Le 21 novembre dernier, lors d'un entretien téléphonique de moins de 15 minutes, Donald Trump a donné une semaine à Nicolás Maduro pour quitter le Venezuela. Selon Reuters, le président vénézuélien avait proposé son départ en échange d'une amnistie complète pour lui, sa famille et plus de 100 responsables de son régime, ainsi que la levée des sanctions américaines et l'abandon des poursuites devant la Cour pénale internationale. Une offre sèchement rejetée par la Maison Blanche, qui considère désormais Maduro comme un trafiquant de drogue à la tête d'une organisation terroriste.
L'essentiel
- Donald Trump a donné un ultimatum de 7 jours à Nicolás Maduro le 21 novembre 2025, expiré le 28 novembre, pour quitter le Venezuela avec sa famille
- Maduro a proposé son départ en échange d'une amnistie pour 100 responsables, la levée des sanctions et l'abandon des poursuites de la CPI, offre rejetée par Trump
- L'entretien téléphonique entre les deux présidents a duré moins de 15 minutes, Trump confirmant publiquement son refus sans détailler les échanges
- Les sanctions américaines ont causé une perte de revenus entre 17 et 31 milliards de dollars au Venezuela, avec une chute de 46% en 2019 puis 50% en 2020
- Washington a fermé l'espace aérien vénézuélien le lendemain de l'expiration de l'ultimatum et renforcé sa présence militaire dans les Caraïbes depuis septembre 2025
L’ultimatum a expiré vendredi dernier. Selon L’Avenir, citant quatre sources proches du dossier, Donald Trump avait accordé à Nicolás Maduro jusqu’au 28 novembre pour quitter le pouvoir et se rendre dans la destination de son choix avec sa famille. Le lendemain de l’expiration de ce délai, le président américain décrétait la fermeture de l’espace aérien au-dessus du Venezuela, marquant une nouvelle escalade dans la confrontation entre Washington et Caracas.
Une proposition d’exil contre l’impunité totale
Lors de cet échange téléphonique du 21 novembre, Nicolás Maduro aurait tenté de négocier les conditions de son départ. D’après les informations de Reuters, le dirigeant vénézuélien a posé plusieurs conditions : une amnistie complète pour lui et sa famille, l’extension de cette immunité à plus de 100 responsables de son régime, la levée immédiate des sanctions économiques américaines contre le Venezuela, et l’abandon des poursuites engagées contre lui devant la Cour pénale internationale.
La réponse de Donald Trump fut sans appel. Le président américain a rejeté la plupart de ces demandes lors de cette conversation qui n’a pas duré plus de 15 minutes. Une fin de non-recevoir qu’il a confirmée publiquement samedi dernier, sans toutefois entrer dans les détails de l’échange. Cette intransigeance s’inscrit dans une stratégie de pression maximale menée par l’administration Trump depuis septembre, avec un renforcement significatif de la présence militaire américaine dans la région caribéenne.
Une architecture juridique construite depuis 2015
L’offensive américaine contre le régime de Maduro ne date pas d’hier. Comme le rappelle Atalayar, le fondement juridique permettant l’application de sanctions économiques massives et l’escalade militaire actuelle trouve son origine en mars 2015, sous la présidence d’Obama. À cette époque, le Venezuela avait été déclaré « menace pour la sécurité intérieure et les relations internationales des États-Unis ». Cette déclaration est devenue le pilier de tous les décrets exécutifs mis en œuvre par la Maison Blanche à l’égard du Venezuela depuis lors.
L’administration Trump a franchi un cap supplémentaire en refusant de reconnaître Nicolás Maduro comme chef d’État légitime. Washington le considère désormais comme un trafiquant de drogue et le chef d’une organisation terroriste, une qualification qui ouvre la voie à des mesures coercitives au nom de la sécurité nationale. Les sanctions économiques ont entraîné une perte de revenus estimée entre 17 et 31 milliards de dollars pour l’État vénézuélien, selon les données citées par Atalayar. La valeur moyenne mensuelle des exportations a diminué de 46% en 2019 et de 50% supplémentaires en 2020.
