Vaulx-en-Velin : la justice ordonne le retrait du drapeau palestinien
Le tribunal administratif de Lyon enjoint la mairie LFI de retirer le drapeau sous astreinte de 100 euros par jour, le maire refuse pour l'instant.
Le tribunal administratif de Lyon a ordonné mercredi le retrait du drapeau palestinien hissé sur la mairie de Vaulx-en-Velin. Le maire LFI Abdelkader Lahmar a annoncé son refus d'obtempérer dans l'immédiat, sous peine d'une astreinte de 100 euros par jour.
L’essentiel
- Décision : le tribunal administratif de Lyon a ordonné, mercredi 8 juillet 2026, le retrait du drapeau palestinien de la mairie de Vaulx-en-Velin.
- Astreinte : une astreinte de 100 euros par jour de retard a été prononcée contre la commune.
- Date du pavoisement : le drapeau avait été hissé le samedi 4 juillet 2026, lors du festival « Résonance Palestine ».
- Réaction du maire : Abdelkader Lahmar (LFI), élu en mars 2026, refuse de le retirer « dans l’immédiat » et envisage un recours devant le Conseil d’État.
- Origine de la procédure : le préfet du Rhône, Étienne Guyot, avait saisi la justice en urgence.
Ce qu’a décidé le tribunal
Le tribunal administratif de Lyon a enjoint la mairie de Vaulx-en-Velin de retirer le drapeau palestinien de son fronton. La décision, rendue mercredi 8 juillet 2026, fixe une astreinte de 100 euros par jour de retard en cas de non-exécution, selon les informations rapportées par Lyon Mag, Libération et CNews.
Selon ces mêmes sources, le juge a estimé que le pavoisement constitue une « prise de position de nature politique » contraire au principe de neutralité des services publics. Cette décision intervient en référé, avant un éventuel jugement sur le fond du dossier.
Un drapeau hissé le 4 juillet, lors d’un festival
Le drapeau avait été installé le samedi 4 juillet 2026 à la mairie, à l’occasion du festival local « Résonance Palestine », sur décision du maire. L’association CAPJPO-EuroPalestine avait salué le geste dès le lendemain sur son site, le qualifiant de prise de position en faveur du peuple palestinien.
C’est cette installation qui a conduit le préfet du Rhône, Étienne Guyot, à saisir le tribunal administratif de Lyon en urgence, selon Lyon Mag et Lyon Capitale. La procédure visait précisément le maintien du drapeau sur un bâtiment public.
Le maire refuse d’obtempérer « dans l’immédiat »
Abdelkader Lahmar, maire LFI de Vaulx-en-Velin depuis son élection en mars 2026, a indiqué ne pas avoir l’intention de retirer le drapeau dans l’immédiat. Il dit vouloir attendre des discussions internes à la municipalité ainsi que le jugement sur le fond, selon Libération et CNews.
L’élu justifie le maintien du drapeau par un geste de solidarité avec la population de Gaza, qu’il décrit, selon Libération, comme « livrée aux tourments déchaînés d’une puissance occupante ». Il envisage désormais un recours devant le Conseil d’État et présente ce dossier comme relevant, selon ses propres mots rapportés par Gentside, d’un « débat de société ».
Le tribunal, selon actu.fr, a jugé que ce pavoisement « porte une atteinte grave à la neutralité » du service public communal, un principe qui interdit en principe aux collectivités d’afficher une prise de position sur un conflit international via leurs bâtiments officiels.
Contexte dans le Rhône
Vaulx-en-Velin, commune de l’agglomération lyonnaise, a basculé politiquement en mars 2026 avec l’élection d’Abdelkader Lahmar, candidat LFI, qui a délogé l’ancienne maire socialiste sortante, selon Mediacités et Libération. Le contentieux avec la préfecture du Rhône s’inscrit dans une série de tensions locales autour de l’affichage de positions liées au conflit israélo-palestinien depuis les événements du 7 octobre 2023, un clivage que plusieurs communes françaises ont déjà connu à travers des arrêtés préfectoraux ou des recours devant les tribunaux administratifs.
Le rôle du représentant de l’État dans le département, en l’occurrence le préfet Étienne Guyot, illustre le mécanisme classique de contrôle de légalité : c’est à lui qu’il revient de saisir la justice administrative lorsqu’un acte d’une collectivité lui paraît excéder ses prérogatives, avant tout jugement sur le fond.
Prochaine étape
Le maire de Vaulx-en-Velin a évoqué la possibilité d’un recours devant le Conseil d’État. Aucune date n’a été communiquée à ce stade pour un examen au fond de l’affaire par le tribunal administratif de Lyon.
Sources
- Times of Israël : La justice ordonne à la mairie de Vaulx-en-Velin de retirer le drapeau palestinien
- CAPJPO-EuroPalestine : Bravo à la mairie de Vaulx-en-Velin qui a hissé le drapeau de la Palestine
- Lyon Mag : La justice valide le préfet et ordonne le retrait du drapeau palestinien
- actu.fr Lyon : La justice administrative enjoint la mairie de retirer le drapeau palestinien