Vesoul : ex-directeur UNSS piégé par IA imitant une ado de 14 ans, en garde à vue
Dominique Bouvet, condamné en 2025 pour images pédopornographiques, a été interpellé le 13 mai après un live viral dépassant le million de vues.
Dominique Bouvet, ancien directeur départemental de l'UNSS en Haute-Saône et ex-vice-président du CDOS 70, a été placé en garde à vue à Vesoul le 13 mai 2026. Il avait été piégé la veille par un internaute utilisant une IA pour imiter une adolescente de 14 ans, lors d'un live diffusé sur TikTok et Twitch. C'est le second scandale pédophile à secouer le sport local en moins de 24 heures.
Dominique Bouvet, ancien directeur départemental de l’UNSS en Haute-Saône et ex-vice-président du Comité Départemental Olympique et Sportif (CDOS 70), a été placé en garde à vue à Vesoul le 13 mai 2026. Il avait été piégé la veille par un internaute utilisant une IA pour imiter une adolescente de 14 ans, lors d’un live diffusé sur TikTok et Twitch. C’est le second scandale pédophile à secouer le sport local en moins de 24 heures.
L’essentiel
- Piège du 12 mai 2026 : Dominique Bouvet, ex-directeur UNSS 70 et ex-vice-président du CDOS, piégé en live sur TikTok et Twitch par l’internaute Finnyzyy via une IA imitant une ado de 14 ans.
- Propos tenus : Dans les échanges, Bouvet propose d’embrasser la fausse adolescente, de l’emmener au parc et de lui montrer ses organes génitaux.
- Vidéo virale : Le live dépasse le million de vues sur les réseaux sociaux, selon Ouest-France et L’Est Républicain.
- Garde à vue : Placé en garde à vue à Vesoul le 13 mai 2026 pour corruption de mineure, risquant de violer son sursis probatoire.
- Condamnation antérieure : 18 mois de prison avec sursis prononcés en janvier 2025 pour détention et transmission d’images pédopornographiques, suite à une mise en examen en mars 2020.
Un piège en direct sur TikTok et Twitch
Le 12 mai 2026, l’internaute connu sous le pseudonyme Finnyzyy organise un live simultané sur TikTok et Twitch. Il utilise une IA capable d’imiter l’apparence et la voix d’une adolescente de 14 ans pour entrer en contact avec Dominique Bouvet. Selon Franceinfo et L’Est Républicain, les échanges ne laissent pas de place au doute : Bouvet propose d’embrasser la fausse mineure, de l’emmener au parc, et de lui montrer ses organes génitaux.
La vidéo du live, diffusée publiquement, dépasse rapidement le million de vues, selon Ouest-France. Le lendemain matin, Bouvet est interpellé et placé en garde à vue à Vesoul dans le cadre d’une enquête pour corruption de mineure.
Un profil déjà condamné en 2025
Ce n’est pas la première fois que le nom de Dominique Bouvet apparaît dans ce type d’affaire. Ancien professeur d’EPS au lycée Luxembourg de Vesoul, joueur et entraîneur de handball, il avait été mis en examen dès mars 2020 après des plaintes de lycéennes pour messages déplacés envoyés via le compte Instagram officiel de l’UNSS 70.
Les perquisitions menées à l’époque sur ses ordinateurs personnel et professionnel avaient permis de découvrir 135 images pédopornographiques, selon RMC Sport/BFMTV et L’Est Républicain. Les faits visaient des lycéennes entre 2014 et 2020 et incluaient des agressions sexuelles et la corruption de mineures.
En janvier 2025, le tribunal correctionnel l’avait condamné à 18 mois de prison avec sursis probatoire pour détention, captation et transmission d’images pédopornographiques de mineurs, selon France 3 Bourgogne-Franche-Comté. Cette condamnation assortie d’un sursis probatoire de deux ans signifie que les faits du 12 mai 2026 pourraient entraîner la révocation de cette peine.
La procédure judiciaire en cours
La garde à vue, placée sous l’autorité du parquet de Vesoul, peut durer jusqu’à 48 heures pour l’infraction de corruption de mineure, prolongeable à 72 heures. À l’issue, le parquet décidera des suites : classement sans suite, convocation en justice ou déferrement immédiat devant le tribunal correctionnel.
Selon L’Est Républicain, l’enquête est conduite par la gendarmerie. Des perquisitions pour vérifier les échanges et les matériels informatiques restaient possibles à ce stade. Le parquet de Vesoul n’avait pas fait de déclaration publique au moment de la publication de cet article.
La réaction du CNOSF
Le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) a réagi rapidement. Dans un communiqué relayé par Franceinfo et RMC Sport/BFMTV, l’instance a exprimé son «effroi» et réaffirmé une «tolérance zéro aux violences sexuelles sur mineurs». Le CNOSF a confirmé que Bouvet n’occupe plus aucune fonction depuis janvier 2020, date à laquelle il avait été suspendu de l’UNSS.
Cette affaire autour de l’ex-responsable olympique de Haute-Saône s’inscrit dans un contexte plus large de mobilisation contre la pédocriminalité dans le sport, après plusieurs scandales qui ont touché des structures fédérales ces dernières années.
Contexte en Haute-Saône
La Haute-Saône compte environ 230 000 habitants. L’UNSS 70, dont Bouvet était le directeur départemental, encadre selon les données disponibles environ 20 000 élèves dans le sport scolaire du département. Sa portée en fait une institution de référence pour des milliers de familles.
Ce second scandale en moins de 24 heures - selon L’Est Républicain, un premier fait similaire touchant le sport local haut-saônois avait éclaté dans le même laps de temps - amplifie le choc dans le milieu sportif départemental. Les détails du premier incident n’ont pas été précisés dans les sources disponibles à ce stade.
Vesoul, préfecture du département, dispose d’un tribunal judiciaire compétent pour ce type d’affaire. La ville avait déjà été concernée par cette affaire Bouvet lors d’une première publication locale. À quelques semaines d’intervalle, Vesoul avait aussi été au cœur d’un débat social national sur la précarité des agents de service à la Sécurité sociale.
Un procédé qui se répand
L’affaire met en lumière la technique dite du «chasseur de pédocriminels» : des internautes organisent des pièges en direct, filmés et diffusés, pour exposer publiquement des adultes qui croient s’adresser à des mineurs. L’usage de l’IA générative - pour simuler une voix et une apparence d’adolescente - représente une évolution récente de ces méthodes. Le statut juridique de ces actions reste un débat ouvert : les preuves ainsi recueillies peuvent être versées aux enquêtes, mais leur admissibilité dépend des conditions de collecte.
Dans ce cas précis, le live public et les échanges enregistrés ont conduit directement à l’interpellation du lendemain. Le parquet de Vesoul déterminera prochainement les suites données à la garde à vue, et la question de la révocation du sursis probatoire prononcé en janvier 2025 sera au cœur de la décision.
Sources
- Franceinfo : L'ancien directeur du sport scolaire de Haute-Saône en garde à vue, piégé en ligne par un chasseur de pédocriminels
- L'Est Républicain : Piégé par une ado générée par IA : le pédophile présumé placé en garde à vue
- Ouest-France : Piégé par un chasseur de pédocriminels, l'ex-membre d'un comité départemental olympique et sportif placé en garde à vue
- RMC Sport / BFMTV : Un ancien responsable de comité départemental olympique tombe dans un piège à pédophiles : effroi au CNOSF