtés, 100 000 euros supplémentaires saisis.
  • 20 suspects au total, dont 1 en détention provisoire et 4 sous contrôle judiciaire après comparution les 6 et 7 mai 2026.
  • Coopération internationale : police judiciaire fédérale de Liège, Eurojust et Europol impliqués.

Une enquête lancée depuis Avignon en 2024

Tout part d’un receleur repéré dans le secteur d’Avignon. La découverte, en 2024, déclenche une instruction confiée à un juge d’Avignon. Les gendarmes du groupement du Vaucluse s’associent rapidement à la Section de recherches (SR) de Marseille et à l’antenne de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) de Toulouse, spécialisée dans les réseaux de cambrioleurs mobiles.

L’enquête met progressivement en lumière une organisation structurée, d’origine serbo-croate selon la gendarmerie nationale, opérant entre la France, la Belgique et d’autres pays d’Europe du Sud.

Des villas huppées ciblées de la France au Portugal

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Le mode opératoire est rodé. Des cambrioleurs s’attaquent à des résidences de standing en France, en Espagne et au Portugal. Bijoux en or, montres et accessoires de luxe sont emportés. Le butin ne reste pas brut : il est fondu en lingots dans un atelier proche d’Avignon, selon France 3 Régions.

Les lingots sont ensuite acheminés vers la Belgique. La gendarmerie a dénombré au moins 40 voyages effectués à cette fin. En Belgique, le produit de ces trafics est blanchi via des investissements immobiliers et des achats de biens de luxe, d’après les éléments de l’instruction communiqués par la gendarmerie nationale.

Ce schéma - vol, fonte, transport, blanchiment - est caractéristique des réseaux dits « itinérants », qui exploitent la mobilité transfrontalière pour brouiller les pistes. Ce type de démantèlement rappelle des affaires similaires traitées à l’échelle européenne, comme le démantèlement de Crimenetwork, marketplace germanophone de la cybercriminalité organisée, tombée deux fois en dix-huit mois.

26 janvier 2026 : la première vague frappe des deux côtés de la frontière

Le 26 janvier 2026, les gendarmes coordonnent des opérations simultanées en France et en Belgique. Résultat : 15 individus interpellés - 9 en France, 6 en Belgique. La gendarmerie nationale confirme sur X la saisie de près de 3 millions d’euros de bijoux en or, ainsi que plus de 780 000 euros d’avoirs criminels, incluant des articles de luxe.

L’opération a bénéficié d’une coopération avec la police judiciaire fédérale de Liège, Eurojust et Europol. La coordination judiciaire internationale a permis de synchroniser les perquisitions et les arrestations pour éviter toute fuite.

5 mai 2026 : une seconde vague dans trois départements

L’instruction n’est pas close pour autant. Le 5 mai 2026, une deuxième vague d’arrestations cible cinq suspects supplémentaires - cambrioleurs et blanchisseurs - répartis entre le Vaucluse, l’Hérault et le Gard, selon La Provence et Ici.fr.

Lors de ces nouvelles perquisitions, plus de 100 000 euros d’avoirs sont saisis : biens de luxe, comptes bancaires, cryptomonnaies, armes et munitions. Les cinq mis en cause sont présentés à un juge les 6 et 7 mai 2026. Quatre sont placés sous contrôle judiciaire. Un est écroué en détention provisoire.

Le total grimpe ainsi à 20 suspects mis en cause depuis le début de l’opération, pour un volume global de saisies dépassant 3,78 millions d’euros.

Contexte dans le Vaucluse

Le Vaucluse compte environ 570 000 habitants (INSEE). Le département est régulièrement exposé à la délinquance itinérante du fait de sa position géographique, à la confluence des axes autoroutiers vers l’Italie, l’Espagne et le nord de l’Europe.

Les chiffres officiels de la préfecture de Vaucluse montrent pourtant une évolution contrastée : les cambriolages ont reculé de 8,3 % en 2024 par rapport à 2023. La délinquance générale, elle, progressait sur la même période de 3,4 %, selon le bilan des forces de sécurité publique publié en 2025. Le démantèlement de ce réseau s’inscrit dans cet effort de réduction des atteintes aux biens dans les zones résidentielles aisées du département.

Le parquet et le juge d’instruction d’Avignon pilotent l’ensemble de la procédure depuis l’origine. Les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour identifier précisément les victimes des cambriolages commis en France et à l’étranger, et pour évaluer l’intégralité des avoirs susceptibles d’être saisis, indique la gendarmerie nationale sur son site officiel.

Ce type d’enquête complexe, mobilisant plusieurs unités spécialisées sur plusieurs années, illustre la montée en puissance des coopérations judiciaires franco-belges face aux réseaux itinérants. D’autres affaires de criminalité organisée suivent des logiques similaires, comme le dossier de fraude électorale à Bastia, dont le procès en appel a été renvoyé à janvier 2027, ou les interpellations à Toulouse qui illustrent la diversité des faits de délinquance traités par les juridictions du Sud.

Les investigations se poursuivent

La gendarmerie nationale précise que l’enquête n’est pas close. L’identification des victimes des cambriolages commis en France, en Espagne et au Portugal reste un chantier ouvert. Le nombre exact de faits imputables au réseau n’a pas encore été arrêté à ce stade.

La prochaine audience devant le juge d’instruction d’Avignon n’a pas été communiquée. Le dossier pourrait encore connaître de nouvelles ramifications, selon les éléments recueillis lors des deux vagues d’interpellations.

Sources

Raphaël Mistral

Raphaël Mistral

Raphaël est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Vaucluse (84), avec Avignon pour chef-lieu. Spécialité du département : Festival Avignon et patrimoine UNESCO Palais des Papes. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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