Villers-en-Arthies : un policier municipal tue son ex et leurs deux enfants avant de se suicider

Quatre corps découverts le 9 mai 2026 dans un pavillon du Val-d'Oise, l'enquête confiée à la gendarmerie de Versailles

Villers-en-Arthies : un policier municipal tue son ex et leurs deux enfants avant de se suicider
Illustration Philippe Dubois / info.fr

Un policier municipal de 42 ans est soupçonné d'avoir tué son ex-compagne et leurs deux enfants, âgés de 9 et 13 ans, avant de se donner la mort dans leur maison de Villers-en-Arthies (Val-d'Oise), le 9 mai 2026. Les quatre corps ont été découverts par les secours alertés par le nouveau compagnon de la victime. Une enquête pour meurtres a été ouverte.

Un policier municipal de 42 ans est soupçonné d’avoir tué son ex-compagne et leurs deux enfants, âgés de 9 et 13 ans, avant de se donner la mort dans leur maison de Villers-en-Arthies (Val-d’Oise), le 9 mai 2026. Les quatre corps ont été découverts par les secours alertés par le nouveau compagnon de la victime. Une enquête pour meurtres a été ouverte.

L’essentiel

  • Quatre morts : un homme de 42 ans, son ex-compagne d’une quarantaine d’années, et leurs deux enfants de 9 et 13 ans, tous tués par balles le 9 mai 2026 à Villers-en-Arthies (Val-d’Oise).
  • Arme de service : le suspect, policier municipal à Clichy-la-Garenne depuis 2010, aurait utilisé son arme professionnelle, retrouvée sur les lieux avec un impact de balle sur la voiture de la victime.
  • Enquête ouverte : le procureur de Pontoise Guirec Le Bras a ouvert une information pour « meurtres précédés ou suivis de meurtres », confiée à la brigade de recherches de Pontoise et à la section de recherches de Versailles.
  • Aucun antécédent : selon le parquet de Pontoise, aucune plainte pour violences conjugales n’avait été enregistrée contre le suspect.
  • Contexte national : 47 féminicides recensés en France depuis le 1er janvier 2026, contre 141 sur l’ensemble de l’année 2024.

Ce qui s’est passé le 9 mai

La femme, une quarantenaire, s’était rendue la veille au soir au domicile familial de Villers-en-Arthies. Elle devait garder les enfants pendant le service de nuit de son ex-conjoint, selon Le Figaro. Le 9 mai au matin, son nouveau compagnon, sans nouvelles d’elle, a donné l’alerte. Les secours ont alors découvert les quatre corps dans le pavillon, tous tués par balles.

Une arme de poing a été retrouvée sur place. Un impact de balle a également été constaté sur la voiture de l’ex-compagne, selon L’Internaute et 20 Minutes. La thèse retenue par les enquêteurs est celle d’un triple meurtre suivi d’un suicide, commis par l’homme avec son arme de service.

Le profil du suspect : seize ans en poste à Clichy-la-Garenne

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L’homme était policier municipal à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) depuis 2010, soit seize ans de service au moment des faits, selon TF1 Info et Actu.fr. Le couple était en instance de séparation. Aucun antécédent judiciaire pour violences conjugales entre les deux ex-partenaires n’avait été signalé au parquet de Pontoise.

La famille résidait à Villers-en-Arthies depuis environ une décennie, rapporte Le Parisien. Le maire de Clichy-la-Garenne, Rémi Muzeau (LR), a exprimé sa « profonde émotion et immense tristesse » dans un communiqué, adressant ses pensées à la famille des victimes.

Ce drame soulève la question du port et du contrôle de l’arme de service en dehors des heures de travail. La réglementation autorise, sous conditions, les policiers municipaux à conserver leur arme hors service. Les circonstances exactes dans lesquelles l’arme se trouvait au domicile n’avaient pas encore été précisées par les autorités au 10 mai 2026.

L’enquête confiée à la gendarmerie de Versailles

Le procureur de la République de Pontoise, Guirec Le Bras, a confirmé l’ouverture d’une enquête pour « meurtres précédés ou suivis de meurtres ». Elle est confiée conjointement à la brigade de recherches de Pontoise et à la section de recherches de Versailles, comme l’a relayé France Info.

