Villeurbanne : zéro plastique dans les cantines, bilan positif après 9 mois
Depuis septembre 2025, la ville a remplacé toutes les barquettes plastiques par des bacs inox, supprimant 17 tonnes de déchets par an.
Depuis la rentrée de septembre 2025, Villeurbanne a supprimé tout contenant en plastique dans sa cuisine centrale et ses cantines scolaires. Neuf mois après, le bilan chiffré est positif 17 tonnes de déchets plastiques évités par an, conditions de travail améliorées pour 55 agents, et réduction des perturbateurs endocriniens pour les enfants.
Depuis la rentrée de septembre 2025, Villeurbanne a supprimé tout contenant en plastique dans sa cuisine centrale et ses cantines scolaires. Neuf mois après, le bilan chiffré est positif : 17 tonnes de déchets plastiques évités par an, conditions de travail améliorées pour 55 agents, et réduction des perturbateurs endocriniens pour les enfants.
L’essentiel
- Rentrée 2025 : suppression totale des barquettes plastiques dans la cuisine centrale et les 30 groupes scolaires municipaux de Villeurbanne
- 9 000 repas/jour : volume produit par la cuisine centrale pour les cantines, crèches et autres structures
- 1,7 M€ : investissement consenti pour la réorganisation des équipements et des postes de travail
- 17 tonnes : déchets plastiques supprimés chaque année, selon Le Progrès et la Métropole de Lyon
- Avril 2026 : le Conseil d’État a annulé partiellement le décret d’application de la loi Egalim, mais Villeurbanne avait déjà finalisé sa transition
Des bacs inox à la place des barquettes
La rupture est nette. Avant septembre 2025, les repas quittaient la cuisine centrale de Villeurbanne dans des barquettes en plastique à usage unique. Depuis, ils sont conditionnés dans des bacs en inox réutilisables, lavés sur place après chaque service. Cuisson, réchauffe, service : plus aucune étape n’implique de plastique au contact des aliments, selon Le Progrès et Zepros Restauration.
La cuisine centrale, mise en service en février 2010, produit aujourd’hui entre 9 000 et 10 000 repas par jour. Elle approvisionne 30 groupes scolaires municipaux, mais aussi des crèches, des résidences et des Ehpad. Le passage à l’inox a donc concerné l’ensemble de cette chaîne.
Un investissement de 1,7 M€ et une réorganisation complète
La transition n’a pas été seulement un changement de contenant. Elle a impliqué une réorganisation complète des méthodes de travail, selon Zepros Restauration. La ville a investi 1,7 million d’euros dans de nouveaux équipements : postes de pesée ergonomiques, bacs allégés, échelles de transport, ligne automatique de conditionnement.
Résultat concret sur les conditions de travail : le nombre de ports de charge par agent est passé de 9 à 4. Les 55 agents de la restauration municipale ont été impliqués dans la conception du projet, aux côtés des fournisseurs. Ludovic Ligneau, directeur de la restauration municipale nommé en 2021, est identifié par Le Progrès comme le porteur opérationnel du projet.
17 tonnes de plastique en moins, des perturbateurs endocriniens réduits
Le chiffre mis en avant par la ville et relayé par la Métropole de Lyon : près de 17 tonnes de déchets plastiques supprimées chaque année, soit l’équivalent de quatre semi-remorques. Les barquettes à usage unique appartiennent au passé.
Sur le plan sanitaire, les premiers retours mentionnent une réduction de l’exposition aux perturbateurs endocriniens pour les enfants. Le chauffage des barquettes plastiques était en effet un vecteur de migration de substances chimiques vers les aliments. Ces retours restent qualitatifs à ce stade ; aucun chiffre précis sur la santé n’a été communiqué.
Contexte dans le Rhône
Villeurbanne est la deuxième ville du Rhône par la population, avec environ 155 000 habitants. Elle est membre de la Métropole de Lyon. Sa cuisine centrale est l’une des plus importantes de l’agglomération en volume de production.
Le projet s’inscrit dans le cadre de la loi Egalim de 2018, qui prévoyait l’interdiction des contenants plastiques dans la restauration collective au 1er janvier 2025 pour les communes de plus de 2 000 habitants. Mais en avril 2026, le Conseil d’État a annulé partiellement le décret d’application. Villeurbanne avait déjà achevé sa transition, ce qui lui évite toute incertitude juridique sur ce point.
Des initiatives locales avaient préfiguré cette transition : dès 2022, les crèches municipales avaient expérimenté les bacs inox, et un collectif citoyen, « Cantine sans Plastique Villeurbanne », avait porté la demande publiquement, selon Le Progrès. D’autres communes du Rhône ont engagé des démarches similaires, mais peu ont atteint ce stade de généralisation complète à cette échelle de production.
Pour comparaison, la restauration collective représente en France environ 3,7 milliards de repas par an. L’usage du plastique à usage unique y reste largement répandu dans les collectivités de taille comparable.
La suite : 27 groupes scolaires rééquipés en 2026
Le budget municipal 2026 prévoit la poursuite de la généralisation dans 27 groupes scolaires, avec le rééquipement des cuisines et des offices, selon Mesinfos.fr. La politique alimentaire de la ville inclut 3,1 millions d’euros annuels consacrés aux marchés alimentaires. Ce chantier de rééquipement est donc encore en cours.
La ville n’a pas encore communiqué de calendrier précis pour l’achèvement complet du déploiement dans l’ensemble des structures concernées.
Sources
- Le Progrès : Comment Villeurbanne a fait disparaître le plastique dans ses cantines
- Zepros Restauration : Villeurbanne passe à l'inox pour la rentrée scolaire
- Mesinfos.fr : Budget 2026 : quels sont les investissements prévus à Villeurbanne ?
- Grand Lyon / Métropole de Lyon : Métropole de Lyon – Édition Villeurbanne