Vosges : les 11 plus grosses stations d’épuration analysées pour les PFAS dès juillet
Le préfet Blaise Gourtay prend des arrêtés pour contraindre les exploitants à surveiller les polluants éternels dans les boues destinées à l'épandage agricole.
Dès juillet 2026, les 11 plus grosses stations d'épuration des Vosges devront analyser leurs boues pour détecter les PFAS. Le préfet Blaise Gourtay va formaliser cette obligation par arrêtés, en application de la circulaire ministérielle du 27 avril 2026.
L’essentiel
- 11 stations concernées : les plus grosses stations d’épuration vosgiennes (sur 151 au total) soumises à obligation d’analyse dès juillet 2026.
- Circulaire du 27 avril 2026 : texte du ministre de la Transition écologique déclenchant une campagne nationale de recherche de PFAS dans les boues d’épuration.
- 52 substances PFAS : analysées trimestriellement pendant 12 mois, résultats rendus publics.
- 2 500 tonnes : volume annuel moyen de matière sèche de boues produit dans les Vosges, destiné pour partie à l’épandage agricole.
- Seuil national : stations ≥ 10 000 équivalents-habitants (EH) ciblées, représentant 86 % des volumes de boues en France pour seulement 6 % des sites.
Ce que la circulaire impose
La circulaire du 27 avril 2026, signée par le ministre de la Transition écologique et publiée au Bulletin officiel, organise une campagne nationale de surveillance des PFAS - les « polluants éternels » - dans les boues issues des stations d’épuration. Elle cible deux catégories d’installations : celles dont la capacité dépasse 10 000 équivalents-habitants, et celles qui reçoivent des effluents d’industries textiles ou papier.
Le dispositif prévoit des prélèvements trimestriels sur 12 mois, portant sur 52 substances PFAS listées en annexe. Les résultats doivent être communiqués au public. En cas de contamination avérée, des mesures de gestion s’appliquent. Un arrêté distinct du 20 avril 2026, modifiant des dispositions antérieures, encadre déjà la surveillance des eaux en amont et en aval des stations, selon le cabinet Landot avocats.
La mise en œuvre dans les Vosges
Le préfet des Vosges, Blaise Gourtay, a présenté le dossier lors d’un point presse le 11 juin 2026 à l’Hôtel de Préfecture d’Épinal, aux côtés d’autres sujets comme l’emploi et la vigilance sécheresse.
Des arrêtés préfectoraux doivent permettre la mise en œuvre effective des obligations au plus tard le 1er juillet 2026, selon Actu-Environnement et la circulaire elle-même. Ces arrêtés contraignent juridiquement les exploitants des 11 stations concernées à engager les analyses, sans marge d’appréciation.
Parmi les 151 stations d’épuration que compte le département (données Conseil départemental des Vosges), une cinquantaine traitent les eaux usées par décantation et boues activées, selon Vosges Matin. Les 11 retenues sont celles qui atteignent ou dépassent le seuil des 10 000 EH ou qui sont liées à des industries spécifiques.
Un enjeu agricole direct
Dans les Vosges, les stations d’épuration produisent en moyenne 2 500 tonnes de matière sèche de boues par an, selon Vosges Matin. Une part de ces boues est épandue sur des terres agricoles, ce qui fait de la surveillance PFAS un enjeu direct pour les exploitants et les filières de production locale.
Si des PFAS sont détectés au-delà des seuils, les mesures de gestion prévues par la circulaire peuvent aller jusqu’à la suspension des épandages. Le département a déjà expérimenté ce type de restrictions : en février 2026, les services de l’État avaient suspendu des épandages de boues dans les Vosges après des dépassements constatés dans certaines eaux, selon Vosges Matin. Sur le territoire d’Épinal, chef-lieu du département, la question de la qualité environnementale fait l’objet d’une attention croissante.
Contexte dans les Vosges
Le département des Vosges n’en est pas à son premier épisode de contamination aux PFAS. Au printemps 2026, des restrictions d’usage de l’eau potable avaient été imposées dans plusieurs communes, dont Arrentès-de-Corcieux. Elles ont été levées en avril, après que des analyses ont confirmé l’absence de PFAS détectables.
Les associations locales avaient alors contesté la communication préfectorale, estimant selon France 3 Grand Est que la levée des restrictions relevait d’une « opération de communication » plutôt que d’une garantie sanitaire durable. La campagne d’analyses sur les boues s’inscrit dans ce contexte de défiance partielle.
Le territoire vosgien est marqué par une présence historique de l’industrie textile et papetière, secteurs explicitement ciblés par la circulaire du 27 avril 2026 en raison de leurs effluents susceptibles de contenir des PFAS. Département de montagne et de forêts, les Vosges comptent environ 365 000 habitants, avec une économie locale encore ancrée dans ces filières industrielles.
Ce que les résultats changeront
La publication obligatoire des résultats d’analyse constitue une nouveauté : jusqu’ici, la surveillance des boues restait largement opaque pour le grand public. Les données issues des 12 mois de prélèvements trimestriels alimenteront une base nationale, permettant d’établir une cartographie des contaminations à l’échelle du pays.
En cas de résultats positifs dans les Vosges, les exploitants devront appliquer des mesures de gestion dont les modalités seront précisées par arrêté. La nature exacte de ces mesures - suspension d’épandage, traitement supplémentaire, substitution de filière - n’est pas détaillée à ce stade dans les textes accessibles.
Les premiers résultats d’analyses, attendus au plus tôt pour le quatrième trimestre 2026, conditionneront les décisions de gestion à venir pour les boues vosgiennes.
Sources
- Vosges Matin : PFAS : 11 des stations d'épuration des Vosges contrôlées à partir de juillet
- Bulletin officiel du ministère de la Transition écologique : Circulaire du 27 avril 2026 relative à la recherche de PFAS dans les boues issues de stations d'épuration
- Actu-Environnement : PFAS dans les boues d'épuration – La campagne de recherche va pouvoir s'amorcer
- Préfecture des Vosges (Facebook officiel) : Point presse du préfet des Vosges – PFAS, emploi, eau