Des autopsies et des expertises balistiques sont prévues dans les prochains jours pour confirmer la chronologie des tirs et établir définitivement les causes de la mort de chacune des quatre victimes, selon Le Parisien. L’enquête devra également reconstituer le déroulé précis de la soirée et de la nuit du 8 au 9 mai.

Un village de 500 habitants sous le choc

Villers-en-Arthies est une commune rurale du Vexin français, à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Paris. Avec environ 500 habitants, le village est peu habitué aux faits divers de cette ampleur. Selon La Gazette France et Le Parisien, des habitants ont décrit le drame comme « impensable ici ».

La famille était connue dans le village depuis une décennie. Le choc est d’autant plus fort que les victimes comptent deux enfants en bas âge - un garçon ou une fille de 9 ans, un autre de 13 ans - dont les identités n’ont pas été communiquées par le parquet.

Contexte dans les Yvelines et le Val-d’Oise

Si les faits se sont déroulés à Villers-en-Arthies, dans le Val-d’Oise (95), c’est la section de recherches de la gendarmerie de Versailles - dont la compétence s’étend sur les Yvelines et les départements voisins - qui pilote l’enquête judiciaire la plus lourde. Ce type de coordination interdépartementale est habituel pour les crimes graves commis dans le Vexin, zone à cheval sur le 95 et le 78.

La région Île-de-France concentre une part significative des affaires de violences intrafamiliales graves en France. Ce drame fait écho à un autre drame familial survenu à Blénod-lès-Pont-à-Mousson, où un père avait tué son fils de 8 ans avant de se suicider, quelques jours auparavant. Ces faits répétés alimentent le débat sur la prévention des violences intrafamiliales et sur l’accompagnement des séparations conflictuelles.

La question de l’implication de membres des forces de l’ordre dans des féminicides est documentée. En 2022, le policier Arnaud Bonnefoy avait été condamné à 22 ans de réclusion pour avoir étranglé sa compagne qui voulait le quitter, selon Le Monde. En 2021, l’affaire Chahinez Daoud - brûlée vive par son ex-mari malgré des plaintes ignorées - avait conduit à une révision des procédures d’alerte, avec six policiers entendus dans le cadre de cette enquête selon France Info. Dans l’affaire de Villers-en-Arthies, aucune plainte préalable n’avait été déposée.

47 féminicides depuis janvier 2026 : un bilan qui s’alourdit

Selon l’association Nous Toutes et les données relayées par Radio France, 47 féminicides ont été recensés en France depuis le 1er janvier 2026, contre 43 au 17 avril. En 2024, le total annuel s’établissait à 141. Les séparations constituent l’un des moments les plus à risque : une part significative des meurtres de femmes intervient dans ce contexte.

Le cas de Villers-en-Arthies présente une dimension supplémentaire : deux enfants ont également été tués. Ces homicides d’enfants dans un contexte de féminicide, qualifiés de « féminicides avec infanticides » par certaines associations, sont régulièrement documentés mais restent difficiles à comptabiliser de façon systématique dans les statistiques officielles.

La question du contrôle des armes détenues par des policiers municipaux dans leur vie privée pourrait être soulevée dans le cadre de l’enquête ou d’éventuels travaux parlementaires à venir. La réglementation actuelle prévoit des conditions strictes mais les modalités de contrôle effectif varient selon les communes employeuses.

Ce que l’enquête doit établir

Les investigators de la section de recherches de Versailles et de la brigade de Pontoise devront répondre à plusieurs questions : la chronologie précise des tirs, la séquence des décès, et les éventuels signes avant-coureurs qui auraient pu être détectés par l’entourage professionnel ou personnel du suspect. L’absence d’antécédents judiciaires connus ne signifie pas l’absence de signaux, mais ces éléments restent à établir.

Les autopsies, dont les résultats ne sont pas encore connus au 10 mai 2026, apporteront des précisions balistiques déterminantes. La mairie de Clichy-la-Garenne n’avait pas encore précisé si une enquête interne sur les conditions de port de l’arme serait diligentée.

Les résultats des autopsies et expertises balistiques sont attendus dans les prochains jours, selon Le Parisien ; ils constitueront le premier jalon formel de cette procédure judiciaire pour quadruple homicide.

Sources

Philippe Dubois

Philippe Dubois

Philippe est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Yvelines (78), avec Versailles pour chef-lieu. Spécialité du département : Saclay (1er cluster recherche français) et Versailles. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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