Villeurbanne : le maire réclame une nouvelle brigade après la fusillade du week-end

Deux hommes blessés par balles dans le quartier Verlaine-Tolstoï, des CRS déployés dès le dimanche et Cédric Van Styvendael en première ligne.

Villeurbanne : le maire réclame une nouvelle brigade après la fusillade du week-end
Illustration Margaux Bernard / info.fr

Samedi 6 juin 2026 vers minuit, une fusillade sur un point de deal rue Louis Braille a blessé deux hommes à Villeurbanne. Le préfet du Rhône a déployé des CRS le lendemain. Le maire Cédric Van Styvendael réclame une deuxième Brigade spécialisée de terrain, jugeant les renforts insuffisants.

L’essentiel

  • Fusillade : samedi 6 juin 2026 vers minuit, 9 rue Louis Braille (quartier Verlaine-Tolstoï, Villeurbanne), deux hommes de 21 et 26 ans blessés par balles depuis des trottinettes.
  • Pronostic vital engagé : la victime touchée à l’abdomen a été transportée à l’hôpital Édouard-Herriot dans un état grave ; l’autre a été atteint à la cuisse.
  • CRS déployés : dès le dimanche 7 juin, à la demande du préfet du Rhône Étienne Guyot, dans le secteur Tolstoï-Grandclément.
  • Enquête : ouverte pour tentative de meurtre sur fond de trafic de stupéfiants.
  • Demande du maire : Cédric Van Styvendael réclame une Brigade spécialisée de terrain (BST) supplémentaire pour Villeurbanne, estimant les renforts ponctuels insuffisants.

Les faits : deux blessés sur un point de deal connu

Les faits se sont produits dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 juin 2026. Vers minuit, plusieurs coups de feu ont été tirés au 9 rue Louis Braille, dans le quartier Verlaine-Tolstoï de Villeurbanne. Selon Le Progrès et Actu.fr, les tireurs se déplaçaient sur des trottinettes.

Deux hommes ont été atteints. Le premier, 21 ans, a reçu une balle à l’abdomen - son pronostic vital était engagé au moment des faits. Le second, 26 ans, a été touché à la cuisse. Tous deux ont été transportés à l’hôpital Édouard-Herriot à Lyon.

L’endroit est décrit comme un point de deal connu des services de police. Une enquête a été ouverte pour tentative de meurtre sur fond de trafic de stupéfiants, selon des sources sécuritaires citées par Actu.fr.

Des CRS en renfort dès le dimanche matin

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Le préfet du Rhône Étienne Guyot a réagi rapidement. Dès le dimanche 7 juin, il a pris contact avec le maire Cédric Van Styvendael pour coordonner une réponse. Des renforts de CRS ont été déployés dans le secteur Tolstoï-Grandclément le jour même, confirme Radio Espace.

Le préfet Guyot, en poste depuis mai 2026, a fait de la lutte contre le narcotrafic une priorité déclarée depuis sa prise de fonctions, selon Le Figaro et Le Progrès. Ces déploiements s’inscrivent dans une stratégie plus large de saturation policière sur les secteurs identifiés.

Van Styvendael : « Les habitants ne peuvent plus attendre »

Dans un communiqué publié dans la foulée, le maire socialiste Cédric Van Styvendael a pris position. Il salue l’envoi des CRS mais juge la mesure insuffisante sur le fond. Sa demande est précise : la création d’une Brigade spécialisée de terrain (BST) supplémentaire à l’échelle de Villeurbanne, qu’il qualifie d’outil « indispensable » face à la « multiplication des violences et des crimes du narcotrafic ».

Il appelle à une « mobilisation résolue de l’État », selon Lyon Mag. La formule « Les habitants ne peuvent plus attendre » résume la tonalité de sa prise de parole : une pression explicite sur le gouvernement pour obtenir des moyens structurels, pas seulement des renforts ponctuels.

La BST du Tonkin : un précédent à dupliquer ?

Villeurbanne dispose déjà d’une Brigade spécialisée de terrain, déployée depuis fin novembre 2024 dans le quartier du Tonkin. Forte de 13 policiers, elle avait été annoncée par le ministre Darmanin en 2024. Son bilan, selon la préfecture en juillet 2025, faisait état du démantèlement de cinq points de deal sur huit ciblés, selon France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.

C’est ce modèle que le maire veut reproduire dans d’autres secteurs. Le quartier Verlaine-Tolstoï et le secteur Grandclément, où les incidents se concentrent, sont les zones implicitement visées par sa demande.

Contexte dans le Rhône

Villeurbanne est la troisième ville de la région Auvergne-Rhône-Alpes, avec 163 684 habitants au 1er janvier 2023 selon l’INSEE. La commune enregistrait en 2025 un taux de 85,7 crimes et délits pour mille habitants, soit 14 028 faits recensés sur l’année, selon les données de L’Internaute.

La ville s’inscrit dans un contexte de violences récurrentes liées au narcotrafic dans l’agglomération lyonnaise. Selon La Tribune de Lyon et Le Figaro, Villeurbanne avait connu trois fusillades en deux semaines en mars 2026, et plusieurs incidents dans le secteur Grandclément depuis mai 2025. Un corps calciné avait également été découvert en mai 2026.

Cette accumulation de faits graves à Villeurbanne alimente depuis plusieurs mois une tension politique entre la municipalité et l’État sur le niveau de présence policière. Le maire n’est pas le seul élu de la métropole à formuler des demandes de renforts structurels : d’autres grandes villes françaises font face aux mêmes enjeux liés à l’économie des stupéfiants.

Prochaine étape

La suite de l’enquête pour tentative de meurtre est entre les mains de la police judiciaire. Des annonces sur les effectifs - BST ou autre dispositif - sont attendues de la préfecture du Rhône dans les prochains jours.

Sources

Margaux Bernard

Margaux Bernard

Margaux est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Rhône (69), avec Lyon pour chef-lieu. Spécialité du département : 2e métropole française et capitale gastronomique. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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