Wimbledon 2026 : les stars limitent leurs conférences de presse pour protester contre le prize money
Un bras de fer historique s'installe entre les joueurs et le Grand Chelem londonien sur le partage des revenus du tournoi.
À l’approche de Wimbledon, les meilleurs joueurs et joueuses du circuit ont décidé de réduire leurs obligations médias à 15 minutes en première semaine. Une action coordonnée pour exiger une hausse du prize money et des réformes structurelles.
L’essentiel
- Fait 1 : Jannik Sinner, Aryna Sabalenka et d’autres têtes d’affiche limitent leurs conférences de presse à 15 minutes pendant la première semaine de Wimbledon.
- Fait 2 : La dotation totale du tournoi atteint un record de 64,2 millions de livres sterling, mais les joueurs estiment qu’elle ne représente que 14,4 % des recettes projetées.
- Fait 3 : Le collectif mené par Larry Scott, ex-PDG de la WTA, réclame 16 % des revenus, un fonds de prévoyance et un conseil officiel des joueurs.
- Fait 4 : L’AELTC, par la voix de sa présidente Deborah Jevans, se dit déçue et surprise, rappelant le statut non lucratif de l’organisation.
- Fait 5 : Le mouvement a commencé à Roland-Garros en mai 2026, avec des actions similaires menées par Sabalenka.
Le All England Club s’apprête à vivre une quinzaine sous tension. Alors que Wimbledon 2026 débute dimanche 29 juin, les numéros uns mondiaux Jannik Sinner et Aryna Sabalenka ont annoncé une action de protestation inédite : limiter leurs conférences de presse à un quart d’heure pendant la première semaine du tournoi. Une décision prise en coordination avec un collectif de joueurs conseillés par Larry Scott, ancien dirigeant de la WTA, pour dénoncer une répartition jugée insuffisante des recettes.
« Le bras de fer entre les joueurs et les Grands Chelems se poursuit », résume le compte Univers Tennis sur X, relayant l’information. Selon The Guardian, les stars des circuits ATP et WTA ont convenu de réduire leurs obligations médiatiques lors du Media Day et des premiers tours, une action symbolique mais puissante qui vise à peser sur les négociations.
Les revendications des joueurs
Au cœur du conflit, la question du prize money. Si le All England Club a augmenté sa dotation globale de 20 % cette année pour atteindre un record historique de 64,2 millions de livres sterling - une information confirmée par le Daily Sun - les joueurs estiment que cette somme ne représente que 14,4 % des revenus projetés du tournoi. Le collectif réclame que cette part atteigne au moins 16 %. « C’est une question de reconnaissance du travail des athlètes qui génèrent l’essentiel des audiences et des recettes », explique Larry Scott, cité par Sports Business Journal.
Au-delà de la répartition immédiate, les joueurs exigent la création d’un fonds de prévoyance sociale et d’un conseil officiel des joueurs, deux demandes qui dépassent le cadre du seul Wimbledon. Le Financial Times rapporte que ces revendications ont été formalisées dans un courrier adressé aux dirigeants des quatre Majeurs avant Roland-Garros.
En juin 2026, la numéro une mondiale Aryna Sabalenka avait déjà écourté ses conférences à Roland-Garros, un précédent qui préfigurait cette escalade. Le mouvement semble désormais structuré : plusieurs têtes d’affiche, dont Carlos Alcaraz et Iga Świątek, ont publiquement soutenu l’initiative, selon The Straits Times.
« Les têtes d’affiche du tennis mondial ont décidé de limiter à un quart d’heure leurs conférences de presse de la première semaine de Wimbledon pour protester contre une répartition qu’elles jugent inégale des revenus », confirme RMC Sport sur X.
La réaction de Wimbledon
Du côté de l’AELTC, la surprise est de mise. Deborah Jevans, présidente du club, a exprimé sa déception dans un communiqué relayé par Reuters. « Nous sommes surpris et déçus par cette décision. Wimbledon est une organisation à but non lucratif qui réinvestit l’intégralité de ses bénéfices dans les infrastructures, le développement du tennis et les dotations. Notre dotation record de 64,2 millions de livres en témoigne. » Un argument que les joueurs jugent insuffisant au regard des 445 millions de livres de revenus projetés pour l’édition 2026, selon le Financial Times.
Les relations se tendent alors que les négociations sur le prize money des Grands Chelems sont au point mort depuis plusieurs mois. Le All England Club a rappelé avoir investi 100 millions de livres dans la modernisation du site, mais cela n’a pas convaincu les représentants des joueurs, qui estiment que la part redistribuée reste trop modeste.
Contexte en France
Si la mobilisation est mondiale, elle concerne directement les joueurs français engagés à Wimbledon. Six Tricolores - dont Ugo Humbert et Caroline Garcia - sont à un match du tableau principal, comme le rapporte notre article consacré aux qualifications. Leur participation à ce mouvement pourrait amplifier la pression médiatique et populaire. En France, où le tennis bénéficie d’une forte couverture, la Fédération française de tennis (FFT) n’a pas encore pris position officiellement, mais plusieurs observateurs estiment que ce conflit pourrait déboucher sur une refonte du modèle économique des Majeurs.
Ce bras de fer intervient dans un contexte plus large de contestation des revenus dans le sport professionnel. On pense aux récentes tensions dans le basket américain avec la réforme du tanking en NBA (lire notre analyse), ou encore aux critiques sur les écarts de prize money dans le tennis lui-même entre les tournois du Grand Chelem et les circuits secondaires.
Les prochains jours seront décisifs. Si le mouvement se durcit, les conférences pourraient être purement et simplement boycottées lors des tours suivants. D’ici là, Wimbledon 2026 s’ouvre sous le signe d’une contestation inédite, qui dépasse le simple cadre sportif.
Prochaine étape : les joueurs et l’AELTC devraient se rencontrer en marge du tournoi, sans date officielle annoncée.
Sources
- The Guardian : Wimbledon players to limit press conferences in protest over prize money
- Financial Times : Tennis stars demand bigger share of Grand Slam revenues
- Reuters : Wimbledon says 'disappointed' by player media boycott
- Sports Business Journal : Players coordinate limited media availability at Wimbledon