Villeneuve-Saint-Georges : 11 policiers municipaux interpellés pour violences aggravées
Le 8 avril 2026, onze agents de la brigade de nuit ont été placés en garde à vue sept seront jugés le 24 septembre à Créteil.
Onze policiers municipaux de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) ont été interpellés sur leur lieu de travail le 8 avril 2026 par la police nationale. Soupçonnés de violences aggravées, vols et faux en écriture publique, sept d'entre eux seront jugés à l'automne. La maire LR soutient ses agents le député LFI dénonce un scandale.
L’essentiel
- 8 avril 2026 : 11 policiers municipaux de la brigade de nuit interpellés sur leur lieu de travail par une quarantaine de policiers nationaux, placés en garde à vue.
- 7 agents poursuivis pour violences aggravées devant le tribunal correctionnel de Créteil ; audience fixée au 24 septembre 2026.
- 6 victimes recensées pour des faits commis entre janvier et mars 2026 ; chefs retenus : violences aggravées, vols, faux en écriture publique, violation de domicile, dégradations.
- 11 des 17 agents de la police municipale concernés, soit près des deux tiers de l’effectif total.
- Contrôle judiciaire : interdiction d’exercer, de contacter les victimes et de porter une arme jusqu’au jugement.
Une opération rare au commissariat municipal
Le mardi 8 avril 2026, en début de matinée, une quarantaine de policiers nationaux ont investi le commissariat de la police municipale de Villeneuve-Saint-Georges. Onze agents de la brigade de nuit ont été interpellés sur place et placés en garde à vue, selon ICI Radio France et Le Parisien. L’opération a visé 11 des 17 agents que compte la police municipale de la commune - un effectif plus que doublé en 2025 sous l’impulsion de la maire, avec création d’une brigade canine.
Le parquet de Créteil a confirmé l’information. Les soupçons portent sur des violences aggravées, des vols, des faits de faux en écriture publique, des violations de domicile et des dégradations. Les faits présumés se seraient produits entre janvier et mars 2026 et concernent six victimes identifiées, selon le parquet cité par ICI.
À l’issue des gardes à vue, sept agents ont été placés sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer leurs fonctions, de contacter les victimes et de porter une arme. Ils comparaîtront le 24 septembre 2026 devant le tribunal correctionnel de Créteil pour violences aggravées. Les chefs de vol, initialement évoqués, n’ont finalement pas été retenus dans les poursuites, précise Le Parisien.
Des plaintes accumulées depuis plusieurs mois
Plusieurs plaintes d’habitants s’étaient accumulées avant l’interpellation. Les faits reprochés remontent à janvier 2026, selon le parquet. Un reportage diffusé par TF1 après l’affaire a recueilli des témoignages de victimes présumées, dont l’une affirmait avoir été gazée sous une porte de toilettes lors d’une intervention.
Le député LFI de la circonscription, Louis Boyard, a réagi dès le 8 avril sur le réseau social X :
Le député affirme avoir alerté le préfet « depuis des mois » sur des violences imputées à la police municipale de Villeneuve-Saint-Georges et dit apporter son soutien aux victimes présumées.
La maire soutient ses agents, une pétition lancée
Kristell Niasme, maire LR élue en février 2025 lors d’élections municipales partielles, a adopté une posture de soutien aux agents mis en cause. Dans des déclarations rapportées par Le Parisien, elle a affirmé que ses policiers municipaux « se battent comme des lions » pour la sécurité de la commune.
Fin avril 2026, la mairie a lancé une pétition intitulée « Touche pas à ma police municipale ». Cette initiative a alimenté la controverse politique locale, dans un contexte où Kristell Niasme et Louis Boyard s’étaient déjà affrontés lors des municipales partielles de 2025. La police municipale de Villeneuve-Saint-Georges avait pourtant récemment été citée positivement pour avoir raccompagné un homme âgé désorienté.
La présomption d’innocence s’applique à l’ensemble des agents poursuivis, dont aucun n’a été condamné à ce stade.
Contexte dans le Val-de-Marne
Villeneuve-Saint-Georges compte 36 221 habitants (INSEE 2023) pour une densité d’environ 4 140 habitants au km², ce qui en fait l’une des communes les plus denses du département. Traversée par le RER D - axe régulièrement perturbé dans le Val-de-Marne - , la ville concentre des enjeux de sécurité publique importants.
Les affaires de violences imputées à des policiers municipaux sont rares à cette échelle en France. Interpeller onze agents sur dix-sept dans une seule opération, avec confirmation immédiate du parquet de Créteil, constitue un fait judiciaire sans précédent connu dans le département du Val-de-Marne pour ce type de force publique. L’affaire a suscité une couverture nationale : Franceinfo, Le Parisien, TF1, ICI et RTL l’ont tous traité dans les heures suivant l’opération.
Le Val-de-Marne a par ailleurs connu d’autres opérations de sécurité récentes, comme des interpellations liées au trafic de stupéfiants dans les gares franciliennes, signe d’une activité judiciaire soutenue dans la grande couronne.
Vers le jugement de septembre
Les sept agents placés sous contrôle judiciaire restent présumés innocents jusqu’à l’audience du 24 septembre 2026. Leur situation professionnelle demeure suspendue dans l’attente du verdict : interdiction d’exercer, de porter une arme et de tout contact avec les victimes présumées, selon ICI et Franceinfo.
La police municipale de Villeneuve-Saint-Georges se retrouve ainsi amputée de la majeure partie de son effectif opérationnel. La mairie n’a pas précisé à ce stade comment elle entend assurer la continuité du service.
Sources
- ICI Radio France : Val-de-Marne : onze policiers municipaux en garde à vue pour violences aggravées
- Le Parisien : Policiers municipaux de Villeneuve-Saint-Georges arrêtés : sept agents poursuivis pour violences aggravées
- Franceinfo : Sept policiers municipaux de Villeneuve-Saint-Georges seront jugés en septembre pour violences aggravées
- Le Parisien : « Touche pas à ma police municipale » : la mairie lance une pétition
