Pratiques commerciales trompeuses : Volvic condamnée pour greenwashing, Danone fait appel
Le tribunal judiciaire de Paris a jugé les allégations « neutre en carbone » et « 100% recyclable » mensongères. La marque doit 75 000 euros à l’association CLCV et publier la décision six mois.
Le 23 juin 2026, la Société des Eaux de Volvic a été condamnée pour pratiques commerciales trompeuses. Les juges ont estimé que les mentions « neutre en carbone » et « 100% recyclable » relevaient du greenwashing. Danone, propriétaire de la marque, a annoncé faire appel.
L’essentiel
- Condamnation : Le tribunal judiciaire de Paris a jugé Volvic coupable de pratiques commerciales trompeuses le 29 juin 2026.
- Sanctions : 75 000 euros de dommages-intérêts à l’association CLCV et publication du jugement sur le site de la marque pendant six mois.
- Appel : Le groupe Danone a annoncé faire appel de cette décision.
Ce que dit le jugement
Le tribunal judiciaire de Paris a rendu son verdict le 23 juin dans une affaire qui dure depuis 2021. Saisie par l’association de consommateurs CLCV, la justice a examiné les allégations environnementales figurant sur les bouteilles d’eau de Volvic. Les juges ont estimé que les mentions « neutre en carbone », « 100% recyclée » et « 100% recyclable » étaient trompeuses pour le consommateur, selon la source Le Club des Juristes.
La Société des Eaux de Volvic devra verser 75 000 euros de dommages-intérêts à la CLCV. Elle est également tenue de publier le jugement sur sa page d’accueil durant six mois.
Le groupe Danone, qui détient la marque, avait plaidé que ses pratiques respectaient les textes en vigueur à l’époque. Mais le tribunal a retenu le caractère mensonger des allégations « vertes » face à un consommateur « moyennement averti ».
Un fleuron du Puy-de-Dôme sous pression
Volvic est un acteur économique majeur du département. La Société des Eaux emploie près de 900 salariés sur son site de Volvic, selon une source parlementaire. La marque pompe chaque année des millions de mètres cubes dans la nappe de la Chaîne des Puys.
Cette condamnation intervient dans un contexte local déjà tendu. En avril 2025, la préfecture du Puy-de-Dôme a réduit de 5% supplémentaires les autorisations de prélèvement d’eau de la société, face aux sécheresses récurrentes. Les associations environnementales, comme France Nature Environnement 63 et PREVA, dénoncent régulièrement l’accaparement de la ressource par l’industrie de l’eau en bouteille.
L’eau de Volvic est aussi au cœur de conflits d’usage avec les agriculteurs et les habitants du secteur, qui estiment que les prélèvements massifs menacent les débits des ruisseaux en période d’étiage.
Contexte dans le Puy-de-Dôme
Le département du Puy-de-Dôme (63) compte environ 650 000 habitants. L’eau minérale naturelle est une filière historique : la région abrite plusieurs sources exploitées par des groupes internationaux (Danone, Nestlé Waters). Volvic reste la plus emblématique, avec un site industriel installé depuis 1938.
La décision de justice fragilise l’image de pureté et d’écologie que la marque entretient depuis des années. Les collectivités locales, qui vivent en partie des retombées économiques de l’usine, suivent le dossier avec attention. La mairie de Volvic n’a pas encore commenté le jugement.
Prochaine étape : l’appel
Danone a annoncé son intention de faire appel du jugement, selon l’AFP. Le groupe estime que ses allégations « neutre en carbone » et « 100% recyclable » étaient fondées sur des certifications et un bilan carbone réel. La procédure d’appel pourrait durer plusieurs mois.
Si la cour infirmait la décision, Volvic éviterait la publication du jugement et le paiement des dommages. Mais en attendant, la marque doit se conformer à la décision de première instance - ce qu’elle a fait en publiant le texte sur son site, selon nos informations.
Cette affaire s’inscrit dans un mouvement plus large de contrôle judiciaire des allégations environnementales, dit « anti-greenwashing ». Plusieurs grandes marques (TotalEnergies, Auchan) ont déjà été épinglées par la CLCV ou d’autres associations.
Dans un autre registre, le monde du football se tourne vers la Coupe du monde 2026, où la pelouse du MetLife Stadium a été jugée en bon état pour France - Suède. Par ailleurs, Gary Lineker a pronostiqué les Bleus comme favoris du tournoi.