Wimbledon 2026 : les stars du tennis limitent leurs conférences de presse à 15 minutes pour protester
Mené par Sinner, Sabalenka et Gauff, un mouvement inédit réclame une meilleure répartition des revenus des tournois du Grand Chelem, après une première action à Roland-Garros en mai.
À Wimbledon, les meilleurs joueurs mondiaux intensifient leur bras de fer financier avec les organisateurs. Ils limitent leurs obligations médias à 15 minutes durant la première semaine, en écho au faible taux de redistribution des recettes du tournoi.
L’essentiel
- Action symbolique : Les stars du tennis (Sinner, Sabalenka, Gauff) limitent leurs conférences de presse et zones mixtes à 15 minutes pendant la première semaine de Wimbledon 2026.
- Revendication : Le collectif réclame 71 millions de livres de prize-money, soit 16 % des revenus projetés du tournoi, contre 64,2 millions proposés (+20 % par rapport à 2025).
- Objectif 2030 : Les joueurs visent une redistribution à 22 % des recettes des Grands Chelems d’ici 2030.
- Précédent : Une action similaire avait eu lieu en mai lors de la journée des médias de Roland-Garros, à Paris.
- Désolidarisation : Novak Djokovic a choisi de ne pas se joindre au mouvement.
Un mouvement de protestation inédit
Depuis le début de la première semaine de Wimbledon 2026, les plus grands noms du tennis mondial appliquent une consigne stricte : limiter leurs obligations médias (conférences de presse, interviews en zone mixte) à 15 minutes chrono. Cette action, coordonnée par un collectif de joueurs conseillé par l’ancien PDG de la WTA Larry Scott, est un signal fort adressé aux organisateurs des tournois du Grand Chelem.
Selon l’Associated Press, Jannik Sinner, Aryna Sabalenka et Coco Gauff sont les figures de proue de cette fronde. La durée choisie - 15 minutes - n’est pas anodine : elle symbolise le faible pourcentage des revenus des tournois redistribué aux joueurs sous forme de dotations, estimé à environ 14,4 % par The Guardian. Un taux jugé indécent par les athlètes, alors que les Grands Chelems génèrent des centaines de millions de livres de recettes.
Les revendications des joueurs
Le collectif ne se contente pas d’un geste symbolique. Il a formulé des demandes précises : pour Wimbledon 2026, les joueurs réclamaient un prize-money de 71 millions de livres, soit 16 % des revenus projetés du tournoi. L’All England Club a certes annoncé une dotation record de 64,2 millions de livres (+20 % par rapport à 2025), mais cela reste en deçà des attentes. Les joueurs, soutenus par Larry Scott, exigent une augmentation progressive de la redistribution pour atteindre 22 % des recettes des tournois du Grand Chelem d’ici 2030, comme l’a rapporté l’AFP.
Ce bras de fer avait déjà été amorcé en mai lors de la journée des médias de Roland-Garros, où une première « grève des médias » avait eu lieu, rapporte L’Équipe. Avant Wimbledon, Sinner et Djokovic s’entraînaient encore ensemble sur le Court n°1, mais le Serbe a depuis pris ses distances : selon Associated Press, Novak Djokovic a décidé de ne pas s’associer au mouvement, estimant que la méthode n’était pas la bonne.
De son côté, Ugo Humbert, tête de série française, a participé aux discussions du collectif. Lors du tournoi préparatoire d’Eastbourne, il s’était dit favorable à une action commune, même s’il n’a pas confirmé publiquement son adhésion à la limitation des médias.
La réponse de l’All England Club
La direction du All England Club a exprimé sa déception face à cette action. Dans un communiqué, elle rappelle que l’augmentation de 20 % du prize-money (64,2 M£) constitue un effort significatif, et que 90 % de ses excédents financiers sont réinvestis dans le tennis britannique via la Lawn Tennis Association (LTA). Les organisateurs estiment que le modèle actuel permet de soutenir le développement du tennis à tous les niveaux, et que les revendications des joueurs ne tiennent pas compte de ces réinvestissements.
« Nous sommes déçus que certains joueurs aient choisi cette forme de protestation, alors que nous avons augmenté les dotations de manière record », a déclaré un porte-parole. Le ton est donné : le dialogue reste ouvert, mais les positions semblent encore éloignées.
Contexte à Paris (75)
Cette mobilisation à Wimbledon fait directement suite à une première action menée en mai 2026 lors de la journée des médias de Roland-Garros, dans le 16e arrondissement de Paris. Les joueurs avaient déjà limité leurs interventions à 15 minutes pour alerter sur le même problème. Paris, qui accueille l’un des quatre tournois du Grand Chelem, est un épicentre de cette contestation. Le tennis français, fort de plusieurs joueurs dans le top 50 mondial, suit de près l’évolution du mouvement, même si aucun joueur tricolore n’a officiellement pris la tête de la fronde. La Fédération française de tennis (FFT) n’a pas commenté l’action en cours à Londres.
Prochaine étape
La limitation des obligations médias est prévue pour toute la première semaine de Wimbledon. Au-delà, le collectif devrait évaluer l’impact médiatique et la réaction des organisateurs. Les joueurs pourraient intensifier leur action lors des prochains Grands Chelems si leurs revendications ne sont pas entendues. L’US Open, en août-septembre, pourrait être le prochain théâtre de ce bras de fer.