Vénissieux : un tag géant pour un point de stupéfiants au sommet d’une tour indigne les policiers
Un immense tag publicitaire annonçant un point de deal a été découvert au sommet d'une tour résidentielle à Vénissieux, provoquant l'indignation du syndicat SCSI‑CFDT.
Le syndicat de police SCSI‑CFDT dénonce un marquage territorial des narcotrafiquants au sommet d'une tour à Vénissieux. Un tag publicitaire pour un point de stupéfiants a été peint le 28 juin 2026, dans un quartier où la situation sécuritaire se dégrade.
L’essentiel
- Fait 1 : Un tag publicitaire pour un point de deal a été découvert au sommet d’une tour à Vénissieux le 28 juin 2026, selon Lyon Mag.
- Fait 2 : Le syndicat de police SCSI‑CFDT dénonce un marquage de territoire par les narcotrafiquants.
- Fait 3 : En mai 2026, six personnes ont été interpellées et 50 kg de cannabis saisis sur ce point de deal.
- Fait 4 : La Poste a suspendu ses tournées dans le quartier en avril 2026 après des fusillades liées au trafic.
- Fait 5 : Le syndicat réclame 300 policiers supplémentaires pour la métropole de Lyon.
À Vénissieux, les narcotrafiquants affichent leur emprise sans ambages. Un immense tag faisant la promotion d’un point de stupéfiants a été peint au sommet d’une tour résidentielle. La découverte, faite le 28 août 2025, a immédiatement suscité l’indignation du syndicat de police SCSI‑CFDT.
Un marquage au sommet d’une tour
Selon nos confrères de Lyon Mag, le tag était visible depuis plusieurs artères du quartier des Minguettes, à Vénissieux. Il s’agit d’une vaste inscription vantant la localisation et la disponibilité d’un point de deal. Le syndicat SCSI‑CFDT a réagi sur le réseau X en publiant une photo du marquage.
« À #Vénissieux, un point de stupéfiants s’affiche désormais en haut d’une tour. Quand le #narcotrafic se permet de marquer le territoire comme le sien… », écrit le syndicat, accompagnant son message d’un cliché montrant le tag au sommet de l’immeuble.
Un point de deal parmi les plus rentables
Le point de deal des Minguettes est régulièrement cité par les enquêteurs comme l’un des plus lucratifs de la région lyonnaise. Selon des sources policières relayées par Police & Réalités, il génère des profits importants. Les forces de l’ordre y mènent régulièrement des opérations coup de poing.
En mai 2026, une intervention a permis l’interpellation de six individus et la saisie de 50 kilos de cannabis, rapportent Lyon Mag et Le Progrès. En avril de la même année, une autre opération avait abouti à la saisie de deux fusils d’assaut, 300 000 euros en espèces et 32 kilos de stupéfiants, toujours selon Le Progrès.
Les méthodes des trafiquants se professionnalisent. Un réseau identifié sous le nom de « Cartel Croizat » opère depuis le boulevard Croizat, avec une distribution structurée de drogues, comme l’a détaillé Lyon Mag. La BAC interpelle fréquemment des individus porteurs de sacs remplis de stupéfiants sur les points de deal.
La Poste suspend ses tournées
La situation sécuritaire s’est tellement dégradée que La Poste a suspendu la distribution du courrier dans un secteur de Vénissieux en avril 2026. La raison invoquée : des fusillades liées au trafic de drogue. L’information, confirmée par France Info, avait déjà été révélée par Venissieux Infos. Les facteurs ne pouvaient plus exercer leur mission sans risque.
Cette suspension est un signal fort de l’emprise des narcotrafiquants sur le quotidien des habitants. Les commerces et les services publics subissent eux aussi les conséquences de cette violence.
Les syndicats réclament des renforts
Face à cette montée en puissance, les syndicats de police se mobilisent. Le SCSI‑CFDT demande 300 policiers supplémentaires pour la métropole de Lyon, selon Tribune de Lyon. Le syndicat Alliance Police avait déjà réclamé des renforts en avril 2026, après la suspension des tournées de La Poste, rapportait Le Progrès.
Les forces de l’ordre multiplient pourtant les actions. En 2024, des opérations spécialisées impliquant le RAID et la CRS 83 avaient été menées pour démanteler les points de deal, comme l’a relayé France 3 Régions. Mais les trafiquants s’adaptent et semblent aujourd’hui narguer les autorités par des marquages aussi ostentatoires.
Contexte dans le Rhône
Vénissieux, commune de près de 70 000 habitants située dans la banlieue sud‑est de Lyon, est l’un des épicentres du narcotrafic dans le Rhône. Le quartier des Minguettes, classé en politique de la ville, concentre une grande partie des points de deal. La situation n’est pas isolée : d’autres communes du département connaissent des tensions sécuritaires.
Ainsi, à Bron, trois interpellations ont eu lieu pour rodéos urbains et jets de projectiles sur la police récemment. À La Mulatière, la mairie a fermé le parking de l’Aquarium la nuit dès le 26 juin pour lutter contre la délinquance. Ces mesures locales illustrent l’ampleur des défis sécuritaires dans la métropole lyonnaise.
Les opérations de sécurisation se poursuivent à Vénissieux. Les policiers restent mobilisés sur le terrain, mais les syndicats estiment que les moyens humains sont insuffisants face à l’audace croissante des trafiquants.