L’étau militaire se resserre dans les Caraïbes
Depuis septembre 2025, les États-Unis ont considérablement renforcé leur présence militaire dans la région, transformant ce qui ressemblait à une guerre économique en une véritable démonstration de force. L’approche repose sur la combinaison d’une coercition économique croissante et d’une dissuasion militaire de plus en plus visible. La fermeture de l’espace aérien vénézuélien décrétée samedi dernier constitue l’une des mesures les plus contraignantes jamais prises contre le régime de Caracas.
Cette escalade s’inscrit dans ce que l’administration Trump présente comme une nouvelle « guerre contre le terrorisme », cette fois dirigée contre les organisations criminelles qui contrôlent le trafic de drogue depuis l’Amérique latine. Pour Donald Trump, l’offensive contre Maduro répond à un double objectif : améliorer la sécurité intérieure américaine détériorée par l’action des cartels, et réduire significativement le nombre de personnes touchées par le fléau de la drogue aux États-Unis.
Un régime isolé mais toujours en place
Malgré la pression internationale et l’ultimatum américain, Nicolás Maduro reste au pouvoir à Caracas. Le dirigeant vénézuélien peut encore compter sur le soutien de certains alliés internationaux et sur l’appareil sécuritaire qu’il contrôle fermement. L’échec de l’ultimatum du 28 novembre pose désormais la question des prochaines étapes de la stratégie américaine. Washington va-t-il intensifier encore les sanctions économiques, renforcer la pression militaire, ou tenter de nouvelles négociations en coulisses ?
« L’administration Trump ne reconnaît pas le président vénézuélien comme chef d’État, mais le considère comme un trafiquant de drogue et le chef d’une organisation terroriste », précise L’Avenir.
La situation demeure extrêmement volatile dans la région caribéenne. Plusieurs experts cités par Atalayar estiment que si le conflit s’intensifie, il pourrait prendre une tournure beaucoup plus sanglante, malgré l’inégalité flagrante des moyens entre les deux pays. Le Venezuela dispose encore de capacités militaires non négligeables et pourrait tenter de déstabiliser la région en cas d’intervention directe américaine.
Les enjeux d’une crise qui dépasse les frontières
Au-delà du bras de fer entre Trump et Maduro, c’est toute la stabilité de l’Amérique latine qui se trouve menacée. Le Venezuela traverse depuis plusieurs années une crise humanitaire majeure, avec des millions de réfugiés ayant fui vers les pays voisins. L’effondrement économique du pays, accéléré par les sanctions américaines, a plongé la population dans une pauvreté extrême et provoqué l’une des plus grandes crises migratoires du continent.
La question de la légitimité démocratique du régime de Maduro reste également au cœur des tensions. Plusieurs pays occidentaux et latino-américains contestent les résultats des dernières élections présidentielles et reconnaissent l’opposition comme représentante légitime du peuple vénézuélien. Cette division internationale complique toute tentative de résolution pacifique de la crise et maintient le pays dans une impasse politique qui dure depuis plusieurs années.
Alors que l’ultimatum américain a expiré sans résultat, la communauté internationale observe avec inquiétude les prochains mouvements de Washington. Donald Trump va-t-il maintenir sa ligne dure jusqu’au bout, au risque d’une confrontation militaire ouverte ? Ou acceptera-t-il finalement de rouvrir des canaux de négociation, peut-être avec des conditions moins drastiques que celles rejetées lors de l’appel du 21 novembre ? La réponse à ces questions déterminera non seulement l’avenir de Nicolás Maduro, mais aussi celui de millions de Vénézuéliens pris en otage d’une crise qui n’en finit plus de s’aggraver.
Sources
- L'Avenir (2 décembre 2025)
- Reuters (2 décembre 2025)
- Atalayar (24 octobre 2025)