Viane : plus de 300 animaux abandonnés dans une ferme, cadavres entassés

L'association Les Tata's a découvert le 17 avril une exploitation dévastée dans la montagne tarnaise, enquête ouverte.

Viane : plus de 300 animaux abandonnés dans une ferme, cadavres entassés
Illustration Virginie Cazenave / info.fr

Une ferme isolée aux abords de Viane, dans le Tarn. Plus de 350 animaux sans eau ni nourriture, des cadavres entassés. L'association Les Tata's a alerté les autorités le 17 avril 2026. Gendarmes et services vétérinaires sont intervenus trois jours plus tard.

Le vendredi 17 avril 2026, les bénévoles de l’association Les Tata’s pénètrent dans une petite exploitation agricole située dans les hauteurs de Viane, commune de la montagne tarnaise. Ce qu’ils trouvent les laisse sans voix. Ovins, porcins, volailles - plus de 350 animaux - survivent sans eau ni nourriture au milieu de carcasses en décomposition. Yvana Bargas, présidente de l’association, résume la scène en quatre mots : « C’était un film d’horreur », selon France 3 Occitanie.

Un signalement parti de l’ex-conjoint de l’exploitant

L’alerte initiale remonte à la semaine du 13 avril. C’est l’ex-conjoint de l’exploitant agricole, propriétaire d’un restaurant, qui contacte la Direction départementale de la protection des populations (DDPP), selon Le Progrès du Staffricain. L’association Les Tata’s, créée en 2024 et basée en Haute-Garonne, est alors sollicitée pour aller constater sur place. « On a été alerté et on a voulu aller constater par nous-même », confirme Yvana Bargas à France 3. Les bénévoles documentent la situation et transmettent leur signalement aux autorités.

Gendarmerie et vétérinaires sur place le 20 avril

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Le lundi 20 avril 2026, la gendarmerie de Lacaune et les services vétérinaires de la DDPP du Tarn interviennent conjointement sur l’exploitation. L’association Les Tata’s les accompagne pour évaluer l’état sanitaire des survivants et organiser une éventuelle saisie, selon La Dépêche du Midi et Ouest-France. L’enquête est en cours. Les poursuites éventuelles pourraient être lourdes : l’article 521-1 du Code pénal prévoit jusqu’à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende pour maltraitance animale, rappelle Ouest-France.

Ce cas n’est pas isolé dans le département. Le Tarn avait déjà été secoué par l’affaire du Zoo des Trois Vallées, fermé administrativement en septembre 2025 après des signalements de maltraitance et des évasions d’animaux. En mars 2026, le tribunal avait validé cette fermeture, dans un contexte plus large de drames touchant les animaux d’élevage, laissant environ 220 animaux sur place dans des conditions critiquées. L’enquête sur le zoo est toujours en cours selon France Inter.

L’association appelle à une mobilisation régionale

Les Tata’s ne comptent pas s’arrêter là. L’association appelle à une mobilisation accrue pour la protection animale en Occitanie et espère que ce dossier débouche sur des poursuites effectives. Comme dans d’autres affaires sensibles portées par des associations, la question de la suite judiciaire reste centrale.

L’identité de l’exploitant agricole et les raisons exactes de l’abandon n’ont pas été communiquées à ce stade. La DDPP du Tarn n’a pas fait de déclaration publique sur l’issue de l’intervention du 20 avril.

Sources

Virginie Cazenave

Virginie Cazenave

Basée à Albi, elle traite le tourisme patrimonial, les tensions sur la viticulture gaillacoise, l'agriculture et les débats sur les services publics. Issue de Sciences Po Grenoble, elle a commencé en radio. Méthode : interroger les conservateurs, les viticulteurs, les élus, croiser les données de fréquentation avant de publier.

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